Voir la fiche complète du film : Meurtres à la Saint-Valentin 3D (Patrick Lussier - 2009)

Meurtres à la Saint-Valentin 3D

Un film pas inintéressant, rythmé, et proposant un questionnement assez superficiel, mais qui nous maintient en haleine. Pourquoi pas ?
Publié le 8 Août 2012 par AqMEVoir la fiche de Meurtres à la Saint-Valentin 3D
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Pour certains, les remakes sont un fléau et on peut les comprendre. Très souvent inférieurs aux originaux, ils ont en plus tendance à dénaturer les mythes et à rabaisser nos boogeymen préférés au rang de fillettes bougonnes et inoffensives.
Prenons l'exemple le plus flagrant avec le dernier Freddy et son lot d'acteurs imberbes face à un tueur qui pourrait jouer dans Plus belle la vie.
De plus, la génération actuelle s'intéressant peu au cinoche d'antan, ces remakes risquent de faire oublier les magnifiques films dont ils sont issus.
Néanmoins, on peut aussi se dire que l'avantage des remakes, c'est de faire redécouvrir mes vieux films. Meurtres à la St Valentin est donc un remake du film de 1981, que je n'ai pas vu, mais que j'ai maintenant fichtrement envie de découvrir. Et ça c'est plutôt bon signe.


Il semblerait, suite à un examen poussé, que cette jeune femme soit morte des suites d'une agression...

Le scénario du film s'articule autour d'un seul axe majeur : l'identité du mystérieux tueur à la pioche. Mais malgré les faiblesses de l'histoire et surtout sa simplicité, les scénaristes ont fait un effort considérable sur le background des personnages et surtout sur leurs relations. En gros, on va suivre une bande de quatre personnes, deux couples, dont seules les deux filles sont amies.
Seulement, lors d'une soirée underground dans une ancienne mine, un étrange tueur va dézinguer du jeune à grands coups de pioche. Bien entendu, le tueur est tué et identifié comme étant un ancien mineur qui fut le seul survivant d'une catastrophe minière causée par un certain Tom. Et forcément, ce massacre a lieu le jour de la St Valentin. Sauf que dix ans plus tard, ce même Tom revient en ville et que les massacres recommencent.
Le scénario simpliste au possible va tout de même engranger deux questions fondamentales : Qui est le tueur ? Comment vont évoluer les relations entre les personnages lorsque l'un d’eux revient dix ans plus tard et que son ex s'est mariée avec son pire ennemi ? Il est assez rare de voir un film d’horreur s'axer autour des relations des personnages et c'est plutôt bien foutu. Mais à coté de cet aspect sentimental, l'ambiance tient-elle la route ?

Le fait de poser le film dans une ville minière est assez sympathique. Le cadre est idéal pour perpétrer des meurtres en série et les pécores y foisonnent. Néanmoins, ce n’est pas tant le cadre qui va nous tenir éveillés, mais plutôt les différents lieux et le coté déluré des meurtres. Car ce Meurtres à la St Valentin alterne allègrement les phases de tension sombres dans les mines ou dans un vieux supermarché et les phases de gore complètement assumées avec du sang dans tous les sens et des coups de pioche bien placés.
Le design du tueur n’est pas non plus étranger au suspense du film, puisque ce dernier revêt une tenue de mineur avec un masque à oxygène et que, dans les mines, il peut se fondre dans la masse pour buter du jeunot à qui mieux mieux. Sans être totalement novateur, le film s’amuse aussi à jouer avec nos nerfs, notamment avec le fameux Whodunit, qui consiste à essayer de trouver qui est le tueur mutuellement. Le concept n’est toujours pas révolutionnaire, loin de là, mais cela fonctionne très bien et l’attente de la réponse devient pénible, car on fait un va et vient psychologique entre plusieurs protagonists.


Tu préfères la pointe ou la partie plate ?

Je dois avouer avoir eu quelques réticences lorsque j’ai vu le casting de ce remake. En effet, le personnage principal, héros torturé sur lequel de nombreuses questions vont se poser, est interprété par Jensen Ackles. Alors peut être que pour certains d’entre vous cela ne leur dit rien, et pourtant il s’agit d’un des frères Winchester de la série Supernaturalchaleur. N’étant pas finaud dans la série, j’ai eu un peu peur qu’il ne fasse qu’un bien piètre héros pour ce film. Pourtant, il réussit à tenir ce rôle avec assez de brio, sans pour autant éblouir l’écran. A ses cotés, on retrouve la ravissante Jaime King (presque sosie de Sandrine Quétier. Elle tient bien son rôle de femme partagée entre son passé et son présent, malgré quelques surjeux, notamment lors des deuls contre le timbré masqué.
Et enfin, on a le flic de service, très con étant jeune et toujours un peu débile à l’âge adulte, incarné par Kerr Smith. Si l’on excepte sa tronche imbuvable, il reste intéressant dans son rôle et il joue surtout sur le fait qu’en tant que personnage détestable, il reste très soupçonnable.
Le reste du casting se révèle assez anecdotique bien que sympathique.

Avec un titre comme celui-ci, le spectateur lambda s'attend à des crimes atroces perpétrés avec une bonne grosse pioche de mineur, pas une pioche pliable de chez Casto. Et bien ce spectateur sera relativement comblé car Patrick Lussier, le réalisateur, se lâche sur les scènes gores dans une sorte de délire visuel assumé où personne n'est épargné, pas même le tueur qui va s'en prendre dans les roustons. On pourra, au gré du film, voir les quelques dégâts d'une bonne pioche suivant son lieu de plantation. En effet, un grand coup dans un oeil aura un effet différent qu'un grand coup dans une mâchoire. De plus, si le coup est porté de bas en haut ou par le coté, les effets ne seront pas les mêmes. Sales et sanglants, les meurtres s'avèrent libérateurs et le résultat assez gore, notamment avec l'application du tueur à arracher le coeur de ses victimes.
Par contre, il sera assez difficile de ressentir de la peur durant le métrage. Misant plutôt sur quelques choses de nerveux et de sanglant, les scènes de tension restent rares bien que sympathiques, comme l'atteste la scène dans le supermarché avec les deux nanas coincées à l'intérieur.


Chérie, c'est fou comme un rayon de soleil met bien en évidence ton sublime petit cul...

Au final, Meurtres à la St Valentin est un remake assez sympathique et donne bien envie de se visionner l'original de 1981. Patrick Lussier, dans un souci de folie et, peut être, de réalisme, n'hésite pas à foutre des femmes à poil, des passages bien gores et quelques situations délicates. En ce sens, il montre un certain anticonformisme dans le cinéma d'horreur actuel qui ne présente que des nanas bien gaulées ou des beaux gosses au torse épilé dans des films certes gores, mais expurgés de toute nudité.
Bref un film pas inintéressant, rythmé, et proposant un questionnement assez superficiel mais qui nous maintient en haleine. Pourquoi pas ?

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