Aaaaaaaaaaaahhh, enfin, enfin après des années d'attente, où je préparais en secret minutieusement ma vanne, puissamment originale, à laquelle personne n'a jamais pensé, je peux enfin sortir mon calembour qui tue, qui va révolutionner l'univers des jeux de mots, en lui donnant un tout nouveau sens grâce à une vigueur et une finesse salutaires: voici saucisse, que vous a spécialement préparé votre boucher préféré Jigsaw!
Je vous laisse quelques instants pour vous remettre du choc intellectuel qu'a dû vous faire ce pur éclair de génie, à nouveau issue de mon cerveau supérieur, et je commence ensuite ma critique, qui sera vous n'en doutez pas, absolument passionnante, écrasant d'un coup tous les piètres essais précédents, en les rabaissant au niveau de pâles dissertations de 6ème du 9.3...
Vous êtes prêts les z'amis pour une pure expérience mystique, un virevoltant roller-coster intellectuel, un grand 8 cortical qui va tellement vous dévaster les neurones que vous aurez l'impression d'avoir rencontré Dieu??? J'y vais:
Tout d'abord, je pense qu'il s'agit là d'un des meilleurs épisodes de la franchise, avec un des scénarios les plus équilibré (à supposer que quelque chose le soit dans cette série complètement barge) et à peu près crédible de "l'oeuvre" de ce grand farceur de Jigsaw.
Soyons clair, il y a bien longtemps que l'on ne croit plus du tout aux plans machiamerdiques de notre amuseur en chef, si facétieux, tellement fripon, qui aurait tout planifié 75 films à l'avance, avec quantité de personnages aux actions et interractions peu contrôlables et de situations hasardeuses qui renvoient pourtant toute extrapolation dans un brouillard épais plutôt que dans des certitudes claires comme de l'eau de roche, MAIS, c'est fendard! Voilà, difficile de le présenter autrement: c'est fendard!!! Très con, mais grave fendard, au point que même si on ne croit plus en rien depuis l'épisode 3, on fait semblant de tout gober pour le plaisir de découvrir toutes les nouvelles conneries que notre justicier d'asile psychiatrique nous a concoctées pour divertir les foules, et s'assurer que le respect de la vie soit dignement mis en valeur. (?!?)
Car toute la série repose sur ce concept paradoxal de respect de la vie et des autres, en mettant toutes sortes de "déviants" de la société dans des situations plus perverses les unes que les autres, la notion de punition expiatrice et soi-disant enrichissante, justifiant les pires horreurs qui feraient vomir les serial killers les plus impitoyables... Tu as fais souffrir, je vais t'apprendre le respect de la vie en te donnant des choix qui te coûteront, si tu t'en sort, un maximum de douleur mais te révèleront à toi-même... Intellectuel non?
Bon c'est très con, c'est très pervers, ça rime finalement à rien et ne démontre rien, sinon que Jigsaw aurait dû suivre une bonne thérapie, mais ... c'est fendard!!! Donc quand je parlais tout à l'heure de scénario équilibré, ou de "qualité", je me mettais sur un autre plan de jugement que celui purement empirique, mais sur celui du divertissement pur et dur...
L'histoire est moins prétentieuse qu'à son habitude (fausses bonnes idées et fausses pistes à deux balles "censées" vous balader grave), et même si elle fait appel encore à des flash-backs à gogo, et à une connaissance précise des autres épisodes, elle reste finalement relativement lisible et logique sur son ensemble. Bien sûr, si comme moi ce genre de film vous fait l'effet magique "vite vu vite oublié", vous êtes bien emmerdé quand les... "subtilités" de l'intrigue reposent sur les foutaises des opus précédents.
Un de ces quatre, il faudra que j'ai le courage de me taper la série en son entier, avant d'aller me promener à l'Elysées pour laisser courir ma fureur expiatrice toute Jigsawyenne... Imaginez tout les politiciens qui vous encul*** jusqu'à l'os et dépensent l'argent du contribuable en frais personnels pendant que le tout venant n'arrive pas à boucler ses fins de mois, tous réunis dans un Elysées bourré de pièges plus dégueus les uns que les autres, dont un seul sortira vivant, pour être finalement jugé sur la place publique... Mais ne rêvons pas, la justice, ce n'est que dans les films...
Bref, la scène d'intro est une des plus éprouvante qu'il m'ait été donnée de voir! Dégueulasse, vraiment dégueulasse! Je ne pensais pas dire ça un jour, mais, peut-être trop même! J'avais du mal à regarder, et pourtant j'ai déjà vu le Punisher84 en caleçon, Dexter en jupette, Spawn se caressant en chantant du Dalida ou Geoffrey pratiquant la sodomie (ou plutôt sodoHum, ou sod****, ou bien *******, je sais plus trop comment il écrit ça) qu'il affectionne tant... Le problème, c'est que l'on arrive dans de tels excès dans le sadisme totalement gratuit, qu'il vaut mieux ne plus chercher la moindre logique dans "l'oeuvre" purificatrice de Jigsaw sous peine de devenir complètement con... à supposer qu'on ne le soit pas déjà à continuer à regarder ce spectacle finalement triste et consternant, si on est vraiment objectif...
Mais The Show Must Go On, et ce n'est pas le spectacle qui fait défaut ici, et on a largement ce qu'on est venu chercher: du branque, du bargeot, du dément, du spectaculaire, de l'imprévu... et de la barbaque à n'en plus finir! La scène du tourniquet est à mon avis la meilleure. Pas la plus sanglante, mais la plus éprouvante psychologiquement, avec ses personnages qui deviennent de plus en plus menteurs pour sauver leur peau.
La psychologie est le point fort de ce film. Si tout ça ne rime plus à rien et n'a plus de cohérence sur la longueur, par contre, évênement par évênement, les personnages réagissent de manière particulièrement crédible, donnant une image de l'être humain "poussé dans ses derniers retranchements" qui fait froid dans le dos... et fait finalement réfléchir! Le comble dans une franchise où la distanciation et la remise en question sont des concepts devenus depuis longtemps des alibis hypocrites plutôt que des réalités appliquées...