Ce premier long-métrage de Jean Rollin se distingue déjà par une ambiance gothique où l'on retrouve quelques éléments chers au cinéaste: la crypte, cette fameuse plage avec ses hautes falaises et ses piquets en bois... les vampires... les femmes à demi-nues.
La mise en scène est vraiment inspirée et soutenue par une photographie très léchée où le noir et blanc est tout simplement éblouissant et les magnifiques décors naturels ressortent merveilleusement.
Ainsi, en dehors de son côté expérimental qui en fait une oeuvre très peu facile d'accès, "Le viol du vampire" se transforme en une sorte d'énorme rêve surréaliste de 90 minutes et suit par ailleurs le mouvement de la Nouvelle Vague - ici appliquée au cinéma fantastique.
En dehors d'un côté parfois foncièrement amateur en raison d'un maigre budget et d'un délais de tournage trop court (scénario quasi-improvisé sur place, comédiens non-professionnels pour la plupart, scène de la messe noire en partie râtée...), Jean Rollin signe ici un film envoûtant qui, directement, départagera les spectateurs en deux catégories: ceux qui adhèreront et ceux qui crieront "à l'arnaque !".