Voir la fiche complète du film : Infectés (Àlex Pastor, David Pastor - 2009)

Infectés – Critique

Infectés
Un film sans surprise qui aurait mérité une meilleure exploitation de son sujet.
Publié le 6 Mars 2014 par AqME · Voir la fiche de Infectés
Imaginer une fin du monde, c'est à la portée de tout le monde. Et d'ailleurs, dans le cinéma actuel, on en voit de toutes les sortes. Entre les comètes, les volcans, les tornades, les maladies, les invasions extraterrestres... on peut dire que le cinéma fantastique se lâche et trouve tout et surtout n'importe quoi pour faire peur aux spectateurs. Bien souvent ce genre de film est la proie à des effets spéciaux grandiloquents et des acteurs peu investis, comme le navet de Roland Emmerich 2012. Mais parfois, grâce à Asylum ou Syfy, on a de magnifiques nanars avec des acteurs inconnus et des effets spéciaux datant d'avant-guerre. La volonté des frères Proyas était de faire un film intimiste sur une fin du monde. Suivre peu de personnages au travers d'un monde dévasté et d'une paranoïa grandissante. Alors qu'est-ce que ça vaut tout ça ? La vision plutôt intimiste d'une fin du monde est-elle intéressante ? Vous prendrez bien une dose de ce virus non ?

Le scénario part d'un pitch très simple. Un virus mortel, extrêmement transmissible, tue en quelques jours les infectés. La seule contre-attaque contre ce virus, c'est l'eau de javel, et se protéger efficacement en présence d'infectés, car après une trop longue exposition, il peut devenir transmissible par l'air. On va donc suivre quatre jeunes gens qui souhaitent aller vers la mer de leur jeunesse où un vieil hôtel désaffecté semble libre et pourrait être un asile de tout repos. L'histoire va donc se concentrer essentiellement sur ces quatre personnages et sur leur road trip à travers une partie des Etats-Unis. En fait, les frères réalisateurs ne voulaient pas faire un film fantastique épidémique et souhaitaient faire un film plutôt intime, calme qui flirte avec le drame et où les interactions entre les personnages au fur et à mesure de l'évolution de l'histoire évoluent. Ce qui peut être louable de prime abord devient en fait assez ennuyeux et pénible à suivre, car l'action n'est que peu présente et les personnages se révèlent être peu intéressants. Alors c'est vrai que la dualité entre les deux frères est sympathique, c'est vrai que l'on ne sait pas grand-chose sur la copine du frère qui essaye d'appeler partout où ils passent, mais tout cela reste assez superficiel et pas très accrocheur.

Ce manque de background est d'autant plus préjudiciable quand la réalisation est parfaite et que certains plans grillent la rétine comme lors de la partie de golf. D'ailleurs, en parlant de golf, il y a tout de même de grosses incohérences dans le scénario. Les jeunes gens veulent vite se barrer, et ils s'arrêtent une journée entière pour faire un golf ? Cela n'est pas crédible et plombe la vraisemblance du film. Alors ce la permet aussi d'introduire une séquence assez stressante et de montrer une situation pénible, mais pourquoi s'arrêter à un golf alors que l'on a de la route à faire ? Tout comme lorsque le gars tire sur un panneau pendant une panne au lieu de garder ses munitions pour une éventuelle attaque. Bref, tout cela semble assez peu crédible et on a l'impression de voir des débiles plutôt que des gens raisonnés. Ah, et dernière chose, ils arrivent dans un hôpital pile au moment où un médecin décide de tuer toutes les personnes infectés en leur faisant boire du potassium. Où la fille qui tousse au mauvais moment. Enfin, beaucoup de choses ne se passent pas naturellement et achève en quelque sorte le film.


C'est la fin du monde alors je bronze et tu tires. C'est cool...

Au niveau des acteurs, on retrouve quelques têtes connus dont le nouveau beau gosse d'Hollywood malgré sa tête trop grosse, Chris Pine. Décrochant par la suite les premiers rôles dans des blockbusters films mainstream comme Star Trek, Unstoppable ou encore Target, il incarne ici le chef de la bande. Il réussi à ne pas briller par son intelligence, ce qui est assez fort et il campe vraiment bien le débile de service, qui préfère profiter de la vie plutôt que de se morfondre ou trouver une solution. Le seul problème, c'est qu'à force, il en devient insupportable et on très vite le détester. De l'autre côté, il y a Lou Taylor Pucci, qui joue le petit frère de Chris Pine et qui est l'intellectuel du groupe, étant donné qu'il devait aller à Yale. L'acteur tient bien son rôle, et il demeure attendrissant.

