Après quelques westerns, Peckinpah s'attaque ici à un film qui se déroule dans l'Amérique d'aujourd'hui. Un couple de citadins s'installe à la campagne pour fuir la ville avec ses bruits, ses violences urbaines et peut-être pour retrouver un couple uni. Toute la première partie du film, on observe ce couple, en se demandant s'il est bien sur la même longueur d'onde. Dustin Hofman a un rôle plutôt effacé, Susan Gorge a un rôle bien ambigu. Elle joue un peu avec le feu, et comme on s'en doute tout va mal finir
Au milieu de ce film, on assiste à une scène phare et majeure du film très éprouvante, pas forcément car notre côté voyeur est satisfait, mais plus par ce qu'elle dit des frustrations qu'il existe dans de nombreux couples. Comme j'ai la dent un peur dur, je trouve que le film aurait pu être raccourci de 10 bonnes minutes, mais bon, vu le montage de ce film, je ne sais pas ce que ça aurait donné !
Ce film devait imposer Sam Peckinpah comme un réalisateur spécialiste du film de violence. C’est un peu réducteur surtout plus de 35 ans après. Car si cette violence fait pâle figure comparée aux films de ces dernières années il n’empêche qu’il allait poser une série de références encore citées actuellement par certains réalisateurs. Un couple s’installe dans un ravissant village des Cornouailles parmi des habitants rustres et pour certains un peu simplets. L’épouse est ravissante et suscite la convoitise de certains hommes du village. Jalousie sociale, viol, hiérarchie patriarcale engendrent les prémices d’un conflit qui va très vite dégénérer crescendo dans une tuerie orchestrée par un Dustin Hoffman (David Sumner dans le film) magistral. Pacifiste convaincu Sumner va devenir au final une vraie bête à tuer créant ainsi une référence du genre. Aja ne s’en est-il d’ailleurs pas inspiré pour son film La Colline a des yeux ? Certes le film a vieilli et peut paraître long par moment mais il reste une tension certaine qui rend le film toujours agréable à regarder.
Même si ce film a résolument pas mal vieilli sur certains points, il n'en demeure pas moins très intéressant à suivre et d'une violence parfois inouie.
Divisé en deux parties, "Chiens de paille" nous présente d'abord les deux protagonistes (David et sa femme, Amy) ainsi que les habitants du village où ils ont pris domicile.
A ce propos, Sam Peckinpah en profite pour dresser une critique féroce des millieux campagnards isolés, dans lesquels les mentalités semblent s'être bloquées au Moyen-Âge.
La tension monte crescendo lorsque deux 'paysans' violent Amy (de manière très suggérée.. On se demande encore comment Gaspard Noé a pu en être choqué).
Dès lors, un climat de folie et de brutalité sans faille s'installe.
Le sadisme éclate et la raison n'a plus lieu tant les personnages prennent du plaisir à taper sur les autres, à se faire souffrir (de manière justifiée, tout de même).
On en a le coeur serré et l'on se demande bien comment va se terminer une telle orgie de déséquilibre.
En résulte un film qui, même si il accuse du poids des ans, reste fort et suffisemment explicite pour faire réfléchir intelligemment le spectateur sur divers sujets existant malheureusement encore aujourd'hui.
Le tout, servi par des comédiens hors-pairs (Dustin Hoffman en tête).