Nymphomaniac : Volume 1

Critiques Spectateurs de Nymphomaniac : Volume 1

Réalisé par Lars von Trier, sorti en 2013.

8
★★★★★★★★☆☆
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Portrait de VonRollingVonRolling
America's Most Wanted - 368 critiques
publié le 23/05/2014 - 16:53
8
 

Le choc !

Quand je pense à tout ce qui s’est dit avant la sortie de Nymph()maniac… L’imagination collective a été bien plus sollicitée durant la promo que lors de la sortie de ce premier volume. Et au final, un Almodovar comme La Mala Educacion est bien plus choquant !

Pourquoi ? Par ce que le cul et la violence ont été utilisés comme arguments de vente plutôt que comme une corde artistique. Lars Von Trier a fait un film psychologique froid dans la lignée de ses œuvres précédentes. Résultat, même si j’ai certainement assisté à une version censurée, je n’ai pas envie de revoir le même film avec des scènes explicites. Ça n’apporterait strictement rien si ce n’est l’occasion de se rincer l’œil façon voyeur. Dario Argento disait que la censure défigurait son travail et je veux bien le croire. Mais ce n’est pas du tout le cas pour ce premier volume de Nymph()maniac.

Un choc ? Oui et non. On nous a tellement préparé à une œuvre puissante et dérangeante que la déception s’installe vite après la chanson raffinée de Rammstein. Pour ma part, ayant vibré devant d’autres films du même auteur, je m’attendais à souffrir au moins autant que devant Dancer in the Dark ou Breaking the Waves. Ceux qui ne connaissent pas l’univers du danois ont plus de chance de sentir leur morale mise à l’épreuve s’ils en acceptent le style.

Car le style est bel et bien dans la lignée de l’œuvre de Lars Von Trier. C’est froid, réaliste, parfois glauque. On y retrouve quelques touches d’humour bien senties et des trouvailles visuelles sympathiques. Malheureusement, j’ai eu du mal à rentrer dans l’histoire même si le parallèle sexe/pêche est bien trouvé et que les acteurs sont, pour la plupart, très convaincants. Bonne surprise : Christian Slater. Moins bonnes surprises : certains acteurs de l’affiche ne paraîtront que dans le Volume 2 et Shia Lebeouf est plus crédible en gamin qu’en adulte macho.

L’histoire se montre parfois très prenante mais trop souvent longuette dans son développement. Le dialogue entre Charlotte Gainsbourg et Stellan Skarsgard casse régulièrement le rythme. Arrivé à la fin des premiers chapitres, c’est la frustration qui l’emporte. Il est clair que Nymph()maniac aurait dû être un seul et unique film. Voilà aussi une belle occasion de nous faire baver devant le Volume 2, présenté durant le générique comme l’autre partie du film constituée des promesses jusqu’ici non tenues.

En résumé : j’aime l’originalité de Lars Von Trier et la justesse de la plupart des acteurs. Malheureusement, le réalisateur a fait beaucoup mieux avant et je n’ai pas ressenti le choc annoncé. De plus, la promo du film pue le racolage de bas étage et le mensonge. On s’en serait bien passé…