Advertisement

Voir la fiche complète du film : Atomic Shark (A.B. Stone - 2016)
Critique

Atomic Shark

Malgré un premier aperçu plutôt moyen (un exploit), la suite sombre dans des délires potaches d’assez mauvais goût. Une orientation qui suffit à saper les rares points notables d’un survival animalier sans consistances.
Publié le 24 Septembre 2017 par Dante_1984Voir la fiche de Atomic Shark
3
Requin

Moins connue que ses confrères décérébrés de chez SyFy ou Asylum, la société de production Tomcat n’est pourtant pas avare en bobines méphitiques. Des métrages horrifiques montés avec trois bouts de ficelles et des idées au ras des pâquerettes. En de telles circonstances, il n’est guère étonnant qu’ils aient accouché d’un des pires films de requins jamais réalisés: Jurassic Shark. Aussi, un nouveau survival animalier mettant en vedettes des squales par les responsables de cette chose innommable a de quoi faire frémir. Et le pitch de départ n’est guère rassurant. C’est donc tout naturellement que l’on embarque pour une énième exploration au pays des navetons et autres absurdités cinématographiques.

Instant bronzette studieux ?

Et pourtant, les a priori ne sont pas forcément si terribles que cela. Enfin, pendant une petite partie du film. Après une brève exposition des faits, prétexte à la débandade qui s’annonce, on pourrait presque croire à une réelle implication de l’équipe. Les plages de San Diego ne sont pas pour déplaire. La trame, bien que dénuée d’intérêt et passablement farfelue, se veut posée et appliquée dans la mise en place des tenants. Rien que pour cela, on ne peut que s’étonner de cette qualité de façade qui, tel un vernis usé, s’écaille bien trop rapidement sur les errances du scénario et la propension du cinéaste à partir en roue libre à la moindre occasion.

Déjà responsable du crossover Lake Placid Vs Anaconda, A.B. Stone tente un amalgame improbable entre Alerte à Malibu et Les dents de la mer. Sauf que l’approche raisonnée de la première partie sombre dans le grand n’importe quoi. L’orientation à contre-courant d’un développement timoré et somme toute agréable vire à la comédie déjantée où l’humour bas du front se heurte à des scènes d’une bêtise effarante. L’émission de télé-réalité culinaire en présente tous les symptômes avec des spots et des jingles ridicules et un dénouement explosif tout droit sorti d’un mauvais cartoon. Dès lors, Atomic Shark se veut la poubelle du Pacifique où se déversent des délires plus ou moins assumés.

Acrobatie d'un requin de cirque guère apprivoisé !

N’oublions pas les incohérences qui rattrapent leur absence par un foisonnement de facéties et d’explications absurdes pour justifier un comportement particulier ou certaines séquences. Entre deux références plus ou moins flagrantes, l’ajout de bandes noires classieuses, la présence d’une musique épique et de ralentis dantesques (tout ceci à prendre sur le ton ironique), on a droit à quelques retournements de situation surréalistes. Un peu comme le ferait un Sharknado peu inspiré dans ses mauvais jours. Visiblement, la formule a ses adeptes et ses émules pour s’évertuer à faire des squales un objet d’amusement et non de terreur.

Concernant le requin originaire de Tchernobyl, tout va bien quand on ne voit qu’une fumée poisseuse et un aileron incandescent surgir de l’eau. Lorsque le sieur aquatique daigne s’inviter sur les plages ou à l’air libre, on a droit à une abomination qui ne ressemble que de loin au poisson que l’on connaît. À la rigueur, son faciès déformé est comparable au requin-lutin, le museau aplati en moins. Pour le reste, les attaques se déroulent majoritairement hors champ dans des cris qui se rapprochent plus du fou rire que de la détresse. Quant à sa dangerosité radioactive, ses victimes craignent plutôt ses mâchoires et son tempérament belliqueux. On notera aussi des incohérences concernant son côté atomique (et explosif) pas vraiment maîtrisé. On passe d’un pétard mouillé à une déflagration ravageuse.

Ça mouline sec sous l'eau !

Au final, Atomic Shark s’annonçait comme une purge et, l’espace d’un instant, nous fait croire à un survival animalier potable. On déchante bien vite quand le chauffard à l’origine du scénario s’encastre dans une impasse pseudo-comique. Dès lors, on revient à quelques débilités devenues (presque) incontournables lorsqu’on associe DTV et requins. Squales qui, au demeurant, laissent perplexes. Du raz-de-marée d’ailerons aux petits frères du grand méchant poisson, le concept de requin radioactif ne suscite qu’une curiosité passagère. En somme, une production qui se voulait correcte, mais sombre avec une rare facilité dans la crétinerie. Pas vraiment drôle, mais assurément pathétique.

A propos de l'auteur : Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches. Puis, j'ai souhaité faire partager mes dernières découvertes en laissant des avis sur les films que je voyais.

Autres critiques

Trailer Park of Terror
On a tous des références. Dire le contraire serait mentir, car on a tous en tête des histoires faisant références à des films, des livres, voir même à des musiques qui nous parlent. Et bien souvent, quand on réalise un film ou que l'on écrit un livre, on a plusieurs auteurs ou réalisateurs en mémoire, en référence, et parfois même quelques films dont on s'inspire plus ou moins librement. Si les...
Sinister
Auteur d'un best-seller il y a dix ans de cela, Ellison Oswalt est depuis en quête d'un nouveau succès marquant. Endetté, il emménage avec sa femme et ses deux enfants dans une maison dans laquelle d'odieux meurtres ont été commis. A mesure qu'il commence ses investigations pour son nouveau roman à sensation, Ellison découvre dans le grenier de la demeure un vieux Super 8 et des...
Elysium
Sous la houlette de Peter Jackson, le remarqué (et remarquable) District 9 révéla en 2009 un cinéaste talentueux : Neill Blomkamp. En se basant sur son propre court-métrage, il était parvenu à nous offrir une ½uvre de science-fiction à la fois originale et à la portée percutante. Comme si cela n'était pas suffisant, la réalisation disposait d'une force graphique peu commune évoquant les...
Evil Dead
Le film d'horreur a beau être un genre ultra-référencé, l’annonce d’un nouveau remake, d’un reboot ou d’une préquelle d'un de nos précieux classique fait à chaque fois frémir. Si l’on a bien trop tôt fait de crier à l’hérésie ou au manque cruel d’imagination des scénaristes et producteurs actuels, l’histoire nous a pourtant appris qu’il ne faut pas pour autant ranger ces films dans la catégorie...
Aux Yeux des Vivants
Passé quasiment inaperçu lors de sa sortie en salle à cause d’une distribution restreinte, Aux Yeux des Vivants est le troisième long-métrage du duo de réalisateurs formé par Alexandre Bustillo et Julien Maury. Après deux premiers essais réussis et originaux, A l’intérieur (2007) et Livide (2011), dans lesquels les cinéastes imposaient leurs styles avec talent, respectivement à...