Voir la fiche complète du film : Halloween 2 (Rob Zombie - 2009)

Halloween 2

Un Halloween entièrement différent de ce qu'on a vu jusqu'à présent...
Publié le 29 Mars 2010 par GeoffreyVoir la fiche de Halloween 2
6
Halloween Hôpital Rêve et Cauchemar

En 2007, Rob Zombie nous avait proposé sa vision du grand classique de John Carpenter, Halloween: La nuit des masques. L'exercice n'avait rien de facile puisque le film de Big John est un classique pour une grande majorité des amateurs de films d'horreur. Pourtant, le "jeune" réalisateur qui n'avait alors que deux longs métrages à son actif s'en était sorti avec les honneurs. Si tout le monde ou presque était d'accord pour dire que la seconde moitié du film n'était qu'un banal slasher bien emballé, toute la première partie avait suscité l'enthousiasme grâce aux révélations sur les origines du célèbre Michael Myers. L'ambiance poisseuse et l'excellente interprétation du jeune Daeg Faerch avaient fait le reste. Bref, au final, ce remake s'avérait largement regardable malgré ses défauts.

Deux ans plus tard, il était donc logique que Zombie nous revienne avec cette suite très attendue des sanglantes aventures de Michael Myers.


Michael revient pour charcuter tout en finesse...

Deux années ont passé et, alors que Laurie Strode est toujours traumatisée par sa rencontre avec son grand frère, nous voilà revenus de nouveau à cette période maudite de l'année. Michael Myers, plus sauvage que jamais après avoir survécu au cœur de la nature, est donc de retour chez lui, à Haddonfield, avec la ferme intention de régler une bonne fois pour toutes les affaires familiales qui avaient été laissées en suspens...


Cette dame n'a pas les yeux en face des trous...

Premier constat, le film sort chez nous directement en DVD, ce qui, au premier abord, n'est jamais bon signe, surtout pour un métrage flanqué du nom d'Halloween. Il faut dire que le film s'est largement planté au box-office Américain et qu'il s'est fait laminer par la plupart des critiques. Mais tout de même, quand on voit toutes les daubes qui se frayent un chemin jusqu'à nos salles de cinéma, on ne peut que s'étonner du sort réservé à cette séquelle.
Car il faut bien le dire, le film est loin d'être la purge annoncée et tant décriée. Son principal défaut est en fait de s'appeler Halloween 2. Pour être clair, le film de Rob Zombie, si on le considère comme les autres Halloween, mériterait un gros zéro pointé tant il s'éloigne des fondamentaux de la saga et ne respecte rien de ce qui avait été mis en place. Ce n'est pas forcément un tort quand on repense aux épisodes 5 et 6 (que Halloween H20 ignorait déjà superbement) mais avec des personnages qui s'appellent Myers, Loomis et Strode, on ne peut pas se permettre d'aller aussi loin dans les changements comme l'a fait Rob Zombie. Avoir sa vision, c'est bien. Tout balayer d'un revers de la main, c'est mal.

Certaines idées sont pourtant très bien trouvées et les personnages sont extrêmement crédibles. Beaucoup de critiques reprochent au film de nous présenter un Dr. Loomis devenu célèbre et obsédé par sa propre gloire. C'est pourtant l'évolution logique d'un être humain qui profite de sa notoriété pour se faire un maximum d'argent. Alors évidemment on est loin du gentil psychiatre incarné par Donald Pleasance mais au vu de la volonté de Rob Zombie d'ancrer son film dans la réalité, on ne peut que constater que le Dr. Loomis est un être humain comme les autres, pas un super-héros.
Même constat pour Laurie Strode. La jeune fille est devenue alcoolique, torturée par ses cauchemars et obsédée par la "dark attitude". Mais honnêtement, comment pourrait-on imaginer qu'elle tourne autrement? La pauvre a quand même vu sa famille et ses amis se faire massacrer brutalement sous ses yeux. Son évolution à elle aussi est donc logique, même si elle s'éloigne des standards habituels du slasher.
Le shériff incarné par le toujours excellent Brad Dourif est également très crédible dans ses réactions d'angoisse face à un possible retour du Serial Killer.


Et pendant ce temps, Loomis fait le guignol à la TV...

