Docteur Justice (Christian-Jaque - 1975)

Docteur Justice
Docteur Justice
Réalisateur : Christian-Jaque
Votre note : Aucun(e)
8
Moyenne : 8 (1 vote)

Synopsis

Un bateau transportant 600 000 tonnes de pétrole est brusquement vidé de son contenu par une bande redoutable dirigée par le dangereux Max Orwall, lui-même opérant sous les ordres du mystérieux Régent, afin de fabriquer un sérum de stérilisation .

L'enquête de la police piétine lamentablement. A sa descente d'avion, Max liquide un de ses complices, devenu trop exigeant. Celui-ci meurt dans les bras du célèbre docteur Benjamin Justice, adepte des arts martiaux, venu à Anvers pour assister à un congrès médical.

Voulant éviter les ennuis, Max décide de kidnapper le docteur. Il lance à ses trousses la superbe Karine, qui ne parvient pas à ses fins et tombe amoureuse du docteur. Le couple décide alors de se réfugier en Amérique du Sud...

Anecdotes

Film d'aventures inspiré du comic de Raphael Marcello (dessinateur) et Jean Ollivier (scénariste).

En 1974, le producteur Michel Ardan ("Les Grandes Gueules", "Les Bidasses en Folie") demande au cinéaste Christian-Jaque ("Fanfan la Tulipe", "Le Saint prend l’Affût"), s’il connaît la bande dessinée Docteur Justice.
"À ma grande honte, je dûs bien reconnaître mon ignorance en la matière. Puis, il me soumet l’idée de faire un film avec ce personnage et nous en restons là. Le dimanche suivant, je rencontre un de mes petits neveux, je lui demande s’il connaît Docteur Justice, et alors là, je reçois une réponse tout à fait enthousiaste : "C’est une histoire fantastique, des aventures extraordinaires…"" Christian-Jaque revoit alors Ardan pour lui signaler son intérêt.

Benjamin Justice est un médecin travaillant pour l’Organisation Mondiale de la Santé. Ayant appris le judo auprès d’un maître japonais, il sait se défendre et maîtrise le kiaï (le "cri qui tue"). Ses adversaires sont des esclavagistes, des trafiquants de médicaments, des mercenaires et des dictateurs.
Créé en 1970 par le dessinateur Carlo Marcello (qui s’est inspiré d’Alain Delon) et le scénariste Jean Ollivier, le héros a vécu ses aventures dans les pages de "Pif Gadget" avant d’avoir son propre magazine. Surfant sur la vague du kung-fu, Docteur Justice rencontre un grand succès auprès du jeune public.

Il est pourtant difficile de convaincre des financiers de participer à un "film de karaté" français, le budget obtenu par Ardan est donc limité et ne permet de ne consacrer que trois mois à l’écriture du scénario.
Marcello trouve la trame générale: une organisation criminelle parvient à voler du pétrole transporté par des supertankers. Après avoir écarté l’idée d’accostage (la loi maritime l’interdit), le dessinateur imagine un pipe-line souterrain qui aboutirait en mer (et vend l’idée à Christian-Jaque en affirmant que les Allemands procédaient ainsi pendant la guerre, pieux mensonge).
Le réalisateur et Jean Ollivier peaufinent le script, tandis que Jacques Robert se charge des dialogues.

Reste maintenant à dénicher l’interprète principal.
"Trouver un acteur qui soit acrobate, karateka, cascadeur, bon comédien et qui, en plus, ait le physique de Docteur Justice était une gageure! (…) Nous avons reçu des dizaines de photos, vu défiler sous nos yeux des dizaines de comédiens qui n’avaient pas le moindre point commun avec le personnage."
Le choix se porte finalement sur John Phillip Law, qui a déjà interprété deux personnages de bandes dessinées: "Diabolik" dans le film de Mario Bava et l’ange Pygar dans "Barbarella" de Vadim.
L’acteur américain n’a qu’un mois pour s’initier aux arts martiaux. Quatre heures par jour, il suit l’entraînement intensif des karatékas Roger Paschy et Francis Didier, tous deux champions d’Europe, au karaté-club Yamatsuki à Paris.

Le film a bien failli s’arrêter définitivement en cours de route et de manière tragique, lorsque le Docteur Justice s’échappe de l’usine désaffectée où il est retenu prisonnier.
"John Phillip Law est un garçon très courageux qui n’a pas voulu se faire doubler, se souvient Christian-Jaque. Il devait descendre une cheminée d’usine d’une trentaine de mètres de haut en se retenant au fil du paratonnerre que nous avions doublé, par sécurité, d’un câble. Il a effectué la descente deux fois, il a pris confiance, et puis, les metteurs en scène sont toujours un peu responsables des accidents, je lui ai demandé d’aller un peu plus vite, et pour je ne sais quelle raison il a lâché le câble, est parti à la renverse, a traversé une toiture avant de gésir étendu sur le sol ; à ce moment-là nous l’avons cru mort."
Law en réchappe mais le tournage est interrompu pendant deux mois.

À sa sortie, le film reçoit la "Ceinture d’or", prix remis par l’Union Française de Karaté.
Mais Christian-Jaque éprouve un certain regret: "Je ne suis pas certain que les enfants aient aimé l’interprétation de John Phillip Law, et j’ai l’impression qu’en lui ils n’ont pas reconnu le "Docteur Justice"". L’acteur est sans doute moins à blâmer que le scénario qui fait du personnage un homme plutôt léger (doublé par Dominique Paturel), porté sur les femmes et qui subit les événements au lieu de les provoquer…

Plusieurs séquences (la descente de la cheminée, Justice enfermée dans une cage pendant que de l’eau monte…) seront réutilisées par Marcello dans les bandes dessinées ultérieures.

Critiques Spectateurs

J'ai retrouvé dans ce film, le personnage des bandes dessinées. Je suis convaincu que Doc Justice est d'actualité plus que jamais et pourrait constituer une série de films à succès. Un bon réalisateur doté d'un gros budget tiendrait là un solide concurrent à James Bond. Cette fois, un héros à haute...Lire la suite