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  EN BREF:

Kevin : (5.5/10)

Une oeuvre mineure du cinéaste qui ne laisse pas un souvenir impérissable. Un film parfois bancal et maladroit tout juste remis à niveau par la maîtrise du cinéaste toujours bien visible au détour de quelques trop rares scènes.

 

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CARD PLAYER
( Il Cartaio - 2004)
 

Réalisé par Dario Argento
Sortie le 24 Mai 2005

Staff

4.834.834.834.834.83 (4.83)

Lecteurs

4.444.444.444.44 (4.44 - 18 votes)

Fiche

Critique

La musique du film

Visuels

Vidéos

 DVD (1)

Avis des lecteurs (22) 

  Horreur.net - Critique de Card Player (2004)

Critique de Kevin (5.5/10)

A Rome, un détraqué défie la police en proposant à celle-ci des parties informatiques de Poker dont l’enjeu est la vie de plusieurs jeunes femmes. Le vainqueur détermine ainsi la vie ou la mort des victimes enlevées. Après la mort de la première femme, les services de police et notamment les inspecteurs Anna Mari et John Brennan, se mettent à la recherche d’un spécialiste de ce genre de parties. Mais bientôt, celui qui se fait appeler « Card Player » (Il Cartaio) enlève la propre fille du chef de la police romaine...

Dire que l’on attendait de voir ce que serait le dernier film de Dario Argento après un assez réussi Non ho sonno est un euphémisme. Cependant, le temps qui s’est écoulé entre la réalisation de ce Card Player en 2003, sa présentation dans divers festivals, puis sa sortie directement en DVD en 2005 a rapidement calmé les ardeurs. En effet, précédé d’une réputation peu flatteuse, le film a progressivement cessé de représenter l’espoir de la confirmation du retour à la grande forme d’un Argento, qui pour beaucoup a réalisé son dernier chef-d’oeuvre en 1982 avec Ténèbres. Ce qui ne va pas arranger les choses avec les fans de la première heure est ici qu’une nouvelle fois le cinéaste va se montrer en totale rupture avec ce qui caractérise son oeuvre : à savoir une réalisation stylisée au possible et des meurtres particulièrement gores. Et bien, rien de tout cela dans Il Cartaio, giallo classique non dénué d’intérêt mais qui peine à se démarquer véritablement.

Alors qu’en est-il réellement ? Et bien comme il fallait s’y attendre, ce Card Player ne révolutionne en rien le cinéma d’Argento. Cependant, réduire le métrage à un médiocre téléfilm de la Rai comme beaucoup l’ont fait, est d’avantage un moyen d’exprimer une nouvelle déception (voir même une colère envers un cinéaste culte) qu’un réel jugement sur le film. Certes, Il cartaio est un film bancal qui ne donne pas toujours l’impression que le cinéaste s’est réellement passionné pour le récit et les personnages. Aussi, de ce point de vue le film est encore une fois à des milliers d’encablures des réussites majeures du cinéaste. Alors même que Argento répète souvent inlassablement que cela ne l’intéresse plus de refaire ce qu’il a déjà fait, un film comme Le sang des innocents devait sa réussite au fait que le réalisateur revenait à ses inspirations premières et puisait au passage très fortement dans de nombreuses séquences des Frissons de l’angoisse. On comprend bien évidemment que celui-ci ait envie de se frotter à autre chose mais le problème est que le cinéaste reste dans un genre similaire. Il reste dans le Giallo et reprend la classique histoire d’un tueur dont on ne découvrira l’identité qu’à la fin, mais illustre l’histoire avec moins de talent qu’il ne l’avait fait par le passé. Ici, on ne retrouve les éclats de la mise en scène du réalisateur que par de brèves séquences qui rappellent son évident savoir faire mais tout ceci s'avère extrêmement frustrant tant on aimerai qu’Argento renoue avec sa maîtrise passée (sans parler de son style visuel).

