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Hôtel Transylvanie – Critique

Hôtel Transylvanie

Un film d'animation pour les grands et les petits où les monstres les plus connus du cinéma (et de la littérature) se donne rendez-vous chez Dracula. En dépit d'imperfections narratives et de son côté clinquant, Hôtel Transylvanie se révèle plaisant et divertissant.

Publié le 1 Mars 2013 par Dante_1984 · Voir la fiche de Hôtel Transylvanie

Pour les 118 ans de sa fille, le comte Dracula réunit ses amis à son château pour une grande fête. Tout semble se dérouler comme prévu jusqu'à l'irruption d'un globe-trotter un peu perdu. La venue de cet importun risque de compliquer la situation...

Après des productions assez plaisantes (Les rois de la glisse, Tempête de boulettes géantes...), mais loin de faire l'unanimité, les studios Sony redonnent vie aux monstres mythiques qui hantent notre culture avec Hôtel Transylvanie. Pour ce faire, ils mettent à la barre un novice en matière de réalisation : Genndy Tartakovsky (qui a officié sur la série Star Wars - La guerre des clones). On se retrouve en présence d'une sorte de rencontre fourre-tout où l'on peut croiser dans les couloirs lugubres du manoir de Dracula, des momies, Frankenstein, des armures hantées, Quasimodo, le yéti et bien d'autres spécimens uniques !


Tout de même mieux que le Formule 1 du coin.

Au lieu de nous pondre une énième déclinaison du mythe vampirique et consorts, les scénaristes ont voulu détourner les vraies fausses idées reçues sur les créatures de la nuit. Les ombres menaçantes, les visages emplis de colères, cèdent rapidement la place aux préoccupations d'un père attentionné (on parle de Dracula). C'est inattendu et surprenant. On ne cherche pas une quelconque fidélité, mais bel et bien une approche fantaisiste et hautement distrayante pour le plus grand nombre et, en particulier, les plus jeunes à même de découvrir ce bestiaire fantastique.

Fidèle, pas vraiment. Respectueux, oui. Hôtel Transylvanie n'est pas une parodie ou une comédie attardée qui prendrait le public pour plus bête qu'il ne l'ait. Certes, l'humour est présent et, même s'il ne fait pas toujours mouche, il n'est jamais lourd ou en manque d'idées pour donner un peu de piments aux situations. À ce titre, les passages fourmillent de références et autres clins d'oeil qui seront plus à même d'amuser les connaisseurs ou les amateurs du dimanche. Le yéti, les squelettes, la momie, l'homme invisible, le loup-garou et sa famille encombrante... Autant de personnages qui se rencontrent, se percutent dans un joyeux brouhaha.


It's alive ?

Si les prémices de l'histoire nous plongent dans un XIXe siècle gothique à souhait, l'intrigue se déroulera de nos jours. Cela permet de mettre en avant le décalage des époques et l'isolement du comte Dracula. La progression du récit s'en fait sentir et crédibilise la volonté de Mavis à découvrir le monde en dépit de l'avis de son père. Mais, chose moins avouable, cette idée « modernise » le film et le rend plus éclatants, plus attractifs aux yeux des plus petits. La Transylvanie n'est pas forcément connue pour ses fêtes colorées, ses raps improvisés ou ses danses endiablées. En cela, ce choix artistique est assez discutable.

Tout comme le fait de conférer aux personnages à l'apparence en partie humaine un aspect caoutchouteux. On s'y fait rapidement, mais cela accentue un côté surréaliste, tout comme les postures, les carrures et les mouvements désordonnés. Le parti pris cartoonesque est évident. Ce dynamisme se fait succéder les situations assez vite et sur un rythme soutenu qui permet de ne pas s'ennuyer une seule minute. A contrario, l'enchaînement des séquences ne se veut pas forcément très cohérente, voire brouillonne à certains moments. À noter, des angles de profils quasi constants pour le moins curieux jonchent le métrage et cadrent le film dans un espace restreint.


Bonbons, pattes de cafards, chocolats, vieux os...

Pourtant, l'évolution dans le manoir se révèle fluide et bien pensée. L'architecture gothique, l'agencement général, le mobilier et les décorations, tout est entrepris pour faire de ce lieu l'hôtel du comte Dracula. Pas une seule pièce ne se ressemble. Entre les catacombes, le hall, le cimetière, les toits, les chambres ou même les couloirs, la variété est au rendez-vous. Pour un endroit unique (et néanmoins imposant), il s'agit d'un bel exploit que de multiplier la diversité à ce niveau.

Quant à l'histoire, elle demeure assez banale avec ses bonnes idées et ses maladresses. Conjuguer les talents monstrueux permet d'aborder le thème de la différence, du partage et des richesses que tout un chacun possède. Toutefois, ce sujet est traité avec une naïveté confondante. Ce n'est pas flagrant au premier abord, mais le dénouement hautement spéculatif sur la nature humaine (« Tout le monde, il est beau. Tout le monde, il est gentil. ») ne colle pas avec l'atmosphère générale en dépit de la bonne humeur ambiante. La tolérance et l'ouverture d'esprit sont au coeur du récit, mais sont développés sans la volonté de bousculer les mentalités (ce qui était pourtant en partie effectuée en inversant les rôles : les humains sont méchants).


Gentil toutou.

Bref, Hôtel Transylvanie est un sympathique film d'animation destiné avant tout à un public familial. Avec ses personnages hauts en couleur, ses situations assez cocasses et un rythme trépidant, le premier métrage de Genndy Tartakovsky réussit à contenter les foules. L'idée de se faire rencontrer les plus grands mythes horrifiques de la planète est excellente (mais pas nouvelle). On regrettera toutefois qu'il n'ait pas fait preuve de plus de risques quant au sujet principal. Notamment, une conclusion gentillette et naïve qui ne froissera pas les parents et les clichés hollywoodiens. En dehors de cela, un moment des plus distrayants.

Dante_1984
À propos de l’auteur : Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches.

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