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Fanatique – Critique

Fanatique
Sept étudiants séjournent un week-end sur une petite île afin d'y étudier la faune locale. Fanatique présente le mérite d'essayer de modifier un peu les règles du slasher.
Publié le 4 Février 2012 par GORE MANIAC · Voir la fiche de Fanatique

**Attention, cette critique contient de nombreux spoilers.**

Sept étudiants séjournent un week-end sur une petite île afin d'y étudier la faune locale. Ils sont accueillis sur place par leurs hôtes, un couple de cinéphiles sympathique mais quelque peu insolite.

Le slasher, sous-genre horrifique rendu célèbre dès la fin des années 70, avec le succès des franchises Halloween et Vendredi 13, fait depuis partie des exercices de style favoris outre-Atlantique.
Toutefois, la multiplication de produits souvent répétitifs et bâclés n'a pas épargné le slasher. Dès lors, depuis l'avènement de la saga Scream (1996), celui-ci tente tant bien que mal de se renouveler.

Fanatique y ajoute ainsi une pincée de suspense et une forte dose de cinéphilie dans ce huis clos insulaire.
Le cinéaste s'amuse tout d'abord à réjouir les fans du genre en accumulant les références au Septième Art. Des noms des personnages (Mary Shelley, le Shérif Stoker, Vincent King) aux meurtres mis en scène, évoquant tour à tour les Oiseaux, Ring et autres Massacre à la Tronçonneuse, le scénario transpire le cinéma de genre.
Les exemples les plus marquants sont la rencontre entre les étudiants sur le bâteau, et celle qui précède, durant laquelle le réalisateur Matt Flynn réunit deux figures de la série des Rocky : Burt Young et Tony Burton.

Le reste du casting est plus télévisuel, avec un habitué des soaps (Sean Kanan), Danica McKellar (Les Années Coup de Coeur), Juliet Landau (la vampire névrosée de Buffy contre les Vampires) et Lochlyn Munro (Charmed). Même Kane Hodder (souvent derrière le masque de Jason Voorhees) y va de son apparition en début de métrage.

Il est difficile de cataloguer Fanatique, qui force parfois le trait.
Ainsi, les clichés sont légions concernant les caractères des personnages. Du gay efféminé à l'extrême à la bimbo latina, en passant par le sportif écervelé et la blonde vulgaire, les futures victimes présentent tous les poncifs possibles. Matt Flynn semble surtout vouloir en jouer, sans tomber dans la grosse farce parodique façon Scary Movie.

En effet, ces personnages servent surtout de matière à des meurtres rendant hommage au grandes heures du cinéma d'horreur. Ce second degré donne un peu d'ampleur au projet, tout comme le lieu des massacres. Cette île, isolée de tout, permet également bien des délires scénaristiques, en apportant une tension psychologique salvatrice à l'oeuvre.

Ce supplément n'est d'ailleurs pas superflu, tant les dialogues sont insipides. Les scènes sur la plage, associant blagues vaseuses, drogues et paris dénudés, en sont l'illustration parfaite.
Dès lors, il n'est pas étonnant qu'on ne se plaigne guère du sort réservé à la plupart des héros. Le gore n'y est pas très foisonnant, surtout lorsque les tueurs cinéastes dévoilent leur ambition : tourner un snuff movie.

Le couple meurtrier est l'atout charme du métrage. Leur passion commune pour le cinéma et l'hémoglobine donnent à Mary et Vincent une folie macabre fort appréciable. L'épilogue présente enfin son lot de rebondissements nécessaire.
On y apprend que la jeune Emily, intello binoclarde, est en réalité la co-réalisatrice du snuff. Son aventure avec son oncle Vincent apporte un peu d'originalité graveleuse au film, tout comme le fait que, pour une fois, l'innocente victime s'avère être l'instigatrice de ce jeu de massacre à grande échelle, un peu comme dans Urban Legend, avec l'adorable Rebecca Gayheart au coeur de pierre. L'occasion aussi pour Danica McKellar de briser l'image angélique qui lui colle à la peau depuis son rôle dans les Années Coup de Coeur.

Fracturer les codes hollywoodiens, telle pourrait être la devise de Fanatique. Cependant, ce long-métrage, malgré ces bonnes intentions, ne va pas clairement au bout de ses ambitions, à l'instar d'un final assez maladroit, baignant entre happy end traditionnel et possible nouvelle désillusion pour les survivants, sauvés en effet par l'adjoint du shérif, dernier co-réalisateur du morbide projet. Une fois de plus, le cinéaste nous laisse le choix, d'où un bilan mitigé.
Néanmoins, Fanatique présente le mérite d'essayer de modifier un peu les règles du slasher, et dispose d'un casting sympathique et d'un lieu de "tournage" dépaysant.

GORE MANIAC
À propos de l’auteur : GORE MANIAC

J'essaie de partager ma passion pour un cinéma méconnu, mais qui mérite incontestablement qu'on s'y arrête !

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