Voir la fiche complète du film : Béhémoth : La Créature du Volcan - Le Monstre des abîmes (W.D. Hogan - 2011)

Béhémoth - Le Monstre des abîmes – Critique

Béhémoth : La Créature du Volcan - Le Monstre des abîmes

Un survival animalier qui tient davantage du film catastrophe pour une approche plus rigoureuse qu’à l’accoutumée. Un peu longuet dans sa progression, mais nettement au-dessus des habituelles bévues du genre avec, en prime, un monstre titanesque impressionnant dans son apparition finale.

Publié le 29 Avril 2018 par Dante_1984 · Voir la fiche de Béhémoth : La Créature du Volcan - Le Monstre des abîmes

De toutes les productions SyFy sorties, Maneaters Series a exploité le survival animalier sous toutes ses formes. Bien que modestes, certains films ont créé la surprise avec une approche relativement honnête du genre, comme l’a démontré L’instinct du chasseur. Insectes, félins, rapaces, dinosaures, requins et autres prédateurs se sont succédé sous la caméra de cinéastes plus ou moins potables. L’une des dernières initiatives en date de la saga, Behemoth, se penche sur une créature mythologique. Très librement inspirée de la bible et des légendes apocalyptiques. Le pitch initial trahit quelques originalités qui, pour un téléfilm de cet acabit, sont un bon point de départ. La suite des réjouissances va-t-elle en ce sens?

La vérité est-elle ailleurs ?

Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’intrigue de Behemoth emprunte des détours inattendus, voire inespérés. Mieux que cela, il demeure respectueux du mythe originel pour correspondre à l’esprit apocalyptique qu’il suscite. Si le scénario reste simpliste, il n’en est pas moins cohérent et évite certaines maladresses contradictoires. Il ne s’agit pas uniquement d’une bestiole à même de courir après quelques trublions décérébrés, mais de lui offrir une réelle justification pour le carnage à venir. Un prétexte plus dense qu’à l’accoutumée qui aboutit à un traitement posé et linéaire. D’ailleurs, la progression et l’approche générale tiennent davantage du film catastrophe et non du survival animalier.

Le cadre d’une ville lovée au pied d’un volcan, les investigations d’obscures institutions scientifiques, ainsi que le cataclysme en devenir ignoré de tous. Tout concourt à un minimum de rigueur pour tenter d’expliquer certains phénomènes étranges. Là encore, il n’y a rien de foncièrement novateur, mais des efforts ont été consentis pour fournir un travail honnête. Il est vrai que l’arrivée de la bestiole en elle-même se fait désirer, surtout lorsque certains échanges manquent cruellement de répondant. Les principaux prétextes pour la bonne progression de l’histoire sont cousus de fils blancs. Les premières apparitions de la créature sont partielles. Un tentacule par-ci, un œil par-là...

Mais c'est la montagne !

Force est de constater que le nombre de morts demeure très modeste. On les compte sur les doigts d’une main, dont la moitié surviennent de manière indirecte. D’ailleurs, les causes ne sont guère inspirées et se contentent d’empalement, d’intoxication ou d’un gobage en règle. Pour le reste, il s’agit surtout de victimes dues aux phénomènes de catastrophes naturelles. Au vu de cette violence édulcorée et le peu d’hémoglobine à l’écran, ce téléfilm convient à un public assez large, guère préoccupé par le quota de sang et de démembrement. Celui-ci préférant au garde-manger du Behemoth, une ambiance pré-apocalyptique correcte.

Mais la véritable surprise provient du monstre en lui-même. Là où les premiers effets spéciaux laissaient augurer du pire quant à sa représentation, il n’en est absolument rien. L’apparence polymorphe du monstre tient autant du reptile, du céphalopode et d’autres familles animales. Une sorte de chimère titanesque qui se paye le luxe d’images de synthèse démonstratives et convaincantes. Une fois n’est pas coutume, les incrustations sont correctement intégrées, tandis que les textures sont travaillées. Pour ne rien gâcher, son gigantisme est parfaitement proportionnel aux acteurs ou à l’environnement. Pour paraphraser une des répliques: «Il n’est pas aussi grand que la montagne. Il est la montagne.»

C'est l'heure du casse-croûte apocalyptique

Au final, Behemoth est un survival animalier correct qui s’affranchit des carcans habituels pour fournir un travail appréciable. Certes, il sera difficile de faire l’impasse sur la bêtise de certaines réparties ou la médiocrité des premières irruptions partielles du monstre. Pour autant, le traitement sur fond de film catastrophe associé à une histoire linéaire, et néanmoins dénuée d’incohérences en pagaille, présente un divertissement sympathique dans son ensemble. Souvent considéré comme le talon d’Achille de bien des productions, la créature est ici convaincante, aussi immense qu’impressionnante. Les effets spéciaux étant particulièrement réussis lors de son ultime apparition. Un téléfilm modeste qui ne manque pas d’allant.

Dante_1984
À propos de l’auteur : Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches.

Autres critiques

Jack: Le Chasseur de Géants

Jack: Le Chasseur de Géants

Jack, jeune roturier sans le sou, échange son cheval contre des haricots magiques. Par inadvertance, il les fait tomber dans l'eau et un haricot géant pousse sur sa maison. En le grimpant, il découvre un endroit peuplé de géants bien décidés à prendre leur revanche sur les humains... Initiateur de la saga X-men, Bryan Singer s'était fait plutôt rare depuis Walkyrie, somptueuse...
Ginger Snaps : Resurrection

Ginger Snaps : Resurrection

Après la mort de sa soeur Ginger, Brigitte s'est évadée dans la nature, tentant d'enrayer la progression de sa contamination en s'injectant régulièrement des doses d'aconit. Cependant, elle est poursuivie depuis plusieurs jours par l'un de ses féroces congénères. Donner une suite à un film n'est jamais chose aisée, surtout lorsque l'originel avait donné lieu à une...
Fanatique

Fanatique

**Attention, cette critique contient de nombreux spoilers.** Sept étudiants séjournent un week-end sur une petite île afin d'y étudier la faune locale. Ils sont accueillis sur place par leurs hôtes, un couple de cinéphiles sympathique mais quelque peu insolite. Le slasher, sous-genre horrifique rendu célèbre dès la fin des années 70, avec le succès des franchises Halloween et Vendredi 13 ,...
The Turning

The Turning

À l’instar d’autres fleurons gothiques de la littérature anglo-saxonne, Le Tour d’écrou est un récit qui a été adapté à maintes reprises dont la plus célèbre itération demeure Les Innocents . Le métrage de Jack Clayton s’est notamment distingué par son ambiance exceptionnelle et l’appropriation de l’ambiguïté qui définissait la nouvelle d’Henry James...
En eaux troubles

En eaux troubles

Vouloir produire un film de requins à l’heure actuelle peut relever du suicide artistique si l’on souhaite s’engouffrer dans la brèche abyssale laissée par Asylum, SyFy et consorts. Hormis Instinct de survie et 47 Meters Down , peu de bobines se sont révélées intéressantes ces cinq dernières années. En ce sens, une sortie sur grand écran est tout aussi surprenante qu’...