Après l'excellentissime parodie des films de zombies Shaun of the dead, la même fine équipe nous revient et s'attaque cette fois aux thrillers horrifiques façon Seven ainsi qu'aux films d'actions. Les attentes étaient logiquement énormes pour Hot fuzz étant donné que la barre avait été mise très haut par son prédécesseur. Le résultat n'est toutefois pas totalement à la hauteur des espérances, la faute, sans doute, a un scénario un poil moins inventif que pour Shaun of the dead. Mais ne faisons pas la fine bouche, cela reste du divertissement intelligent et de haut niveau.
A Londres, le policier Nicholas Angel est le meilleur de son équipe. Tellement bon qu'il fait passer ses collègues pour de simples gardiens de la paix. Le chef de la brigade décide donc de le "promouvoir" dans le petit village de Sandford, où il ne se passe rien. Aux côtés du policier local Danny Butterman qui rêve de devenir Mel Gibson, Nicholas règle quelques contraventions sans grand intérêt. Une série de crimes étranges va le remettre dans l'action...
Le film débute comme on pouvait s'y attendre. Les gags s'enchaînent les uns aux autres, en grande partie dûs au décalage qu'il existe entre la mentalité ultra-rigide du personnage d'Angel et les "crimes" commis par les citoyens de Sandford. La relation d'Angel et de ses collègues qui le considèrent comme une grosse tête obsédée par les meurtres et l'ordre nous vaudra également quelques éclats de rire, avec une mention spéciale au duo de moustachus particulièrement horripilant mais jouissif. Vient ensuite la partie des meurtres en série et l'enquête proprement dite. Les assassinats, dignes des meilleurs slashers, sont filmés au 1er degré, ce qui accentue l'absurdité générale d'Hot fuzz. Entre Angel qui s'imaginent des complots et des liens inexistants entre les homicides et ses collègues qui se bornent à les considérer comme des accidents, on nage en plein surréalisme, d'autant plus qu'on est dans le cheminement classique et les codes habituels des films du genre Seven (encore lui). Puis, brusquement, vers sa moitié, le film tombe dans le thriller d'horreur pur et nous propose quelques plans que n'aurait pas renié, entre autres, un Wes Craven. Soulignons ici la maestria de la réalisation d'Edgar Wright qui semble à l'aise quoi qu'il filme. Et il nous le prouvera encore avec un dernier acte de toute beauté.
Dans cette dernière partie donc, Hot fuzz prend un nouveau tournant et nous propose de l'action pure et dure à l'image de Bad boys 2 ainsi que de Point break, 2 films qui sont les références de l'agent Butterman, l'adjoint d'Angel. Certaines scènes sont carrément calquées sur ces 2 métrages. Nerveuse mais précise, la caméra de Wright nous plonge au coeur d'une action soutenue mais incroyablement absurde. Voir une grand-mère tenter de dégommer nos héros à la mitrailleuse en beuglant "Fascistes!" a quelque chose d'assez réjouissant. Car dans cette dernière partie, l'humour fait son grand retour, non plus sous la forme de petits gags précis mais plutôt sous la forme de gags de situations. Car la fin du film est hallucinante d'absurdité ainsi que de surprises. Mais je m'en voudrais de révéler quoi que ce soit de l'intrigue tant l'effet de surprise joue beaucoup dans Hot Fuzz. Les scénaristes sont de grands malades et ont apparemment pris beaucoup de plaisir à l'écriture. Les acteurs, excellents comme dans Shaun, ont également pris un pied énormes à interpréter leurs personnages et c'est visible à l'écran. Donc pour résumer, Hot fuzz est un film qu'il faut absolument voir pour quiconque aime l'humour décalé et les parodies mais qu'il soit bien clair qu'il n'atteint pas le niveau de Shaun of the dead à cause d'un léger manque d'humour et d'un brin d'inventivité en moins.