Beyond Dream's Door

8.0/10
Beyond Dream's Door

Critiques spectateurs

Réalisateur: Jay Woelfel Avec Nick Baldasare, Rick Kesler, Susan Pinsky, Lucas Simpson, Daniel White

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Portrait de Maniax Skell Maniax Skell
Newbie - 5 critiques
publié le 11/04/2013 - 17:12
8
 

Une vraie créature de cauchemar !

Le monde des rêves, ou plutôt même celui des cauchemars, est un thème de films d'horreur rendu populaire par un certain Wes Craven inspiré, de manière assez morbide, par un fait divers particulièrement sordide. La saga des Griffes de la nuit était née et si on s'en souvient, c'est bien pour son charismatique tueur Freddy Krueger, campé par un talentueux acteur du nom de Robert Englund. Bien que tenter de tenir le pari de pouvoir créer un film aussi original et efficace semblait perdu d'avance, nombreux furent ceux qui s'y sont essayés. On ne compte d'ailleurs plus aujourd'hui le nombre de films qui exploitent le rêve afin de créer un certain climat de malaise...

Beyond dream's door est un de ces films. Un des tous premiers successeurs des aventures du croquemitaine. A l'époque de sa sortie, moults ignorants le pointèrent du doigt en criant "au plagiat" ! Il est certain, après tout, que la comparaison avec Les griffes de la nuit était à prévoir, ce qui d'autant plus dramatique pour un métrage amateur/indépendant qui pourrait, en conséquence, en souffrir gravement !

Pourtant, Beyond dream's door est situé à des années lumières de son aîné au niveau de la comparaison. Je ne parle pas que du budget ou des effets spéciaux, nettement plus modestes, certes, mais ce n'est pas là que je veux en venir, non...

En fait, à part la présence de la thématique des rêves et d'un être aux pouvoirs surnaturels les hantant, il n'y a pratiquement aucun rapport entre ces deux films ! De plus, même les antagonistes principaux s'avèrent peu comparables: là où Les griffes de la nuit nous présentait un psychopathe au visage crâmé armé d'un gant pourvu de sinistres griffes, Beyond dream's door opte plutôt pour un gros monstre. Un bon gros monstre en carton-pâte avec une grande gueule pleine de crocs acérés, et deux petits yeux au regard fixe et maléfique ! Le genre de saloperie que l'on s'attend à trouver sous le lit ou dans le placard quand on est tout petit... Bizarrement, ce gros machin rouge à peine aussi crédible que le gros ver de The deadly spawn que l'on pourrait croiser dans un train fantôme à la foire, et dont les victimes sentent bon le latex et le faux sang, se montre curieusement effrayant ! En effet, dès qu'il débarque, on sent bien que nous arrivons au point culminant du cauchemar et on commence à compatir pour le héros principal qui en subira des bien vertes et des pas mûres. En fait, il n'a même pas besoin de se montrer pour faire sentir sa présence: la mise en scène, très bien maîtrisée, instaure un climat de tension permanent et énigmatique qui laissera le spectateur à la fois angoissé et dubitatif, voire même complètement paumé, mais ce dernier ressenti serait plutôt dû au scénario, très complexe et particulier.

Le scénario relate ici les péripéties d'un étudient nommé Benjamin Dobbs, hanté par d'étranges rêves depuis un certain temps et qui, lorsqu'il s'adresse à des personnes plus spécialisées en oniromancie, se rend compte qu'il ne peut pas se souvenir de ses rêves d'enfance. Il ne se souvient que d'un ballon rouge... Hélas, il se rendra bien vite compte qu'à l'heure actuelle, il ne peut plus contrôler ses rêves et qu'il est manipulé par le monstre de ses pires cauchemars, aux pouvoirs démesurés et munie de la ferme intention de briser la frontière entre le rêve et la réalité. Tout cela est bien énigmatique me direz-vous, et assez tarabiscoté. Croyez-moi, une telle déclaration au sujet de l'histoire de Beyond dream's door serait un euphémisme ! Car quand je vous dis que vous ne saurez jamais quand notre protagoniste rêve ou pas, vous ne saurez vraiment JAMAIS si Benjamin est en train de dormir, ou si la créature est enfin parvenue à traverser la porte qui sépare le monde des rêves de celui de la réalité. Le suspense est en effet permanent et le scénario regorge d'élément tous aussi inégmatiques les uns que les autres: Pourquoi le héros principal ne se souvient pas de ses premiers rêves ? Quel est le secret du ballon rouge ? Qui est ce vieil homme au crochet ? Pourquoi l'entourage du héros est-il affecté par ses rêves, même en son absence ? Etc... Vous l'aurez compris, ce film est au niveau scénaristique un véritable "mindfuck". Et pourtant, ici, ça marche. Malgré quelques longueurs, le mystère permanent nous tient en haleine jusqu'au bout, les éléments mystérieux, qui en temps normal agaceraient et ne tendraient qu'à rendre le film plus incompréhensible, y trouve aisément leur place et (heureusement) tout n'est pas expliqué lors des révélations finales ! Dieu merci ! J'ai toujours détesté les films dont le final nous bombardait d'explications ne laissant pas l'occasion au spectateur de réfléchir un peu ou de faire appel à son imagination...

Au final, pouvons-nous dire que Beyond dream's door est un film irréprochable ou, plus simplement, un métrage qui plaira à tous ? Point du tout. Trop amateur, trop cheap, trop "indépendant", peut-être, mais également trop peu accessible: beaucoup de spectacteurs n'adhéreront pas aux choix "artistiques" du réalisateur ou au côté "film à petit budget" malgré la qualité de la mise en scène et du scénario qui, admettons-le, en perdra certainement plus d'un tout en embarassant les autres... Toujours est-il que ce métrage de Jay Woelfel est, à mon sens, une perle sous-estimée: pas de Vf, ni de sortie en Europe ! Fort heureusement, cette carence est compensée par la sortie récente d'un dvd en région libre. Croyez-moi, ça vaut vraiment la peine de l'acheter:en plus de proposer un film qui réussit l'exploit de demeurer aujourd'hui unique, il se présente particulièrement complet et riche en bonus ! Les bonus en question s'avèrent même loin d'être limités puisqu'on y retrouve des scènes coupées, un making-of, des interviews et même des versions alternatives du film (dont sa version court-métrage qui vaut aussi bien le coup d'oeil) ! En conclusion, vous l'aurez compris, Beyond dream's door est un film qui, malgré son évident manque de moyens, se montre tout à fait correct, voire même, pour les personnes de goût, meilleur que ce que le cinéma d'épouvant peut nous proposer aujourd'hui (mention spéciale à la consternante série des Paranormal activityvet remakes inutiles de classiques d'épouvante). Le fait que ce film soit encore coincé en outre-atlantique et si peu connu en Europe demeure des plus incompréhensibles. Il ne reste plus qu'à prier pour une VF (voire une vostfr) et une sortie en zone 2... Mais je pense que nous sommes en train de rêver ! On appelle uncut movies et on leur dit qu'on a un vrai bon film à proposer ?

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