Pourtant au détour de plusieurs séquences, Card player nous fait quand même plaisir. Citons ainsi, l’attaque du tueur au domicile d'Anna Mari (qui rappelle un passage de Opera), la scène dans laquelle John Brennan découvre le repaire du tueur, celle de la mort de Remo et les minutes qui précèdent, ou bien encore la partie de poker durant laquelle la victime est sur le point de se libérer... De bons moments qui cependant ne suffisent pas à rendre l’ensemble pleinement satisfaisant.
Doté d’un casting assez solide (tout du moins dans les premiers rôles, et en VO ou VF car la version Anglophone est tout bonnement catastrophique et rend ridicule le jeu des acteurs) et de la présence à la photographie de Benoit Debie (Irreversible), le film est visuellement assez réaliste. Cependant, comme toujours chez le réalisateur, l’onirisme n’est jamais très loin. Dans le cas présent malheureusement, il s’agit plutôt de séquences ridicules comme celle du médecin légiste se mettant à chanter dans la morgue. Des tentatives de rendre le métrage un peu décalé et original, qui malheureusement sombrent dans le n’importe quoi.

En outre, le scénario n’est pas lui non plus un modèle du genre puisque outre sa prévisibilité, plusieurs passages auraient gagnés à être d’avantage développés ou supprimés. D’importantes lacunes donc, que la musique de Claudio Simonetti ne parvient pas à compenser, puisque sa composition qui rappelle parfois celle de Profondo Rosso s’avère trop inégale pour constituer un véritable morceau de choix.
Encore une fois, le cinéaste a délaissé son style flamboyant mais également la violence explicite et le gore. Ici, les meurtres sont suggérés ou à peine montrés, un comble pour un cinéaste dont les meilleures scènes de son oeuvre sont précisément celles là. Tout juste, quelques plans craspec sur un cadavre autopsié peineront à faire passer la pilule aux fans de débordements sanglants. Certes, un film policier n’a pas nécessairement besoin de scènes violentes ou gores pour être réussi, mais ici Argento évolue encore dans le Giallo un genre caractérisé par la violence (et auquel Saw rend un brillant hommage). En outre, on sent bien que le cinéaste livre un film léger qui n’a pas d’autre ambition que de divertir le spectateur pendant une heure et demie. Aussi, l’absence de gore apparaît comme paradoxal pour un film qui se veut ludique, puisque ici même le tueur « joue » avant de passer à l’acte. Or, Argento aurait été d’avantage inspiré de jouer à fond la carte du film jouissif, ce qui n’est pas le cas d’ Il cartaio.

Sympathique mais peu ambitieux, Card player est l’un des films mineurs de Dario Argento. Un thriller qui ne laisse pas un souvenir impérissable. Cependant, la réussite de certaines scènes permet de passer quand même un bon moment. Un film qui est donc sauvé par quelques séquences qui témoignent encore de la maîtrise dont sait faire preuve le cinéaste quand il s’en donne les moyens. Ici, sa réalisation est sobre et les quelques travelling ne peuvent rivaliser avec ceux de Ténèbres ou d’Opera. Par ailleurs, le film ne comprend pas de scènes véritablement culte comme pouvait l’être la scène du train dans son film précédent (Non ho sonno). Un divertissement tout juste correct qui n’est pas le raté incroyable que laissait présager le bouche à oreille. Dario Argento n’est pas retombé dans les travers de son catastrophique Fantôme de l’opéra, cependant Il Cartaio ne se taillera pas une place de choix dans l’oeuvre du réalisateur...

Kevin

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En résumé:

Une oeuvre mineure du cinéaste qui ne laisse pas un souvenir impérissable. Un film parfois bancal et maladroit tout juste remis à niveau par la maîtrise du cinéaste toujours bien visible au détour de quelques trop rares scènes.

 

Note du rédacteur: 5.5/10
Note moyenne de la rédaction : 4.83/10

 

 

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