Ben (Oliver Reed), sa femme Marie-Anne (Karen Black) et leur fils David (Lee Montgomery)
ont décidé de louer une maison pour leurs vacances d'été. A leur arrivée sur
place, ils découvrent une immense demeure. Ben croit tout d'abord qu'il s'agit
d'une erreur car la maison est visiblement trop grande pour sa petite famille.
Mais lorsqu'il rencontre les propriétaires des lieux, il apprend que c'est bien
cette maison qui est en location. D'abord réticent à l'idée de vivre ici plusieurs
mois, sa femme Marie-Anne parvient à le convaincre malgré la condition sine
qua non imposée par les maîtres des lieux : s'occuper de leur mère, âgée
de 85 ans, et ne sortant jamais de sa chambre. Ben, Marie-Anne et leur fils
David, ainsi qu'Elizabeth (Bette Davis), la tantine de Ben, emménagent dans la maison. Mais
bientôt des phénomènes étranges surviennent. Ben est victime de cauchemar et
manque de peu de noyer son propre fils. Quant à Marie-Anne, son attention, de
plus en plus proche de l'obsession, ne se porte plus que sur Mrs Allardyce,
la vieille femme qui reste cloîtrée dans sa chambre...
Burnt Offerings, titré en vidéo chez nous Trauma (à ne pas
confondre avec le film d'Argento donc), est l'adaptation du roman "Notre
Vénérée Chérie" de Robert Marasco. Réalisé par Dan Curtis, metteur
en scène aujourd'hui reconvertit dans les téléfilms et les séries TV, on
lui doit pourtant quelques autres films d'horreur des 70's comme House of
Dark Shadows, et deux anthologies de trois histoires chacunes : Trilogy
of Terror et Dead of Night (d'après Richard Matheson). Mais la spécialité
de Dan Curtis est avant tout les téléfilms et, à la vision de Burnt Offerings,
plus aucun doute à ce sujet.
Tourné à Dunsmuir House & Gardens, à Oakland, en Californie (une partie
du Phantasm de Don A. Coscarelli fut tournée là-bas), Burnt Offerings
(littéralement "Offres Brûlées") est un film de maison hantée
d'un genre un peu particulier qui s'éloigne quelque peu des poncifs du genre.
En effet, le schéma classique de la maison hantée, habitée par une entité maléfique
(le fantôme du dernier occupant par exemple), s'en prenant à un groupe
d'individus solidaire et luttant contre elle ne trouve à aucun moment écho
dans le film de Dan Curtis. Burnt Offerings s'attache avant tout à nous
présenter l'influence maléfique de la maison sur ses occupants. Une approche
plus psychologique que "démonstrative" intéressante mais qui risque
de décevoir ceux qui s'attendent à de grands moments de frissons. Dan Curtis
prend donc son temps pour faire évoluer les personnages (de manière assez classique
cependant) ainsi que la maison en elle-même (les fleurs, la piscine... remis
à neuf). On regrettera toutefois que la maison ne soit pas davantage traitée
comme un véritable personnage à part entière du film.
Pourtant, il faut reconnaître que Dan Curtis ménage plutôt bien le suspense
durant toute la durée du métrage, avant d'en arriver à un final pas forcément
inattendu mais qui conclut le film de manière presque "logique" étant
donné le schéma auto-destructeur des individus qui va crescendo (j'espère ne
pas avoir fait trop dans le spoiler). Même si la mise en scène ne réserve
pas de grosses surprises, au même titre que la bande-son (plutôt discrète),
elle n'entâche en rien la qualité de ce film de terreur atypique des années
70.
Pour Burnt Offerings, Dan Curtis a bénéficié d'un joli casting de
stars : Oliver Reed (Blue Blood, Chromosome 3, Venom, Spams),
Karen Black (Trilogy of Terror déjà de Curtis, L'Invasion vient de
Mars, Soulkeeper, House of 1,000 Corpses) et Bette Davis.
Même si Oliver Reed en fait parfois un peu trop, sa prestation reste convaincante,
au même titre que celles de Karen Black et Bette Davis (dont le personnage n'est
malheureusement pas assez développé).
Burnt Offerings n'atteint pas des sommets en matière de terreur pure
mais réserve quelques agréables moments de suspense. Encore une fois, ne vous
attendez pas à des débordements gores ou à voir des objets voler à travers la
maison. Burnt Offerings repose avant tout sur le développement et l'évolution
psychologique des personnages soumis à l'influence maléfique de la maison. L'approche
et le traitement sont intéressants et il serait dommage de passer à côté de
ce bon petit film de terreur.