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Bunny the Killer Thing

Véritable némésis du film d’auteur, Bunny the Killer Thing va toujours plus loin, jusqu’à très souvent dépasser les limites, nous mettre mal à l’aise, et toujours flirter avec la ligne de ce gouffre de mauvais goût dans lequel il menace de se précipiter.
Publié le 21 Juillet 2018 par KinemaVoir la fiche de Bunny the Killer Thing
7
Rongeur

Au pays du ridicule, les lapins baiseurs sont rois. Une citation bien éloignée d’un trait d’esprit de Jean-Paul Sartre, mais surtout une bonne occasion pour introduire une œuvre dont dire qu’elle est atypique relèverait de l’euphémisme. Bunny the Killer Thing est un pur délire nous montrant que le cinéma n’est limité que par notre imagination et même si c’est relativement peu rassurant pour l’humanité, certains ont un imaginaire laissant des doutes sur leur santé mentale.

Un homme lapin mutant violeur – et déjà beaucoup trop de qualificatifs cinglés – s’invite à une soirée improvisée par une bande de jeunes. Conformément à sa libido débordante, il va défroisser plus de culottes qu’un acteur de films pour adulte. Voilà donc assez d’éléments scénaristiques pour annoncer la couleur d’un nanar nordique qui se déguste encore plus facilement qu’un bon vin. À bon entendeur bien sûr, il faudra passe son cerveau en mode veille pour pouvoir profiter correctement du spectacle.

Véritable némésis du film d’auteur, Bunny the Killer Thing mérite-t-il, d’un point de vue totalement qualitatif, d’être encensé de la sorte ? Probablement pas, mais il s’agit d’une pelloche s’éloignant assez des sentiers battus pour qu’elle soit présentée ici en quelques lignes. Alors, avant de poursuivre cette glorification trop appuyée pour être de bonne foi, passons rapidement sur ce qui fâche, à savoir un jeu d’acteur en roue libre et des effets souvent ratés.

En revanche, cela ne pas réellement problème, car ces éléments potentiellement négatifs sont mis au service du charme qui transpire de cette série B-Z. Bien sûr que cette heure trente de n’importe quoi sent la sous-marque de qualité fast-food, mais l’on s’y complait tellement, sans une once de culpabilité, que l’on remettrait bien le couvert, sans hésiter, pour une suite avec une musaraigne lubrique.

Le résultat est donc un film durant lequel l’on ne s’ennuie pas une minute, un film qui va toujours plus loin, jusqu’à très souvent dépasser les limites, nous mettre mal à l’aise, et toujours flirter avec la ligne de ce gouffre de mauvais goût dans lequel le métrage menace sans cesse de se précipiter. Comme dans cette toute dernière scène non spoilée où le grotesquement gore atteint un paroxysme non espéré et s’en suit un rebondissement nous éclairant sur l’absence totale de signification de ce jouissif Bunny the Killer Thing.

Il y a des appréciations que l’on arrive à peine à s’expliquer à soi-même. Pourquoi un Avengers 3 : Infinity War peut nous laisser de marbre alors que l’on crie au génie face au dernier des nanars nordistes sorti des tréfonds du cinéma bis. Tout est une question de contexte, vous ne serez peut-être pas autant séduits que l’auteur de cette critique trop partisane, mais vous rigolerez. C’est presque sûr. Enfin, si vous aussi, vous êtes adepte de l’humour un peu douteux.

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