Les meilleures adaptations de Stephen King

Du brillant Shining de Stanley Kubrick à la nouvelle mouture de Ca par Andrés Muschietti en passant par des séries télévisées comme The Mist ou 22.11.63, les adaptations de Stephen King sont légion. Petit florilège non exhaustif des meilleures adaptations des histoires du maître de l'horreur !

Christine (1983)

Arnie, un adolescent timide fait l’acquisition d’une Plymouth modèle 1957 qu’il baptise Christine. Mais cette dernière n’aime pas les rivales… Né de la rencontre entre deux grandes figures de l’épouvante que sont John Carpenter et Stephen King, Christine nous plonge dans un film fantastique mâtiné de teenage-movie à la sauce seventies. Carpenter évacue la partie horrifique du roman (l’ancien propriétaire revient en cadavre zombifié pour hanter le héros) et préfère se focaliser son film sur le malaise adolescent et les premiers émois sexuels de son héros, avec notamment le trio composé d’Arnie, de son copain Dennis et de la jolie Leigh. Portée par une musique magistrale et des scènes mythiques (la « résurrection » de la voiture), Christine est une perle des années 1980.

 

Cujo (1983)

Alors qu’elle apporte sa voiture au garage, Donna et son fils se font attaquer par un Saint-Bernard d’ordinaire très gentil. Mais le chien, mordu par une chauve-souris enragée, s’attaque à la voiture et terrorise ses occupants. S’il n’est pas le livre le plus indispensable de la biographie de King, Cujo a lui aussi droit à son adaptation sur grand écran en 1983. L’occasion pour le réalisateur Lewis Teague (Cat's Eye, écrit par Stephen King) de brosser comme dans l’œuvre d’origine une galerie de personnages issus de l’Amérique profonde avant de s’attaquer au cœur du film : un huis-clos particulièrement éprouvant dans une voiture. Série B sans prétention, Cujo réussit à faire peur et c’est déjà pas mal !

 

Simetierre (1989)

Souvent déçu par les adaptations de ses romans (le Shining de Kubrick en tête), Stephen King décide de prendre les choses en main et d’écrire en 1989 lui-même le scénario de Simetierre paru quelques années plus tôt. Paramount, qui produit le film, décide de confier la réalisation à la novice Mary Lambert. Véritable moment de terreur et de macabre, Simetierre raconte l’arrivée d’un couple et de leurs deux enfants dans une petite ville américaine, le long d’une route très empruntée. A côté, un cimetière pour animaux et un cimetière indiens. Lorsque leur chat meurt écrasé, le père, sur les conseils de leur voisin, l’y enterre. Le matou revient alors à la vie... Considérée à juste titre comme l’une des meilleures adaptations du King, grâce à des scènes aussi mythiques que terrifiantes (Zelda, le talon d’Achille…), Simetierre est une descente en enfer dont on ne ressort pas indemne…

 

Dead Zone (1983)

David Cronenberg s’était déjà fait un nom auprès des amateurs de fantastique avec Chromosome 3, Scanners et surtout Vidéodrome. Pour son septième film, le réalisateur canadien poursuit avec Dead Zone ses obsessions (mutations biologiques, enchevêtrement entre réalité et fiction…) dans le cadre d’un film plus grand public. Publié en 1979, Dead Zone devint le premier ouvrage de Stephen King à prendre la tête des ventes aux USA. Produit par le nabab italien Dino de Laurentiis, le film suit un homme qui, à la suite d’un accident de voiture et d’un long coma, se découvre le don de prédire l’avenir ou voir le passé en touchant en personne. Si Stephen King souhaitait voir Bill Murray dans le rôle de John Smith, c’est finalement Christopher Walken qui hérita du rôle et livre au passage l’une de ses meilleures interprétations. Très fidèle au livre, Dead Zone est un film à l’atmosphère froide qui fait ressortir le climat tragique de l’histoire, entre enquête policière et introspection. Le livre fera l’objet d’une adaptation en série TV en 2002 avec Anthony Michael Hall dans le rôle-titre.