D'ailleurs la tournure que cela prend avec son frère demeure à la tragique et prévisible. Côté féminin, on a Piper Perabo qui joue la copine de Chris Pine (tout tourne autour de lui), et qui reste discrète et pas forcément sympathique. On se moque un peu de son rôle et de sa situation, ce qui en fait un personnage lambda pour lequel on ne ressent rien ce qui est bien dommage. Par contre, Emily VanCamp, en plus d'être très jolie, demeure l'atout fille du film, car elle tient le rôle le plus mystérieux. En effet, on ne sait pas d'où elle vient, ni comment le petit frère l'a récupérée, mais c'est surement elle qui est la plus pragmatique et la moins affectée par tout ce qui arrive au reste du groupe.

On ressent vraiment son détachement et elle demeure énigmatique jusqu'au bout du film. Les seconds rôles sont sympathiques, avec notamment le père et sa petite fille infectée, qui sont très touchants et dont le sort reste, comment dire, nihiliste. Niveau effet spéciaux, il n'y a pas grand-chose à se mettre sous la dent, à part quelques bons maquillages, et deux passages un peu stressant, comme le mec à moitié mort dans la bagnole qui se réveille ou encore les mecs qui investissent le club de golf et qui veulent garder les filles pour s'amuser. Le film n'est pas un film d'épouvante, même si certains passages sont éprouvants, mais le genre de ce film reste indéfini. D'ailleurs, c'est un peu le problème du métrage qui propose quelque chose de simple, d'intimiste, mais dont on ne sait que penser. C'est assez déroutant.

Au final, Infectés n'est pas un mauvais film, mais il reste un film moyen voir dispensable car il n'affiche pas les bonnes ambitions. Si l'idée de suivre seulement quatre personnes à la fin du monde demeure intéressante, le film ne laisse aucune surprise et préfère exploiter le côté dramatique de la chose tout en ne présentant que très peu de réflexion sur notre côté pragmatique en cas de crise et d'infection. Bref, un film mi-figue mi-raisin qui aurait mérité une meilleure exploitation malgré la très bonne réalisation.

AqME
À propos de l’auteur : AqME

Autres critiques

Gingerdead man 2

Gingerdead man 2

Le premier Gingerdead Man était un film au postulat de base amusant et prometteur, mais gâché par un manque de moyens et d'ambition assez flagrant. Pour cette suite, on pouvait donc espérer que le budget serait revu à la hausse, afin de proposer un produit un peu plus fun et audacieux. Le résultat final indique clairement que la volonté y était, mais malheureusement, une somme d'...
Antarctic Journal

Antarctic Journal

Le cinéma asiatique des années 2000 s’est particulièrement distingué en occident par ses récits d’épouvante et autres histoires horrifiques. S’il est inutile de citer les références inhérentes à ce courant, on peut toutefois évoquer la qualité des atmosphères dépeintes; tour à tour glauques, malsaines et oppressantes. En règle générale, ce type de productions s’appuie sur...
Les Dents de la Nuit

Les Dents de la Nuit

Attention, ceci est un avertissement : Amoureux de l'humour fin et du bon goût, vous pouvez d'ors et déjà passer votre chemin. En effet, vous ne trouverez dans cette comédie vampirique que des blagues lourdes, des jeux de mots vaseux et une quantité énorme de phrases à connotation sexuelle. Pour vous le prouver, voici quelques exemples : - Une personne demande à un dentiste comment il...
La Nuit du Loup-Garou

La Nuit du Loup-Garou

**Attention, cette critique contient des spoilers.** Né du viol d'une servante par un prisonnier dément, un orphelin est condamné par une terrible malédiction. Après s'être attaquée avec succès aux relectures de Dracula et Frankenstein , la Hammer se lance, au début des années 60, dans de nouveaux projets. Après les mythes de La Momie (1959) et de Jekyll et Hyde (1959), le célèbre studio...
Good Omens

Good Omens

Pour un roman, comme pour un film, s’atteler à un sujet aussi codifié et surexploité que l’Apocalypse relève de la gageure. Entre certaines occurrences indissociables du thème et la multitude de manières de présenter cette « fin du monde » annoncée, il est difficile de trouver le bon angle d’approche. Au début des années 1990, Neil Gaiman et Terry Pratchett...