Voir la fiche complète du film : Béhémoth : La Créature du Volcan - Le Monstre des abîmes (W.D. Hogan - 2011)

Béhémoth - Le Monstre des abîmes

Un survival animalier qui tient davantage du film catastrophe pour une approche plus rigoureuse qu’à l’accoutumée. Un peu longuet dans sa progression, mais nettement au-dessus des habituelles bévues du genre avec, en prime, un monstre titanesque impressionnant dans son apparition finale.
6

De toutes les productions SyFy sorties, Maneaters Series a exploité le survival animalier sous toutes ses formes. Bien que modestes, certains films ont créé la surprise avec une approche relativement honnête du genre, comme l’a démontré L’instinct du chasseur. Insectes, félins, rapaces, dinosaures, requins et autres prédateurs se sont succédé sous la caméra de cinéastes plus ou moins potables. L’une des dernières initiatives en date de la saga, Behemoth, se penche sur une créature mythologique. Très librement inspirée de la bible et des légendes apocalyptiques. Le pitch initial trahit quelques originalités qui, pour un téléfilm de cet acabit, sont un bon point de départ. La suite des réjouissances va-t-elle en ce sens?

La vérité est-elle ailleurs ?

Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’intrigue de Behemoth emprunte des détours inattendus, voire inespérés. Mieux que cela, il demeure respectueux du mythe originel pour correspondre à l’esprit apocalyptique qu’il suscite. Si le scénario reste simpliste, il n’en est pas moins cohérent et évite certaines maladresses contradictoires. Il ne s’agit pas uniquement d’une bestiole à même de courir après quelques trublions décérébrés, mais de lui offrir une réelle justification pour le carnage à venir. Un prétexte plus dense qu’à l’accoutumée qui aboutit à un traitement posé et linéaire. D’ailleurs, la progression et l’approche générale tiennent davantage du film catastrophe et non du survival animalier.

Le cadre d’une ville lovée au pied d’un volcan, les investigations d’obscures institutions scientifiques, ainsi que le cataclysme en devenir ignoré de tous. Tout concourt à un minimum de rigueur pour tenter d’expliquer certains phénomènes étranges. Là encore, il n’y a rien de foncièrement novateur, mais des efforts ont été consentis pour fournir un travail honnête. Il est vrai que l’arrivée de la bestiole en elle-même se fait désirer, surtout lorsque certains échanges manquent cruellement de répondant. Les principaux prétextes pour la bonne progression de l’histoire sont cousus de fils blancs. Les premières apparitions de la créature sont partielles. Un tentacule par-ci, un œil par-là...

Mais c'est la montagne !

Force est de constater que le nombre de morts demeure très modeste. On les compte sur les doigts d’une main, dont la moitié surviennent de manière indirecte. D’ailleurs, les causes ne sont guère inspirées et se contentent d’empalement, d’intoxication ou d’un gobage en règle. Pour le reste, il s’agit surtout de victimes dues aux phénomènes de catastrophes naturelles. Au vu de cette violence édulcorée et le peu d’hémoglobine à l’écran, ce téléfilm convient à un public assez large, guère préoccupé par le quota de sang et de démembrement. Celui-ci préférant au garde-manger du Behemoth, une ambiance pré-apocalyptique correcte.

Mais la véritable surprise provient du monstre en lui-même. Là où les premiers effets spéciaux laissaient augurer du pire quant à sa représentation, il n’en est absolument rien. L’apparence polymorphe du monstre tient autant du reptile, du céphalopode et d’autres familles animales. Une sorte de chimère titanesque qui se paye le luxe d’images de synthèse démonstratives et convaincantes. Une fois n’est pas coutume, les incrustations sont correctement intégrées, tandis que les textures sont travaillées. Pour ne rien gâcher, son gigantisme est parfaitement proportionnel aux acteurs ou à l’environnement. Pour paraphraser une des répliques: «Il n’est pas aussi grand que la montagne. Il est la montagne.»

C'est l'heure du casse-croûte apocalyptique

Au final, Behemoth est un survival animalier correct qui s’affranchit des carcans habituels pour fournir un travail appréciable. Certes, il sera difficile de faire l’impasse sur la bêtise de certaines réparties ou la médiocrité des premières irruptions partielles du monstre. Pour autant, le traitement sur fond de film catastrophe associé à une histoire linéaire, et néanmoins dénuée d’incohérences en pagaille, présente un divertissement sympathique dans son ensemble. Souvent considéré comme le talon d’Achille de bien des productions, la créature est ici convaincante, aussi immense qu’impressionnante. Les effets spéciaux étant particulièrement réussis lors de son ultime apparition. Un téléfilm modeste qui ne manque pas d’allant.

A propos de l'auteur : Dante_1984
Portrait de Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches. Puis, j'ai souhaité faire partager mes dernières découvertes en laissant des avis sur les films que je voyais.

Autres critiques

Dragonball : Evolution
Dire que cette adaptation live du manga culte d’ Akira Toriyama s’est faite désirer est un doux euphémisme. En effet, cela faisait presque une dizaine d'années que des rumeurs couraient sur un possible long métrage et que des légions de fans s’excitaient à la moindre image "fake" débarquant sur le net. L’annonce officielle par la FOX de la mise en chantier du projet a donc logiquement attisé l’...
Fear Island : L'Ile Meurtrière
**Attention, cette critique dévoile le twist final du film.** Six adolescents, dont les routes vont s'éloigner à l'issue de l'été, se rassemblent une dernière fois, le temps d'un week-end, sur une petite île. Malheureusement, ils se rendent vite compte qu'ils ne sont pas seuls sur l'île. Evoquant le début du récent Fanatique , Fear Island se présente d'emblée comme un slasher classique, avec son...
Super Shark
S’il est quelques occurrences notables dans le domaine du survival animalier, le film de requins-tueurs est surtout prétexte à une débauche de médiocrité et d’imbécillités en tout genre. Inutile de citer quelques effroyables exemples tout droit sortis des limbes d’Asylum ou SyFy. Le (trop) prolifique Fred Olen Ray, grand amateur de jeunes donzelles dénudées devant l’...
Stake Land
A l'époque de ma critique de Mulberry Street , j'avais déjà loué la capacité du réalisateur Jim Mickle à tirer le maximum des maigres moyens mis à sa disposition et force est de constater qu'avec Stake Land , il a encore augmenté son niveau d'un cran, en gommant les imperfections de son précédent essai. Ce faisant, il réalise le sans-faute, propulsant son road-movie vampirique au rang de film à...
Les Dents de la Nuit
Attention, ceci est un avertissement : Amoureux de l'humour fin et du bon goût, vous pouvez d'ors et déjà passer votre chemin. En effet, vous ne trouverez dans cette comédie vampirique que des blagues lourdes, des jeux de mots vaseux et une quantité énorme de phrases à connotation sexuelle. Pour vous le prouver, voici quelques exemples : - Une personne demande à un dentiste comment il...