Voir la fiche complète du film : Ginger Snaps : Resurrection (Brett Sullivan - 2004)

Ginger Snaps : Resurrection – Critique

Ginger Snaps : Resurrection
Après la mort de sa sœur Ginger, Brigitte s'est évadée dans la nature. Honnête suite, comportant quelques faits intéressants dans la saga Ginger Snaps, ce second volet de la trilogie peine à faire oublier son prédécesseur.
Publié le 14 Décembre 2009 par GORE MANIAC · Voir la fiche de Ginger Snaps : Resurrection

Après la mort de sa soeur Ginger, Brigitte s'est évadée dans la nature, tentant d'enrayer la progression de sa contamination en s'injectant régulièrement des doses d'aconit.
Cependant, elle est poursuivie depuis plusieurs jours par l'un de ses féroces congénères.

Donner une suite à un film n'est jamais chose aisée, surtout lorsque l'originel avait donné lieu à une relecture ingénieuse et intimiste du mythe lycanthropique.
Le second volet de cette trilogie peut se suivre comme une suite directe au premier opus. La sœur rescapée est désormais la nouvelle victime de la malédiction qui s'est abattue sur Ginger. Soulignons déjà que le scénario prend des risques.
Tout d'abord en modifiant complètement l'univers du précédent film, un centre de désintoxication remplaçant le collège. Ensuite, en ne donnant pas forcément le beau rôle à l'héroïne du métrage, Brigitte étant à l'image d'une junkie, décharnée, solitaire et perdue. Enfin, en délaissant donc tout, ou presque, du premier Ginger Snaps, pour confronter la survivante, Brigitte, à de nouveaux ennemis, même si sa sœur hante encore son esprit (Katharine Isabelle y fait ainsi quelques apparitions).
Néanmoins, le réalisateur conserve la principale qualité du premier film de la saga, à savoir éviter le grandiloquent pour se concentrer sur l'humanité de son personnage central.

Un peu éclipsée par Ginger précédemment, Brigitte prend une toute autre dimension ici. Emily Perkins campe avec une force prodigieuse cette adolescente envahie par un mal qui la ronge de l'intérieur, et l'isole encore davantage des gens, trouble qui entourait déjà sa vie avant les événements que l'on sait.
Cette sensation de vide et de solitude est accentuée par les lieux mêmes de ce duel qu'elle livrera contre le monstre rôdant à l'extérieur, et celui qui la ronge de l'intérieur, sa transformation physique n'étant rien par rapport aux ravages psychologiques qu'elle subit de plein fouet. Face à elle, les toxicomanes ne font qu'amplifier son sentiment d'isolement.

En effet, la terreur mentale est toujours mise en avant, de sorte que les admirateurs d'effets visuels s'ennuieront quelque peu devant cette vision intimiste du mythe du loup-garou. Car, au delà de la basique transformation, c'est le changement fondamental quotidien vécu par Brigitte qui est analysé dans ce film.

L'autre personnage clé de l'histoire se nomme Ghost, une petite fille victime des railleries des autres pensionnaires de l'institut, qui finira par se rapprocher de Brigitte, dans un cadre médical dépeint de manière glauque (les visites nocturnes du jeune interne auprès de pensionnaires en manque).
Ghost permet à Brigitte de conserver un lien étroit avec la réalité (ironique puisque la jeune fille est parfois déconnectée de la réalité, enfermée dans ses BD), et leur relation marquera de manière surprenante le dernier tiers du segment, qui se situe dans une cabane isolée dans les bois, emplacement idéal pour divers affrontements.

Toutefois, cette suite n'égale pas le film original, la faute à un rythme assez languissant. Une fois installé dans cet épisode, force est de constater que l'histoire manque parfois de relief ou de rebondissements, et que seul l'épilogue, original mais quelque peu déroutant, apporte une véritable identité à ce long-métrage, qui peine à renouer avec le souffle novateur du premier film, l'absence du tandem formé par les deux sœurs y étant sans doute pour beaucoup.

Honnête suite, comportant quelques faits intéressants dans la saga Ginger Snaps, ce second volet de la trilogie peine à faire oublier son prédécesseur, même s'il le prolonge non sans un certain talent, ne bénéficiant pas de réels moments d'effroi, ni de la profondeur nécessaire à ce genre d'exercice.

GORE MANIAC
À propos de l’auteur : GORE MANIAC

J'essaie de partager ma passion pour un cinéma méconnu, mais qui mérite incontestablement qu'on s'y arrête !

Autres critiques

Zombillenium

Zombillenium

Occupés par une majorité de productions américaines, les films d’animation qui sortent sur grand écran aiment de temps à autre rendre un hommage au cinéma de genre. Ainsi, on concilie deux publics où les histoires sont parsemées de références en pagaille. Monstres contre Aliens, Monster House, L’étrange pouvoir de Norman ou encore Hôtel Transylvanie ... Autant d’exemples...
Evil Dead Burn

Evil Dead Burn

Après avoir retrouvé le chemin du succès via le remake de 2013 , puis poursuivi l'expérience avec Evil Dead Rise , sans oublier le passage sur le petit écran via l'excellente série Ash Vs Evil Dead , la saga créée par Sam Raimi semblait s'offrir une seconde jeunesse. Restait à savoir si elle pouvait continuer à se renouveler sans se contenter de reproduire mécaniquement sa formule...
Raiders of the Lost Shark

Raiders of the Lost Shark

Plus que n’importe quelle autre décennie, les années2010 auront été le prétexte à un florilège de navets et autres nanars en puissance dans le domaine de la sharksploitation. Des étrons cinématographiques tout droit sortis d’un imaginaire aussi limité que dérangé, le survival animalier s’est vu infliger de terribles exactions. En marge des frasques de SyFy et Asylum, de...
Pas un mot

Pas un mot

On l'a souvent dit, le cinéma de genre espagnol est résolument l'un des plus inventifs au monde. Figure de proue de ce genre, Alex de la Iglesia s'est même forgé une réputation mondiale, faisant même un film de commande avec des acteurs américains ( Crimes à Oxford ). Mais si on veut voir une vraie créativité, il faut se plonger dans les premiers films des auteurs hispaniques. Ainsi, on peut voir...
Twilight - Chapitre 3 : Hesitation

Twilight - Chapitre 3 : Hesitation

« Les feux de l’amour » Le temps est venu de fusiller le nouvel épisode de la saga Twilight . La seule question est de savoir s'il faut s’acharner dessus ou rester timoré? Car si le premier film arrivait à jongler avec bon nombre d’éléments en respectant les limites de l’acceptable, la suite versait déjà trop dans la mièvrerie. Et cela continue dans cette seonde séquelle. Mais d’où vient cette...