Karmadonna

Critiques Spectateurs de Karmadonna

Réalisé par Aleksandar Radivojevic, sorti en 2025.

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★★★★★☆☆☆☆☆
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Portrait de GeoffreyGeoffrey
America's Most Wanted - 396 critiques
publié le 16/06/2026 - 13:24
5
 

Avis paresseux

Karmadonna fait partie des rares films du BIFFF pour lesquels je n’ai tout simplement pas réussi à entrer dans la proposition. Je reconnais volontiers l’audace du projet et son originalité, mais cela n’a malheureusement pas suffi à emporter mon adhésion.

Pourtant, le point de départ avait de quoi intriguer. L’idée d’une femme enceinte recevant les ordres d’une divinité qui aurait perdu foi en l’humanité est particulièrement séduisante, d’autant que le film choisit d’incarner cette figure divine à travers Bouddha. Cette vision d’un dieu écœuré par ce que les êtres humains ont fait du monde ouvrait la porte à de nombreuses réflexions intéressantes sur la société contemporaine.

Le problème est que le film ne se contente pas de porter un discours critique sur les multinationales, la société de consommation ou les réseaux sociaux : il le martèle continuellement. Les intentions sont louables et les thèmes abordés me semblent pertinents, mais la subtilité n’est clairement pas la qualité principale de l’œuvre. Chaque idée est répétée, soulignée puis surlignée, au point de donner parfois l’impression d’assister à une démonstration plus qu’à un récit. À force d’insister, le film finit par perdre une partie de son impact.

Cette sensation est renforcée par un rythme que j’ai trouvé particulièrement laborieux. Le récit m’a semblé s’étirer inutilement et aurait gagné, selon moi, à être resserré d’une quinzaine de minutes. Plusieurs séquences donnent l’impression de prolonger des idées déjà exprimées plutôt que de faire progresser l’histoire ou les personnages.

C’est d’autant plus frustrant que j’ai trouvé la première moitié nettement plus intéressante que la seconde. Le début installe efficacement son univers et ses enjeux, mais le film finit progressivement par partir dans des directions qui m’ont paru de plus en plus excessives. À mesure que l’intrigue avance, j’ai eu le sentiment que la surenchère prenait le pas sur la cohérence.

Cette impression atteint son paroxysme lors du final. La scène où le principal antagoniste s’en prend au fils de Bouddha de manière particulièrement graphique m’a semblé davantage relever de la provocation gratuite que d’une nécessité dramatique. L’outrance de la séquence m’a sorti du film plutôt qu’elle ne m’a choqué ou bouleversé, alors qu’elle semble clairement conçue pour constituer son point culminant.

Karmadonna est un film que j’ai franchement détesté, même si je reconnais sans difficulté son ambition et sa singularité. Je préfère toujours voir un film tenter quelque chose d’unique plutôt que reproduire des formules convenues, mais dans ce cas précis, l’exécution m’a paru trop lourde, trop démonstrative et trop déséquilibrée pour que la proposition fonctionne à mes yeux. Une œuvre audacieuse, certes, mais dont je suis resté complètement à l’extérieur.