Stuart Gordon

Stuart Gordon

Biographie

Petit-fils de Flash Gordon, Stuart a définitivement marqué l’histoire du cinéma de genre en réalisant Re-Animator en 1985 avec un mélange subtil de gore et d’humour, à l’instar d’un Sam Raimi. Qui ne se souvient pas de cette scène où un mort-vivant décapité utilise sa tête pour pratiquer un cunnilingus sur une jolie demoiselle, bien vivante elle ?

Né en 1947 à Chicago, Stuart Gordon commence sa carrière en 1969 par le théâtre : il fonde la Chicago Theater Company, dont il sera directeur artistique jusqu’en 1985. Il montera environ 35 pièces originales et adaptations. Déjà, ses goûts s’affirment puisque parmi les pièces qu’il produira, on notera l’adaptation de Sexual Perversity In Chicago, de David Hamet. Son obsession pour le corps organique s’épanouira pleinement dès son premier film, Re-Animator, aujourd'hui culte. Librement inspiré de l’œuvre de H.P. Lovecraft, il y est question d’un savant fou, Herbert West, incarné par le magistral Jeffrey Combs, qui met au point un sérum visant à ressusciter les morts, mais, comme toujours, les choses vont lui échapper.

Même si ce film reste connu pour ses excès en matière de gore, là n’étaient pas les premières motivations de Stuart Gordon : à l’origine, c'est avant tout le récit de Lovecraft, avec ses variations sur le thème du savant fou, des zombies et la recréation frankensteinienne de la vie qui l’intéressait. la surenchère gore s’est imposée par la suite, et ce, avec l’appui de son partenaire de toujours, Brian Yuzna, pour qui le gore était un moyen de remettre au goût du jour les vieux archétypes du cinéma fantastique. L’utilisation du gore chez Stuart Gordon, dans ses excès et mêlé d’humour, vise aussi à dédramatiser des situations pénibles en les chargeant jusqu’à la caricature. Dans cette optique, une scène d’autopsie qui devait initialement figurer dans le film fut retirée car Stuart Gordon la jugeait trop « déprimante ». Stuart Gordon reviendra à plusieurs reprises à des adaptations de Lovecraft : dès 1986 avec Aux portes de l’au-delà (From Beyond) et plus récemment avec Dagon (2001). Après un From beyond en demi-teinte justement, Gordon toujours sous le parrainage de Yuzna réalise le sympathique Dolls. Deux films qui installeront Gordon en spécialiste de l'horreur et de l'épouvante. Cependant, Gordon cherche à prouver qu'il peut aborder d'autres genres.

Ainsi, en 1989 il s'attèle à un gros budget de SF qui sera un bide énorme doublé d'un échec artistique cuisant: Les gladiateurs de l'apocalypse sur des combats de robots géants. Connaissant de nombreux problèmes de production, le film sera terminé à la hate sans la moitié du budget initial.

Par la suite, Stuart Gordon réalise Le puits et la pendule (The Pit And The Pendulum – 1991), inspiré d’Edgar Poe, dans lequel il filme avec sobriété les tortures de l’Inquisition pour une distribution qui ne dépassera pas le cadre de la vidéo. Un film aujourd'hui oublié.

1993 va marquer le grand retour de Gordon auprès du public avec Fortress et son pénitencier futuriste terrifiant.

En 2001, Stuart Gordon renoue avec l'univers Lovecraftien avec le très réussi Dagon produit par son comparse Brian Yuzna à travers la firme espagnole "Fantastic Factory". Nouvelle collaboration, nouvelle réussite...

Si Stuart Gordon sait tenir une caméra, il sait aussi tenir la plume pour ses propres films (Re-Animator, Aux portes de l’au-delà), mais aussi pour d’autres. Il a ainsi travaillé sur les scénarios de Body Snatchers, Le dentiste, Progeny mais aussi Chéri, j’ai rétréci les gosses.

Et quand il ne tient ni la caméra ni la plume, il tient les cordons de la bourse et se fait producteur exécutif comme sur Maman, j’ai agrandi le bébé.

A noter que sa femme, Carolyn Purdy-Gordon fait régulièrement des apparitions dans ses films.