La vie tranquille d'une petite ville du Maine (je ne sais plus si la ville est localisée mais, vu que Stephen King est l'auteur de la nouvelle dont le film est inspiré, on peut le supposer) est troublée par des meurtres sanglants commis par un maniaque. Mais pour le jeune Marty, ces meutres ne sont pas l'oeuvre d'un homme mais d'un loup-garou. A ne pas confondre donc avec le Peur bleue (Deep Blue Sea) de Renny Harlin où les méchants sont des requins.
Daniel Attias signe ici sa seule incursion dans le domaine du long-métrage, son domaine de prédilection restant la série TV, d'Alias à Six Feet Under en passant entre autres par Buffy. Et même si le King officie comme scénariste sur ce film, force est de constater que le résultat est bien loin de nos attentes. Cela est d'autant plus malheureux que certains aspects du scénario auraient réellement mérité un traitement plus appuyé : notamment sur la malédiction et les motivations du loup-garou, seulement esquissées mais suffisamment pour souligner une certaine spécificité par rapport aux autres films de loups-garous ; sur l'impact du handicap du jeune Marty et enfin sur la relation entre Marty et son oncle, interprété par Gary Busey (Predator 2, Lost Highway), le seul à véritablement sortir son épingle du jeu en oncle un peu trop porté sur la bouteille mais au grand coeur, qui n'arrive que trop tard dans le film. Mis à part ces trois aspects qui auraient mérité d'être plus développés, rien ne sauve le reste.
On commence par la voix off qui débute le film, et le conclut avec des dialogues d'une niaiserie absolue, le tout sur une image figée. Passons ensuite à la musique : Jay Chattaway (Maniac, Maniac Cop 1 et 2) nous avait habitués à mieux. Le score évolue ici entre mièvrerie mélodramatique, musique pour séance d'aérobic très connoté eighties ou encore mauvaise série B.
Il faut reconnaître aussi que la réalisation n'aide pas et que les caméras subjectives nous mettant à la place de la bête et ne laissant apparaître qu'une main poilue et griffue ne sont pas du meilleur effet. Ce loup-garou ne fait d'ailleurs que rarement peur tant il fait penser à un humain qui aurait enfilé un costume pour Halloween (les effets spéciaux de Garlo Rambaldi (De la chair pour Frankenstein, Du sang pour Dracula) ne sont pas des plus réussis, à moins qu'il ne faille y voir un hommage aux premiers films de loups-garous). Un loup-garou qui, en outre, monte à l'échelle, marche sur ses deux jambes et préfère tuer ses victimes à coups de batte qu'à coups de mâchoire ?! Et même les scènes bénéficiant d'une photographie intéressante, comme celle dans les bois avec ce brouillard qui enveloppe les habitants partis à la chasse au loup-garou, tournent vite au ridicule : on se croirait dans une maison hantée de fête forraine. Le montage de la première partie du film est également assez répétitif faisant se succéder meutres (dont on voit peu de choses, même si, lorsqu'il décide de nous montrer, le réalisateur ne rechigne pas à utiliser du sang), enterrements et "saloon" où la vox populi conspue l'impuissance de la police. Enfin, la quête de l'habitant de la bourgade qui serait le loup-garou (Marty l'a blessé à l'oeil) peine à capter notre attention et à créer une quelconque tension.
En définitive, on s'ennuit au visionnage de ce film et le dénouement, la mort du loup-garou, est d'une rapidité exemplaire : comme quoi, ce n'est pas si méchant que ça un loup-garou.