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Jack: Le Chasseur de Géants - Critique

Une version du célèbre conte enjouée qui se destine avant tout à un public familial. Très peu de violences, des effets spéciaux splendides et un rythme soutenu permettent d'atténuer un scénario trop évident et une trame prévisible. Jack - Le chasseur de géants contentera les foules de fort belle manière.

Publié le 10 Avril 2013 par Dante_1984
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Jack, jeune roturier sans le sou, échange son cheval contre des haricots magiques. Par inadvertance, il les fait tomber dans l'eau et un haricot géant pousse sur sa maison. En le grimpant, il découvre un endroit peuplé de géants bien décidés à prendre leur revanche sur les humains...

Initiateur de la saga X-men, Bryan Singer s'était fait plutôt rare depuis Walkyrie, somptueuse reconstitution d'une partie de la vie du colonel Claus von Stauffenberg et de sa participation à l'attentat contre Hitler. En 2012, il signe le pilote de Mockingbird Lane, série avortée. Aussi, Jack - le chasseur de géants marque son retour sur grand écran. Initialement prévu en juin 2012, son nouveau projet avait souffert de plusieurs retards. En cause, les effets spéciaux et la promotion du film. Neuf mois plus tard, la gestation est arrivée à son terme pour nous offrir cette adaptation du célèbre conte.


Un jour, son prince viendra, du moins l'espère-t-elle.

Concernant ce dernier, il convient de rappeler qu'il existe plusieurs versions. L'une est attribuée à Andrew Lang (1889) et l'autre à Joseph Jacobs (1890). À cela, il faut compter une version « pour enfants » : Jack et le haricot magique dont la date de publication originale demeure incertaine. La déclinaison de ce récit ne cesse d'alimenter la culture sous différentes formes. Quelques jeux vidéo, un spectacle musical, mais surtout une multitude de films et téléfilms s'étalant de 1902 à nos jours. Le constat est évident : Jack et son histoire inspirent les générations en apposant à chaque fois l'empreinte de leur époque. Qu'en est-il de celle de monsieur Singer ?

Au lieu de s'octroyer le matériau de base et le transformer à sa guise (la démarche de Tommy Wirkola pour Hansel et Gretel), le réalisateur tend à décrire l'univers du conte en lui restant le plus fidèle possible. L'on se doute que pour des raisons pratiques et d'ordre pécuniaire, certaines libertés ont été prises, mais l'ensemble demeure très homogène et constant tant sur la forme que sur le fond. Pourtant, l'histoire n'est pas exempte de reproches. Son déroulement linéaire pourra en rebuter plus d'un, notamment par l'agencement de séquences assez conventionnelles. Voilà un blockbuster axé pour le grand public et les plus jeunes.


Aujourd'hui, un lot de choix : une princesse. Commençons les enchères...

Le fait est qu'il s'agit d'un classique de la littérature anglo-saxonne. Par conséquent, le scénario se parsème de poncifs évidents. Entre autres, l'intrépide roturier qui part au secours de la princesse prisonnière. Le château et le dragon sont remplacés par les haricots magiques et les géants. En dehors de cela, le récit reste ancré dans des tribulations attendues, si chères aux contes de fées. De fait, le dénouement se devine lorsque l'on comprend que ce film ne vaut pas pour son histoire, mais pour le voyage qu'il propose.

D'une part, le rythme enlevé ne faiblit pas d'un iota. Après une brève exposition, l'aventure multiplie les péripéties si bien que l'on ne s'ennuie jamais. Escalade du haricot magique, exploration du monde des géants, batailles... De ce point de vue, la variété est au rendez-vous. D'autre part, les effets spéciaux sont à la pointe de la technologie (ce qui excuse le retard du film). Le contraste entre les hommes et les géants est flagrant. L'illusion est parfaite. Le réalisateur fait montre d'une adaptation assez rare et parvient à jongler entre la démesure du pays des géants et le royaume d'une taille plus modeste.


Les hors-d'oeuvre sont presque prêts. Attention à la cuisson !

Ainsi, le cadre ne se révèle pas forcément inspiré dans son agencement ou les différents décors (un château, la campagne, une plaine, la forêt, la falaise...), mais se trouve parfaitement exploité afin de créer un sentiment de petitesse (ou de grandeur). L'on retiendra principalement l'ascension du haricot magique et la tanière des géants que l'on aurait aimés plus développé, du moins s'y attarder un peu plus. Sur ce point, le potentiel était très intéressant. Les costumes ne sont pas en reste. Ils ont disposé d'un soin tout particulier et mélangent assez bien les influences moyenâgeuses et un style un peu plus moderne (par exemple, le manteau de Jack).

En ce qui concerne les géants, là encore, on s'incline devant le savoir-faire et l'inspiration. Tout comme de vrais acteurs, il n'y en a aucun semblable à un autre. Le moindre détail a bénéficié d'une attention de tous les instants. Les cheveux, la morphologie du visage et leurs différences sont mis en avant pour créer une communauté avec sa hiérarchie, ses habitudes et ses coutumes. Ils s'apparentent à des ogres barbares avec un rapport de force évident entre eux et friands de chair humaine. À ce titre, la violence n'est pas vraiment présente. Les hors-champ permettent de laisser le film tout public et les quelques décapitations (d'un coup de dents bien senti) se font sans la moindre éclaboussure d'hémoglobine.


Un adversaire qui mérite qu'on le regarde de haut !

Il reste à voir les protagonistes. Le casting est convaincant. Les acteurs trouvent aisément leur place, mais leurs personnages sont des plus classiques, voire plats pour certains d'entre eux. Entre Jack, jeune garçon courageux, la princesse rebelle, le traître de service et son acolyte ou le fidèle chevalier de la garde royale, il faut reconnaître que cet aspect rejoint la prévisibilité de l'histoire. Il demeure tout de même quelques surprises sympathiques. Notamment du côté des géants avec le général à deux têtes (un brin schizo ?) ou le rasta ballot. C'est bien peu, mais l'on s'en contentera.

Bref, cette nouvelle mouture du conte se destine avant tout à un large public. Doté d'un visuel sans faille et des trucages de premier ordre, Jack – Le chasseur de géants vaut avant tout pour sa réalisation, son aventure menée tambour battant et ses créatures légendaires. On regrettera une histoire assez convenue dans son ensemble, tout comme des personnages sans surprise. À noter, un épilogue hors de propos et qui ne trouve pas vraiment sa place. Il demeure tout de même un film qui plaira à tous et offre la possibilité de se retrouver dans la peau d'un être petit, tout petit (comme les Borrowers) face aux montagnes vivantes qui n'ont aucune pitié pour la gent humaine. Classique, mais efficace.

Cette critique a été écrite avec la contribution de Christelle, Éléonore, Solène et Annie.

Portrait de Dante_1984

A propos de l'auteur : Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches. Puis, j'ai souhaité faire partager mes dernières découvertes en laissant des avis sur les films que je voyais.

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