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The Turning – Critique

The Turning

Une nouvelle adaptation de la nouvelle d’Henry James qui se solde par l’une des pires transpositions cinématographiques réalisées jusque-là. Toute l’ambivalence du récit est ici dépourvue de sa substance pour fournir un film de maison hantée basique, pompeux et opportuniste. Dénué d’originalité et guère effrayant, The Turning présente une conclusion confuse et inachevée, là où elle aurait dû susciter une interprétation de la part du spectateur.

Publié le 14 Juin 2020 par Dante_1984 · Voir la fiche de The Turning

À l’instar d’autres fleurons gothiques de la littérature anglo-saxonne, Le Tour d’écrou est un récit qui a été adapté à maintes reprises dont la plus célèbre itération demeure Les Innocents. Le métrage de Jack Clayton s’est notamment distingué par son ambiance exceptionnelle et l’appropriation de l’ambiguïté qui définissait la nouvelle d’Henry James. Depuis, la télévision et le cinéma ont connu des variations plus ou moins mémorables, comme Les Autres. Par extension, on peut même considérer que Le Tour d’écrou a eu une influence notable sur les films d’épouvante et de maison hantée, instaurant des fondamentaux qui, encore aujourd’hui, font loi.

 

Si l’annonce d’une nouvelle version n’est guère surprenante, elle s’accompagne néanmoins de craintes fondées et légitimes ; a fortiori dans le paysage cinématographique actuel. Une prise de risques minimale rime généralement avec une rentabilité optimale. Cela peut paraître cynique, mais il n’y a qu’à constater le manque d’originalité latent et les tendances pour voir s’enchaîner des productions aussi creuses qu’inutiles. En cela, The Turning est symptomatique de son époque : l’apparence prévaut et celle-ci dissimule bien mal la vacuité de l’entreprise ; tant dans son atmosphère que dans sa structure narrative.

Malgré une photographie relativement soignée, on se heurte très vite à un cadre et une ambiance qui s’éloigne sciemment de l’atmosphère gothique du livre. Il ne suffit pas de poser une caméra au sein d’un domaine clos ou d’un manoir pour obtenir un tel rendu. De même, la temporalité reste très évasive. Certes, on écarte aisément le XIXe siècle, mais les repères atermoient constamment sur des indicateurs contemporains contradictoires. L’équipement « high-tech » évoque les années 1980 et 1990, tandis que les véhicules se rapprochent des sixties. Quant à la décoration et aux vêtements, on pourrait très bien se situer dans la décennie suivante.

 

Pourtant, ce véritable pot-pourri des époques ne constitue qu’un problème mineur. Tout l’intérêt du récit se voit ici réduit à néant. Pour rappel, le lecteur ou spectateur doit se trouver constamment dans le doute en ce qui concerne la nature des phénomènes paranormaux. Les enfants sont-ils morts ou vivants ? Sont-ils l’objet d’une malédiction ou d’une possession ? Fomentent-ils l’ensemble des subterfuges observés ? Toutes ces questions ne sont guère posées, car The Turning retranscrit les codes de références plus récentes, notamment The Conjuring. Pour autant, cela ne veut pas dire que le film est effrayant ou glauque, comme son homologue.

Les effets sont éculés et proprement ridicules. On doit se confronter aux habituels claquements de volets et de portes, aux chuchotements et à un accompagnement sonore pour appuyer les jump-scares. L’absence d’innovation côtoie des errances narratives où, à aucun moment, la progression ne parvient à conserver une certaine dynamique. Au même titre que La Malédiction de la dame blanche, les séquences s’enchaînent de manière décousue. Les relations sociales et les comportements qui en découlent manquent de cohérence et de crédibilité. Cela sans compter un dénouement qui démontre une mécompréhension totale de l’idée de base.

 

Au final, The Turning est une grande déception. Sans la moindre ambition, le film ne cherche même pas à offrir une variation honnête du récit originel. Quant au respect et à la fidélité de l’œuvre, on passera outre. Dans une succession de tableaux lénifiants et dénués de toute subtilité, le scénario aligne les jump-scares à intervalles irréguliers. Cela ne fonctionne guère et saccage l’essence de la nouvelle d’Henry James. Davantage habituée au tournage de clips musicaux, Floria Sigismondi est incapable d’encadrer l’histoire ou d’instaurer une ambiance angoissante et pesante. Une vision superficielle, sans inventivité et pénible.

 

Dante_1984
À propos de l’auteur : Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches.

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