 

The Mist (2007)

Tiré du recueil éponyme (Brume en français), la nouvelle The Mist est adaptée en 2007. Déjà réalisateur de plusieurs adaptations de Stephen King (La Ligne verte, Les Evadés), Frank Darabont écrit lui-même le scénario du film. A la suite d’une violente tempête, un mystérieux brouillard s’abat sur un petit port du Maine. Un groupe de personnes se réfugie dans un supermarché et se voit attaquer par des créatures d’une autre dimension... Dans ce huis-clos dont l’intrigue et l’atmosphère doivent beaucoup à Lovecraft et Carpenter (The Fog en tête), il est aussi question de discours social, de critique du puritanisme et de l’individualisme. Jusqu’à un dénouement aussi tragique qu’inattendu. The Mist connaîtra une adaptation en série télévisée en 2017, annulée au bout de la première saison.

 

Misery (1990)

Trois ans après avoir adapté Stand by me, Rob Reiner décide d’adapter le roman Misery avec Kathy Bates et James Caan en 1990. Paul Sheldon, romancier à succès et créateur du personnage de Misery, vient de terminer le dernier volume de sa saga en faisant mourir son héroïne. Après un accident de voiture, Paul est recueilli par Annie Wilkes, une inconditionnelle de la belle Misery… Comme souvent, Stephen King s’est inspiré de son expérience, lui qui a toujours refusé de créer un fan-club officiel ou même de signer des autographes. On imagine donc facilement qu’il a dû affaire à des fans pas très éloignés du personnage d’Annie. Si le film prend quelques libertés avec le livre (certains passages de « sévices » ont été occultés), la tension qui va crescendo et l’incroyable interprétation de Kathy Bates (Oscar de la meilleure actrice pour son rôle) font de Misery un très grand film !

 

Réalisateur de Phantom of the Paradise et de Sœurs de sang quelques années plus tôt, Brian de Palma adapte en 1976 le premier roman de Stephen King paru deux ans auparavant. Constamment raillée par ses camarades d’écoles, une adolescente se découvre des dons de télékinésie. Lors du bal de fin d’année, une mauvaise blague fait basculer la soirée dans l’horreur… Avec 1,2 millions d’entrées en France et un Grand Prix au festival d’Avoriaz, Carrie aura traumatisé toute une génération de spectateurs. Mais il aura surtout réussi de nous dépeindre, via un film d’horreur, le monde et la solitude de l’adolescence : exclusion, découverte du sexe… mais aussi l’obscurantisme d’une mère aveuglée par la foi. Porté par une mise en scène très « de palmesque » (plan-séquences, double focale) et une Sissy Spacek, impeccable, Carrie est un pur bijou. Un conseil : évitez les suites, téléfilms et remakes qui suivront !

 

Soupçonnée du meurtre de son employeuse de longue date, Dolores Claiborne, une femme de ménage d’une soixantaine d’années nie toute responsabilité. Avec sa fille Selena, une journaliste dépressive, elle se remémore le jour où son ami est mort de façon accidentelle. Porté par un casting impeccable (Kathy Bates, Jennifer Jason Leigh, Christopher Plummer), le film de Taylor Hackford bouscule habilement la structure du roman de Stephen King. Là où le roman prenait la forme d’une longue confession, cette adaptation plus linéaire oscille brillamment entre thriller judiciaire et mélodrame, laissant place à de nombreux flash-backs dans le passé sordide de Dolores. Issu de la trilogie dite « féministe » comprenant également Jessie et Rose Madder dont il partage les thématiques (ainsi que le fameux épisode de l’éclipse), Dolores Claiborne est un excellent livre et une excellente adaptation.

 

Portrait de Laurent
Publié par Laurent le