BIFFF 2014 : Compte-rendu

32ème édition du "Brussels International Fantastic Film Festival", du 8 au 20 avril 2011

Aperçu général

Zombifff Day, Belgian Fantastic Day, Le Bal des Vampires, etc... Cette année, outre les habituelles manifestations, le festival nous a offert une alternative encourageante : Frontières, un marché de co-production internationale entre l'Amérique du Nord et l'Europe, axé sprécifiquement sur la production de films de genre (plus d'infos ici : www.frontieresmarket.com)

Aussi maousse et international soit-il, le BIFFF n'a pas oublié son pays d'origine. Une sélection "Mad in Belgium" toujours bien présente avec entre autres Afterman 3 de Rob Van Eyck et The Miracle of Life de Yves Sondermeier et Joel Rablins. Inconnus aujourd'hui mais peut-petre reconnus demain !

Ludo de Khourban Cassam-Chenaï, film franco-belge aussi présent cette année

Mon premier jour : cérémonie d'ouverture

Les vicissitudes de la vie professionnelle n'ont pas eu raison de moi. J'étais bien là, pied au plancher, avec les premières personnes vingt minutes avant l'ouverture des portes. Mes pieds foulant à peine le sol, je sentis déja l'odeur particulière du fantastique et de ses confrères. Les Beaux-Arts et ses dédales n'ont pas changés. Intriguant et toujours aussi tortueux, je pris rapidement mes marques. Enfin prêt à manger de la pellicule pour vous livrer à vous, fidèles aficionados d'Horreur.Net, un compte-rendu fidèle et inoubliable.

La Hammer ouvre le bal !

Après la première londonienne du 1er avril, la nouvelle production de la célèbre firme fait éclater les festivités. Un film d'épouvante tiré d'une histoire vraie mis en scène par le réalisateur du pas si mauvais Quarantine 2: Terminal. Mais comment un homme ayant mise en scène une telle suite et ayant écrit les scénarios de Ghost Ship et du remake de Rollerball pouvait-il s'attaquer à un genre aussi sérieux ? Malgré tout le mal que l'on peut penser de John Pogue, celui-ci à bien travaillé. Non seulement par rapport à son curriculum vitae mais aussi et tout simplement parce que la mise en scène, joliment rétro et minimaliste, reste toujours soignée . Mais malgré les efforts louables apportés au casting, aux dialogues et aux effets spéciaux parcimonieux, la sauce ne prend que très rarement. Faute à un scénario s'attardant trop sur le relationnel de deux personnages principaux et pas assez sur l'histoire (vraie ?) en elle-même. Une entrée en matière intéressante mais pas exceptionnelle.

 

Mon deuxième jour : La nuit fantastique

Je vais en décevoir plus d'un mais je ne suis pas un T-1000 ! Voilà pourquoi je n'ai su profiter que de deux films sur quatre. Mais pas n'importe lesquels !

Le genre français, rien à foot ?

Avec Goal of the Dead, la France n'est pas encore devenue championne du monde. Mais elle vient de gagner tous ces matchs amicaux et part favoris à 70% dans les matchs qualificatifs pour la prochaine coupe du monde. Le film de Benjamin La Horde Rocher et Thierry Atomik Circus Poiraud n'est certes pas parfait. Mais avoir réussi à monter un film pareil, c'est un exploit. Je suis donc près à passer outre certaines errances parsemants les deux parties pour dire avec certitude que Goal of the Dead mérite nos plus beaux applaudissements.

 

Bons baisers de Montréal

Retour en arrière. Si je n'avais pas fait l'effort il y a quelques années de fouiner les méandres obscures de la distribution des films indépendants, je n'aurais jamais découvert Bikini Girls on Ice. Bien qu'étant une sympathique et pure blague d'aficionados du genre, ce dernier n'avait réussi qu'à m'arracher que quelques sourires.

