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5.0/10
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Portrait de Dante_1984 Dante_1984
I am Legend - 1124 critiques
publié le 24/08/2010 - 11:09
6
 

Le petit chaperon psychopathe

Après le décès de sa mère, Kai revient dans son village natal afin de l’enterrer. Sur place, de terribles souvenirs ressurgissent. Son enfance bafouée par une maltraitance quotidienne, un mystérieux accident de voiture et un enfant disparu dans ces circonstances pour le moins étrange. Peu de temps après son arrivée, certaines personnes disparaissent aux abords de la demeure familiale. Après plusieurs productions sympathiques, la Norvège fait une nouvelle incursion dans le cinéma de genre. Contrairement à l’excellent Cold prey ou le très classique, mais efficace, Manhunt, le réalisateur ne cherche pas à octroyer la surenchère de l’horreur dans son histoire. Bien au contraire, Skjult se veut davantage proche du thriller psychologique. On s’appesantit, parfois trop, sur la gestion de l’atmosphère et le côté cérébral du récit ; ce qui en fait sa force, mais également sa faiblesse majeure. Il est toujours agréable de voir une ambiance soignée dans des décors à la fois somptueux et inquiétant de par leur majesté. C’est beau, sombre et réellement envoûtant. De ce fait, l’intrigue tend à plonger directement dans les souvenirs du protagoniste. Des traumatismes résurgents semblant se confondre avec la réalité. Le malaise est palpable et l’on comprend le calvaire enduré par Kai. Ce retour à la source de blessures encore vivaces devient obsessionnel. Une ultime tentative d’exorciser un passé tumultueux. De ce point de vue, Skjult dispose d’un récit dense où l’oppressant côtoie le glauque. Néanmoins, ce côté lancinant peut paraître à confusion. Le film pâtit d’un rythme décousu et apathique. Malgré toute l’attention requise pour engendrer une ambiance singulière, l’immersion est laborieuse. Il est très difficile de s’imprégner et de se sentir concerner par les évènements. On a parfois l’impression que le réalisateur se fait davantage plaisir à filmer des arrières plans magnifiques plutôt qu’à faire avancer l’histoire. Bien entendu, ce n’est clairement pas l’objectif du film de nous faire trépigner par de quelconques péripéties haletantes, mais s’engluer dans pareille inertie comporte des risques. Notamment celui de perdre le spectateur en route ou de susciter l’indifférence. En conclusion, Skjult est une production contemplative à l’histoire complexe et confuse. De par un rythme lancinant, les plus rétifs à la psychologie buteront sur sa lenteur et feront l’impasse. Pourtant, se serait manquer une ambiance angoissante, des paysages splendides et quelques clins d’œil inattendus (ex : l’hôtel assimilé à l’Overlook de Shining). Un film intrigant qui se trouve entre deux eaux.

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