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L'Au-Delà – Critique

 L' Au-Delà

Lucio Fulci au sommet de son art dans un film esthétiquement soigné et qui n'hésite pas à verser dans un gore bien craspec...

Publié le 1 Janvier 2008 par Julien · Voir la fiche de L' Au-Delà

Le cas Lucio Fulci est un peu particulier. Capable du pire comme du meilleur, Lucio Fulci s'est illustré avec des films de zombis réalistes et sérieux (La Maison près du cimetière, L'Enfer des zombies, Frayeurs) particulièrement gore. Mais les films de Fulci ne reposent pas uniquement sur des scènes de tripailles (anthologiques pour certaines) mais également sur une atmosphère, un climat, une ambiance. C'est là que nous en arrivons à L'Au-delà qui est sans conteste, l'une de ses meilleures réalisations...

1927, à la Nouvelle Orléans, dans un hôtel, des villageois torture et emmure presque vivant un jeune peintre. Les villageois sont alors persuadés que ce peintre est un sorcier.
En 1981, la jeune Lisa hérite de l'hôtel. Mais Lisa ignore tout de ce qui est arrivé plus de 50 ans auparavant. Bientôt, des évenements étranges surviennent : un peintre en bâtiment tombe d'un échaffaudage, un plombier est retrouvé mort dans le sous-sol de l'hôtel. Le docteur du coin va s'intéresser à son cas. Dans l'hôtel, ils vont découvrir le "Livre d'Eibon" qui évoque 7 portes sur la Terre ouvrant directement vers l'Enfer...

Une histoire originale et prometteuse. Comme d'habitude avec Fulci, nous avons droit à quelques séquences gores de toute beauté : une fille voit sous ses yeux sa mère liquéfiée par de l'acide, une aveugle se fait dévorer la gorge par son propre chien, une bonne de maison se fait clouer au mur (l'oeil est exorbité), un bibliothécaire se fait lui dévorer par toute une armée d'araignées poilues... De ce côté-là, on est donc largement servis. Si les effets spéciaux paraissent dater aujourd'hui, ils n'en demeurent pas moins d'un réalisme à toute épreuve et efficaces. Des effets spéciaux de maquillage signés par Giannetto De Rossi, qui a travaillé sur L'Enfer des Zombies, Cannibal Apocalypse, La Maison près du cimetière, Dune, Rambo 3...

Avec Lucio Fulci, l'humour n'est pas une composante essentielle. Et L'Au-delà ne déroge pas à la règle. L'ironie n'est même pas de rigueur. Une histoire, des personnages et des effets sanglants. Mais l'un des points forts du film réside dans l'atmosphère générale qui s'en dégage. Au début, les décors de l'hôtel (de la verdure, la ville) ne laisse rien présager de "surnaturel". Puis, on se dirige peu à peu vers une atmosphère plus claustrophobique avec les chambres sombres de l'hôtel, le sous-sol de ce dernier, la clinique... Un mot qui serait approprié pour qualifier ce climat : froid. Froid, comme l'est la mort. Une mort qui semble fasciner notre ami Fulci (voir le dénouement final du film).

Passons à des aspects plus techniques : la réalisation. C'est en revanche de ce côté-là que ça flanche un peu. Le film apparaît très lent par moment. Fulci ne souhaite entretenir aucun suspense et sa réalisation en témoigne. Il utilise une figure-clichée : le champ/contre-champ. En effet, lors des scènes gores, on voit rarement le meurtrier et la victime dans un même plan. On voit la victime (qui a peur) et ensuite le zombi (qui a faim). Un parti pris qui permet de se positionner en véritable spectateur.

Le film de Fulci ne tombe jamais dans le second degré et ce choix d'être "réaliste" donne une force intrinsèque au film. A cela, s'ajoute la superbe musique de Fabio Prizzi, un fidèle de Fulci depuis L'emmurée vivante (a.k.a. The Psychic - 7 note in nero – 1977).

L'Au-delà est l'un des meilleurs films de Lucio Fulci et seule la vision du film pourra vous en convaincre. Un classique (réalisé avec un budget de $400, 000 !), au même titre que La Maison près du cimetière, Frayeurs et L'Enfer des Zombies.

Julien
À propos de l’auteur : Julien

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