Un nanar cosmique inénarrable, typique des années 80 et produit par un George Lucas qui ne devait pas avoir les idées claires lorsqu'il déboursa plus de 30 millions de dollars dans ce projet improbable.
Sur la planète des Canards, Howard est un canard sans histoires qui rentre
tranquillement chez lui. Il s'installe dans son fauteuil, zappe sur quelques
programmes à la TV lorsqu'il est tout a coup littéralement aspiré dans les airs
avec son fauteuil.
Après avoir traversé les murs de son appartement et ceux de ses voisins, le
voilà parachuté dans l'espace. Il atterit enfin sur Terre. Il fait la connaissance
d'une jeune rockeuse de talent, Beverly et de son ami laborantin, Phil. Ensemble,
ils vont tenter de trouver un moyen de faire rentrer Howard sur sa planète...
Avant de parler de toutes ces personnes impliquées dans un projet aussi casse-gueule,
évoquons un peu les origines de ce singulier personnage qu'est Howard The Duck. De 1976 à 1978, Marvel Comics
publia les aventures d'un canard de l'espace, affublé d'un costume cravate et
d'un gros cigare planté dans le bec. Né de la plume de Steve Greber, Howard The Duck
fut d'abord publié dans les comics consacrés à The Man-Thing avant
d'avoir son propre comics. Le succès fut au rendez-vous mais plutôt de courte
durée. On se demande encore aujourd'hui ce qui a pu attirer l'ami George Lucas
dans l'adaptation de cette BD et comment il a pu débourser plus de 30 millions
de dollars pour un projet qui avait peu de chance de remporter sa mise de départ
(il récupera à peine moitié de son investissement)...
L'histoire (si l'on peut vraiment employer ce terme) ne casse pas trois pattes à un canard (ok, elle était facile!)
et la construction narrative est plus qu'approximative. Ainsi, au début, on suit
ce pauvre canard de l'espace, Howard, déambuler dans les rues de Cleveland.
Il rencontre une chanteuse de rock, Beverly (la charmante Lea Thompson, copine
de Michael J. Fox dans les Retour vers le futur) qui va essayer
d'aider le pauvre canard à retourner sur sa planète. Pour ce faire, elle demande
de l'aide auprès de son ami Phil (Tim Robbins qui sortait alors de Top Gun) qui
va finalement leur présenter le professeur Walter Jenning (Jeffrey Jones, vu
dans Amadeus, La Folle journée de Ferris Bueller, Beetlejuice,
Vorace, Sleepy Hollow...). Ce fameux Jenning apprend à Howard
que, grâce à une machine produisant un rayon spécial, il a été "happé"
et a atterit sur Terre. Le spectateur n'y croit pas une seule seconde mais apparement,
le producteur, le réalisateur et le scénariste, si.
Comédie pour toute la famille avant tout, Howard the duck mise un
maximum sur sa "tête d'affiche" à plumes pour nous dérouiller les
zygomatiques. Entre des punchlines foireuses, des séquences improbables (Howard
au lit avec Beverly sur le point de faire crac-crac) et des comédiens qui font ce qu'ils
peuvent pour être crédibles mais qui se plantent complètement (Tim Robbins parlant "canard" façon Donald
Duck avec Howard, Jeffrey Jones en méchant de service caricatural), on ne rit finalement
pas beaucoup. A cela s'ajoute une mise en scène mollassonne et des effets-spéciaux
souvent à pisser de rire (il faut voir Jeffrey Jones péter un câble dans une
cafèteria et envoyer des éclairs avec ses yeux!). Avec le budget confortable
de George Lucas, le réalisateur fait exploser le décor de temps en temps mais
c'est tellement mal filmé qu'on a peine à s'y intéresser, de même qu'au destin
d'Howard et de ses camarades. La dernière bobine vaut son pesant de cacahuètes
avec une poursuite en ULM assez impressionnante mais plombée par un final débilos
à souhait avec une créature de l'espace foireuse (et qui ressemble assez au
monstre de Monster in the closet) qu'Howard envoit ad patrès en
un clin d'oeil à coup de bazooka.
Howard the Duck est donc un bon gros nanar des familles qui mérite
le détour, ne serait-ce que pour son esthétique (et sa bande-son) typique des
années 80. George Lucas ne fait pas souvent allusion à ce film qui ne pointe
toujours pas le bout de son nez en DVD.
Un nanar cosmique inénarrable, typique des années 80 et produit par un George Lucas qui ne devait pas avoir les idées claires lorsqu'il déboursa plus de 30 millions de dollars dans ce projet improbable.
Note du rédacteur: 4/10
Note moyenne de la rédaction : 4.83/10