| Se promener au hasard des étalages du rayon VHS de votre supermarché et dénicher
une jaquette prometteuse : ce petit plaisir m'arrivait parfois lorsque le DVD
n'avait pas encore supplanté cette bonne vieille cassette. C'est ainsi que j'ai eu entre mes
mains Hurlements II, second volet d'une saga dont je ne connaissais alors aucun
film (et oui, j'avoue avoir vu le film de Joe Dante après sa suite). La présence de Christopher Lee au générique suffit à me
lancer à me procurer ce film de lycanthropes. Un soir de spleen
télévisuel, j'enfourne la VHS dans mon lecteur et en avant !
Toujours adapté d'un roman de Gary
Brandner, qui co-écrit le scénario, Hurlements II commence dans une église. Nous
y suivons l'enterrement d'une journaliste (l'héroïne du premier film), soupçonné
par un expert en paranormal (le prodigieux Christopher Lee, plus froid que
jamais) d'être un loup-garou. Le frère de la victime, un
peu limité niveau réflexion, n'y voit là qu'une vaste supercherie, mais il
comprendra vite que Stefan (Lee) est dans le vrai. Aidé par une autre
journaliste, ils s'embarquent dans les Carpathes pour y détruire la reine des
lycans, la plantureuse Stirba (Sybil Danning), demi-soeur de Stefan.
Réalisée quatre ans après le film de
Dante, cette suite présente d'emblée son objectif : à savoir offrir une
sympathique série B, décompléxée, à des années lumière du sérieux métrage de
Dante. Le générique, avec ces écritures rouges criardes et le son métallique
d'un synthé de mauvaise qualité, laisse augurer une oeuvre de seconde zone, qui
n'ambitionne pas de rester dans les annales du film de lycanthropes. Mais à une époque marquée par le
retour de ces parents pauvres du cinéma fantastique (Le Loup-Garou de Londres,
Hurlements), ce film a le mérite de proposer une autre vision du lycan, plus
libidineuse que jamais.
L'australien Philippe Mora fait avec les moyens du bord,
même s'il n'évite pas certains clichés typiques des années 80 (cf. la bande son
punk du groupe Babel et une photographie vieillotte). Plutôt que de privilégier l'ambiance lugubre du premier film
(qui revenait à la nature primitive du lycan, dans son habitat naturel), Mora
préfère évoquer la sexualité des lycans (et bien lui en fasse). Car, il faut
bien l'avouer, jamais nous ne verrons de lycanthropes aussi sensuelles que
Danning ou Marsha Hunt (une ex de Mick Jagger), réunies le temps d'un triolisme
poilu avec un mâle servile. Le générique de fin, avec ses ralentis audacieux,
illustre bien la principale réussite du métrage. Outre l'aspect torride de ces créatures, n'oublions pas non
plus le dépaysement folklorique provoqué par ce charmant village perdu dans les
Carpathes, et ces nombreux figurants aux visages effrayants (l'hôtel et le nain
masqué, entre autres), apportant un cachet fleurant bon les décors des films de
genre.
Passons maintenant à
l'essentiel ! Côté scénario,
Brandner ne s'est pas foulé, offrant même une vaste orgie animale sur fond de
musique new wave assez kitsch, entre deux assauts lycanthropiques dans les
forêts, les soirs de pleine lune. La mise en scène de Mora est honnête mais ne
casse pas des briques. Le principal intérêt de cette série B, qui assume
complètement son statut, réside principalement dans son casting. Un peu mis de côté durant cette
décennie, Lee y trouve un rôle à la mesure de son talent, même s'il méritait de
meilleurs dialogues. Face à lui, Sybil Danning, moulée dans des tenues en cuir
gothiques, campe une bien belle reine des lycans, même si ses ambitions se
situent souvent en dessous de la ceinture, et sa comparse est tout aussi sexy,
même si son jeu d'actrice n'est pas à la hauteur de sa crinière noire. Les effets spéciaux sont assez
intéressants, les loups-garous empruntant diverses teintes, tailles et gueules.
Les yeux explosés du nain sonnent faux, mais le gros plan vaut le coup
d'oeil.
Bref, si vous aimez les
séries B sans prétention, légèrement sexy et Christopher Lee, ce film peut vous
permettre de passer une agréable soirée devant votre poste. Seule suite
honorable d'une longue série (je n'ose repenser au troisième opus, réalisé par
le même Mora, et que je considère comme le pire film que j'ai jamais vu, en
concurrence avec Plan 9 from outer space et Mortal Kombat 2), Hurlements II est le seul film de
lycans présentant cette créature comme un animal libidineux, point qu'il était
important d'établir au nom du Septième Art !
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