La revanche de Pinocchio : de quoi faire trembler dans les chaumières, me direz-vous.
Jennifer Garrick (Rosalyn Allen), avocate, doit défendre un de ses clients, accusé du meurtre de son fils. Parmi les pièces à conviction qu’elle reçoit : une marionnette de Pinocchio. N’ayant toujours pas reçu le cadeau pour sa fille Zoe, elle décide de lui offrir la marionnette en attendant. Une mauvaise idée a priori. Une relation anormale s’instaure entre Zoe et Pinocchio et des accidents commencent à se produire dans leur entourage.
Ce n’est désormais plus un secret pour personne que les visages angéliques des poupées ou marionnettes, qu’elles soient faites de cuir, de porcelaine, de plastique ou de bois, cachent parfois des êtres de perversité (Jeu d’enfant, Dolls). C'est d’ailleurs un des credo du film d’horreur : battre en brèche le « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil », et même le clown (It) ou le chien (Cujo), le meilleur ami de l’homme, peuvent être de véritables monstres.
Cependant, et malgré les incohérences propres à ce type de scénario (difficile de croire en cette femme qui fuit devant une marionnette en bois qui ne lui arrive qu’à la taille), Kevin Tenney aborde le thème sous un angle suffisamment original pour rendre le film intéressant.
En effet, au cœur de l’intrigue ne se trouve pas la marionnette, mais plutôt Zoe, incarnée par Brittany Alyse Smith, qui souffre de troubles du comportement. A travers un suspense plutôt bien maîtrisé, le doute demeurera jusqu’au bout quant à savoir quel est le véritable responsable de toutes ses agressions : Pinocchio ou Zoe ? Derrière le visage, lui aussi angélique, de la petite, se cacherait-il un véritable diable ?
Le jeu des acteurs est sans prétention (certains se rappelleront peut-être que Rosalyn Allen est au générique de Children Of The Corn 2), mais ils ne déméritent pas, surtout Brittany Alyse Smith dans le rôle de cette petite fille perturbée.
La réalisation ne sort pas non plus vraiment du lot et penche parfois vers le téléfilm, mais certaines scènes, parfois sans aucun lien avec l’intrigue, donnent un certain cachet à l’ensemble. A noter tout d’abord le magnifique nu intégral que nous offre Candace McKenzie, véritable Aphrodite sortie des eaux, le tout sans aucune vulgarité. Deux autres scènes sont également particulièrement intéressantes, comme celle du simulacre d’une collision annoncée sur la route ou encore la main transpercée par le couteau.
Kevin Telley est un adepte du film de série B sans prétention (Witchboard/Oui-ja, The Second Arrival, Night Of The Demons) mais ses films se laissent regarder.