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47 Meters Down Uncaged – Critique

47 Meters Down : Uncaged

À la croisée de The Descent, Instinct de survie et Sanctum, 47 Meters Down Uncaged s’avère un film de requins efficace. La mise en scène tire profit de l’environnement pour exacerber le sentiment de claustrophobie tout en avançant plusieurs menaces ; des attaques de squales au manque d’oxygène. Il en émane un traitement réaliste pour proposer un huis clos sous-marin tendu et globalement convaincant.

Publié le 5 Septembre 2021 par Dante_1984 · Voir la fiche de 47 Meters Down : Uncaged

Au fil du temps, les films de requins sont devenus au cinéma ce que les mauvaises herbes représentent dans un jardin. Ils prolifèrent dans tous les sens et, pour la plupart, sont bons à arracher de leurs racines. De temps à autre, on distingue néanmoins quelques sursauts d’orgueil inattendu dans le genre. On songe à Instinct de survie ou encore le premier 47 Meters Down, sympathique incursion qui faisait preuve d’un minimum d’originalité. Au vu de son succès, Johannes Roberts rempile pour une suite qui oriente son concept initial vers la spéléologie sous-marine. De quoi contraster avec la manne grouillante d’étrons aquatiques dans le domaine…

Ces moments où l'on ferait mieux de se contenter d'un instant bronzette...

D’emblée, on devine que l’entame est un prétexte pour introduire les personnages. Il est vrai que l’on se serait bien passé d’une présentation basique sur les affres d’une famille recomposée et de leurs dissensions relationnelles. Pour autant, l’histoire rentre rapidement dans le vif du sujet. Là encore, le réalisateur se renouvelle pour éviter toute redite par rapport à ce qu’il a déjà pu initier auparavant. Certes, les mécaniques employées possèdent des similarités. On songe notamment à la diminution progressive de l’oxygène pour chacune des intervenantes. À ce titre, la tension ambiante tient à un fréquent rappel de cette contrainte vitale.

On peut également évoquer des assauts à intervalles réguliers qui usent du cadre pour mieux surprendre. En cela, l’incursion dans un temple maya immergé constitue une excellente initiative, car les dangers d’un tel environnement sont multiples. Cela se vérifie tout d’abord avec cette structure labyrinthique où les vastes salles de cérémonie succèdent à d’étroits passages. On apprécie cette cohérence pour tirer parti de la configuration des espaces sous-marins. Toute la difficulté tient alors à alterner entre la menace animale et l’aspect massif du requin avec des corridors où les risques d’éboulement et autres dangers latents surviennent.

 

Au lieu de plonger tout droit dans la gueule des squales

À ce titre, l’absence de repères constitue une composante essentielle du film. Le simple fait de paniquer ou de perdre la ligne de vie suffit à modifier la perspective des lieux. Cela sans compter les nuages de sédiments qui altèrent la visibilité autant que l’obscurité. Si la progression peut paraître attendue à certains égards, il y a une volonté évidente à varier les situations, enchaîner les séquences avec fluidité. Dans le domaine du survival animalier, ces qualités relèvent de l’exploit tant le genre nous a habitués à un traitement négligé et aberrant. La montée en tension se montre tour à tour abrupte et nuancée afin de mieux gérer les plages de stress, et ce, jusqu’au dénouement.

Si les squales ne constituent pas l’unique danger, ils focalisent toutes les attentions ; tant de la part des protagonistes que des spectateurs. Comme évoqué précédemment, l’effet massif est bien retranscrit, tout comme les requins eux-mêmes. Là encore, l’idée est de les adapter à leur environnement de vie. En l’occurrence, on a droit à des animaux blafards, perclus de cicatrices, qui évoluent essentiellement par l’ouïe. Hormis quelques scories pour les confrontations les plus explicites, les animations et les incrustations bénéficient d’un traitement soigné, offrant ainsi un rendu plus réaliste qu’à l’accoutumée.

 

Ami blafard des profondeurs, bonsoir !

Au final, 47 Meters Down Uncaged constitue une suite de qualité. Huis clos sous-marin particulièrement oppressant, le film de Johannes Roberts réinvente le concept initié par le premier métrage, sans oublier ses forces. Il en ressort une incursion convaincante et bien menée où les requins profitent enfin d’une approche respectueuse du genre ; bien éloigné des frasques décérébrées de la sharksploitation. On apprécie aussi une appropriation maîtrisée de l’environnement et des contraintes spatiales. On songe à l’architecture du temple, ainsi qu’aux possibilités d’exploration dans un cadre aquatique. De même, les dangers sont multiples et tiennent autant aux lieux qu’aux animaux.

Dante_1984
À propos de l’auteur : Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches.

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