De cette suite, je n'attendais que très peu de choses. D'ailleurs, je ne sais toujours pas pourquoi je me suis laissé entraîner la-dedans. En début de projection, le couple de réalisateurs Geoff Klein/Mélissa Mira (et actrice), qui en prend d'ailleurs plein la tronche dans le film, mettent les points sur les "i". Pinup Dolls on Ice, c'est un slasher dans la pure tradition des eighties avec beaucoup de gore et encore plus de nichons (c'est pas moi, c'est eux qui le disent !).

Après que cette mignonne canadienne nous eûmes démontré ses talents de chanteuse en interprétant Everybody des Backstreet Boys, place au slasher ! Ils n'avaient pas mentis. Le film est bien un film d'horreur trés généreux ne se souciant guère des critiques. Mise en scène, photographie, casting... tout ou presque est vaiment au top. Au pire, je pourrais éventuellement regretter un certains manque de carisme du tueur et quelques passages gores vraiment tirés par les cheveux. A mon avis, Geoff Klein a pas mal dû se les arracher durant le tournage !

Rapidos

HAUNTER de Vincenzo Natali - Sélection officielle, avant-première belge

Doté d'un solide scénario, Haunter est un film d'épouvante réussi. Mais surtout très sombre et qui par moment fait penser à du Joe Dante en plus "dark".

WOLF CREEK 2 de Greg McLean - Sélection officielle, avant-première belge

Là ou le premier Wolf Creek prenait son temps et avait tout miser sur l'atmosphère, la suite prend son contre-pied presque total. Un survival d'action (très) gore qui garde les mêmes ingrédients mais qui change de recette.

 

Mon troisième jour : cérémonie de cloture

Do you know your enemy ?

Particularité du festival depuis sa venue aux Beaux-Arts, la possibilité du choix entre deux films pour la cérémonie de clôture. Bien sûr, les festivités ne sont pas les mêmes dans les deux salles. Mais plutôt que d'opter pour le légendaire grabuge de la clôture en compagnie de Jackie Chan et de son dernier Police Story, j'ai préféré tenter ma chance avec Jake Gyllenhaal en double exemplaire. Denis Villeneuve, c'est le canadien responsable du monumental Prisoners. Mais les plébiscitations de ce dernier ne furent pas les seules raisons qui me poussèrent à m'aventurer dans cette galère. Le mot peut paraître dur mais au delà d'un excellent acteur principal, d'une atmosphère pesante et poisseuse et d'une sublime photographie vintage, je reste perplexe. Non pas qu'Enemy soit mauvais mais je ne sais simplement pas quoi en penser. Le scénario est à l'image du film, intriguant et déroutant à la fois. Ne sachant pas moi-même si j'aime ou si je déteste, je pense sincèrement qu'il me faudra plusieurs visions pour véritablement l'apprécier à sa juste valeur.

Conclusion

Même si cette édition fut pour moi plus courte que les précédentes, le plaisir n'en étais pas moins toujours présent. Encore une fois, les organisateurs ont fait du très bon boulot tant au niveau de la logistique pure que de la sélection. Bien que certains aspects de Tour & Taxis me manquent toujours, je ne peux qu'être satisfait de cette 32ème édition. Mention spéciale au fait que le BIFFF n'oublient pas les courts-métrages, la production natale et surtout, la co-production internationale via  "Frontières" (voir plus haut).

Palmarès

Prix du public : Les Sorcières de Zugarramurdi de Alex de la Iglesia

Prix 7e Parallèle : LFO de Antonio Tublen

Une mention spéciale pour Wrong Cops de Quentin Dupieux

Prix Thriller : Monsoon Shootout de Amit Kumar

Méliès d’Argent : Let us Prey de Brian O’Malley

Une mention spéciale pour The Hour of the lynx de Soren Kragh-Jacobsen

Corbeau d’Argent : Rigor Mortis de Juno Mak

Corbeau d’Argent : Horror Stories 2 de Min Kyu-dong, Kim Sung-ho, Kim Hui & Jung Bum-shik

Corbeau d’Or : Les Sorcières de Zugarramurdi de Alex de la Iglesia

Une Mention Spéciale pour Control de Kenneth Bi

 

Plus d'infos : www.bifff.net/fr/