Exilé est sans aucun doute l'un des meilleurs films de Johnnie To. Délicieusement impertinent, esthétisé comme jamais car To peut se targuer d'être un maître dans le genre, les cowboys ne portent plus de cache-poussière et fument le cigare dans les rues de Macao, la ruée vers l'or version cantonaise pour un cast de fou furieux et une ambiance crépusculaire formidable. Toute l'essence du cinéma de Johnnie To est là, le meilleur de Guy Zeraffa aussi, qui livre d'une de ses meilleures compositions (bien supérieure à celle de Eye in the Sky). Tout est rassemblé et à To de livrer l'un de ses derniers grands films sous l'ère Milkyway.
En conjuguant l'esthétique léchée d'un PTU et le minimalisme quasi-robotique de son chef-d'œuvre absolu, The Mission, Johnnie To ne retrouve qu'à moitié le souffle de ses meilleurs polars. L'identité visuelle comme la thématique d'Exilé dégagent une certaine odeur de déjà-vu, pour ne pas dire qu'ils paraissent désormais un brin éculés. Mais avec un tel casting (Anthony Wong, Francis Ng, Roy Cheung et Lam Suet forment une sacrée équipe, et en ce qui concerne Simon Yam, il crève tout bonnement l'écran dans son rôle de pourriture déjantée à souhait), une telle ambiance et de tels gunfights, difficile de bouder son plaisir, en fin de compte. To is still the King of Polar HK !