Par contre, appliquer le même traîtement à Michael Myers est une erreur monumentale. Le Boogeyman au masque blanc n'est PAS un être humain ordinaire, et le démystifier totalement ne convient pas au personnage. Tout ce qui faisait la force de Myers dans les films précédents c'était justement ce coté mystérieux, maléfique, il incarnait le tueur implacable dans sa forme absolue. Ici on nous le montre errant comme un clochard en peine, et en proie à des visions oniriques du plus mauvais effet. L'idée qu'il soit guidé par la volonté de sa mère à la manière d'un Jason n'est pas mauvaise en soi, mais nous présenter cela sous la forme d'une déesse blanche à cheval relève de l'erreur de gout. Tout comme nous montrer (longuement) Michael sans son masque. Pourrait-on imaginer Freddy sans son pull rayé et son chapeau? Ou Pinehead sans ses pics sur la tête? Il va de soi que non. Vouloir ancrer Halloween 2 dans la réalité, pourquoi pas, mais vouloir absolument faire de Michael Myers un simple être humain dérangé, là non. C'est la grosse erreur qu'a commise Rob Zombie dans cette séquelle.

C'est d'autant plus dommage que le film partait bien, avec un premier quart d'heure de toute beauté dans l'hôpital. La réalisation de Rob Zombie est très bonne et stylée, comme à son habitude, et les images sont belles. Mais la forme ne peut cacher totalement les errements du fond. Les meurtres sont heureusement bien brutaux et sanglants.

Un autre point noir du film est le remplacement de Daeg Faerch pour incarner le Michael enfant. Chase Wright Vanek n'est pas vraiment mauvais, mais il est incapable de rivaliser avec son prédecesseur dans le rôle du jeune assassin. On ne peut que regretter (une fois de plus) la décision de Rob Zombie, lequel a jugé Daeg Faerch "trop vieux" pour le rôle.


Un bref face-à-face intéressant dans sa mise en abîme

Malgré tout, Halloween 2 n'est pas un mauvais film. Il est très bon dans sa forme et sa plastique est de toute beauté. C'est juste un "mauvais" Halloween. Car à part les noms et le masque du tueur (et encore), rien ne le rattache aux autres films de la franchise. A voir tout de même, mais en sachant pertinemment que l'on va assister à un slasher brutal, réaliste et à mille lieues des autres exactions de Michael Myers. Après ce sera à vous de voir si vous adhérez à la vision de Rob Zombie ou pas. Il se peut que vous trouviez excellent le travail qu'a effectué le réalisateur sur le personnage de Michael Myers mais personnellement, cela n'a pas été le cas...

A propos de l'auteur : Geoffrey
Portrait de Geoffrey

Comme d'autres (notamment Max et Dante_1984), je venais régulièrement sur Horreur.net en tant que lecteur, et après avoir envoyé quelques critiques à Laurent, le webmaster, j'ai pu intégrer le staff début 2006. Depuis, mes fonctions ont peu à peu pris de l'ampleur.

Autres critiques

Revolution
Le sous-genre du post-apocalyptique se porte très bien dans le monde du cinéma et de la télévision. Qu’il s’agisse de zombies, d’extraterrestres, de catastrophes plus ou moins naturelles, de guerres, la planète bleue subit toutes sortes d’exactions pour notre simple divertissement. Le résultat ? Une pléthore de produits d’un niveau qualitatif correct (si l’on excepte SyFy et Asylum) qui promet...
Total Recall : Mémoires Programmées
Le cinéma américain actuel est malade. C'est un fait, et il suffit de regarder les quelques sorties en salles pour s'en rendre compte. Bien souvent, ce sont les grands réalisateurs qui sortent de bons films, et encore, et parfois, il faut regarder dans les sorties en DVD pour voir quelques pépites du pays outre-Atlantique. Mais quels sont les symptômes de cette anémie cinématographique ? Le...
Feast
Le gore et le fun, ce sont deux choses qui vont bien ensemble, et un grand nombre de réalisateurs l'ont bien compris. Évidemment, il ne faut pas non plus que cela devienne trop lourdingue au risque de devenir n'importe quoi et de finir dans les oubliettes, sauf pour les amateurs de bizarreries et autres malades mentaux. Après avoir fait un petit tour avec Dogma , film qui a connu son...
Paranormal Activity
Un jeune couple qui vient d'emménager ensemble récemment devient la proie de phénomènes inexpliqués de plus en plus répétés et inquiétants. Le thème de la maison hantée ne faisait plus énormément parler de lui depuis l'avènement des effets numériques et la multiplication des slashers. Néanmoins, depuis Cannibal Holocaust et Le Projet Blair Witch , la preuve en est qu'avec un budget inexistant...
L'homme au masque de cire
Pour des raisons de qualité et d’opportunisme, on a tendance à rejeter les remakes, basses initiatives mercantiles peu inspirées. Pourtant, le procédé a pour volonté de proposer un regard différent sur une histoire particulière, en y apportant quelques ajustements pour la «moderniser». Les véritables réussites, celles où le remake est supérieur à son modèle, sont rares, mais...