Bambi: La Vengeance – Critique
Pas un chef-d’œuvre, loin de là, mais un film plus regardable que prévu, surtout si l’on arrive avec des attentes modestes.
Avec la fin progressive des droits d’auteur sur de nombreuses figures emblématiques de la culture populaire (Popeye, Peter Pan, Winnie l’ourson…), le cinéma d’horreur s’est engouffré dans une brèche opportuniste : recycler ces personnages familiers dans des relectures sanglantes, souvent fauchées, parfois inspirées. Bambi: La Vengeance (Bambi: The Reckoning) s’inscrit pleinement dans cette mouvance, au sein du désormais bien nommé Twisted Childhood Universe, lequel s’étend à une vitesse impressionnante. Remercions donc Arcadès Editions de prendre le risque de sortir cette oeuvre en DVD/Blu-Ray chez nous.

Ici, inutile de chercher le moindre lien avec le Bambi originel puisque le film n’en conserve que le nom, clairement utilisé comme argument d’appel. Le célèbre faon est devenu un cerf mutant, rendu sanguinaire après avoir ingéré des produits chimiques toxiques, et s’en prend aux rares habitants d’un coin forestier paumé.
Le scénario se résume donc à cela, sans détour ni surprise : une bête furieuse traque et massacre des humains. Un postulat volontairement minimaliste qui finit par montrer ses limites, tant la mécanique narrative tourne en rond et peine à se renouveler, ainsi qu'à conserver un intérêt conservant.

La réalisation, sans être brillante, fait le travail. Dan Allen applique consciencieusement les codes du survival animalier à base de hurlements, courses-poursuites en forêt, attaques brutales et de généreuses éclaboussures d’hémoglobine. Les effets spéciaux sont globalement corrects, même si le numérique se montre parfois un peu trop voyant et franchement ringard par moments.
Rien de rédhibitoire toutefois, surtout comparé à d'autres productions horrifiques du même acabit, mais nettement plus laborieuses.

Le principal problème du film tient à son manque d’audace. Bambi: La Vengeance se prend très au sérieux, alors que son concept aurait sans doute gagné à assumer davantage une forme de déviance ou d’humour noir. Les personnages sont pour la plupart transparents, voire ennuyeux, au point que leurs morts ne procurent qu’un plaisir limité.
Quelques scènes sortent néanmoins du lot, notamment celles impliquant un trio de chasseurs volontairement grotesques, ainsi qu’un passage particulièrement savoureux avec des lapins, qui suggèrent une direction plus absurde que le film n’ose jamais pleinement emprunter.

T'as la ref ?
Le rythme, enfin, se révèle inégal. Après une introduction plutôt efficace (malgré une courte séquence animée d’une laideur discutable) le film alterne moments de tension corrects et temps morts trop fréquents, qui finissent par étirer inutilement la durée. À force de répétition, l’ensemble lasse, et le temps commence à paraître long, malgré des attaques correctement mises en scène.
Bambi, pourtant, fonctionne bien lorsqu’il est à l’écran : massif, coriace, et suffisamment menaçant pour assurer quelques frissons et jumpscares.

Sans surprise, Bambi: La Vengeance ne révolutionne rien. Une série B honnête, au scénario ultra basique, qui remplit son contrat sans éclat avec, au menu, quelques scènes gore efficaces, une réalisation correcte, mais trop de prudence et pas assez d’originalité pour marquer durablement.
Pas un chef-d’œuvre, loin de là, mais un film plus regardable que prévu, surtout si l’on arrive avec des attentes modestes, ce qui, dans ce sous-genre précis, reste sans doute la meilleure posture.



























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