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Dredd

Même si le film divertit, il reste une grosse déception.
Publié le 15 Novembre 2013 par AqMEVoir la fiche de Dredd
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Le personnage de Judge Dredd, créé par John Wagner et Carlos Ezquerra, fait sa première apparition dans 2000 A.D, une revue britannique de science-fiction, en 1977. Mais ce n'est qu'en 1990 que le personnage possède sa propre série avec Judge Dredd Magazine. Ce personnage deviendra vite emblématique par sa représentation de la justice et par la violence du propos. L'univers dans lequel évolue le juge est en ruine suite à plusieurs conflits atomiques et nucléaires. Les mutants et cannibales sont nombreux et les gens se réunissent dans des mégalopoles qui sont elles aussi infestées de tarés.

En lieu et place de la police, une unité est créée, celle des juges, qui ont les trois pouvoirs et peuvent être juge, juré et bourreau. Le Judge Dredd est le meilleur qui soit, représentant une justice sans concession. Un premier film a vu le jour en 1995 sous la houlette de Danny Cannon et avec Sylvester Stallone dans le rôle-titre. Le résultat est assez mauvais, mais cela fait trop longtemps que je l'ai vu pour en faire une vraie critique. Quoi qu'il en soit, la plupart des critiques n'en sont pas fans ! Il faudra attendre début 2013 pour voir une nouvelle adaptation du juge, sous la caméra de Pete Travis et avec le monolithique Karl Urban.


Olivia, je ne veux pas être médisant, mais là, tu vas prendre…

Le scénario de ce film ressemble étrangement à celui de The Raid de Gareth Evans qui était fort impressionnant en termes d'action et de maîtrise artistique. Avec Dredd, trois cadavres sont retrouvés en bas d'une tour, écorchés et en très mauvais état. En menant une enquête, Dredd, juge très estimé trouve que ces cadavres étaient shootés avec une nouvelle drogue qui fait des ravages, le Slo-Mo, ralentissant la perception de la réalité. Sa créatrice, qui se fait appeler Mama, vit au dernier étage de la tour. Il décide, avec son apprenti qui est une mutante pouvant lire les pensées des gens, de monter en haut de la tour pour dire ses droits à Mama. En gros, on a un grand méchant tout en haut d'une tour et il faut l'en déloger. Je ne sais pas si les points communs sont fortuits, mais cela est tout de même assez étrange.

Seulement, là où The Raid était dynamique et survitaminé, Dredd semble tout mou, à l'image de la drogue utilisé pour le scénario du film. C'est dommage, car avec un personnage aussi violent et un univers post-apocalyptique, il y a avait matière à faire quelque chose de vraiment très nerveux. Si quelques scènes sauvent le film du naufrage et de l'ennui, comme la scène de la mitraillette ou encore certaines fusillades dans des lieux clos, le film se contente du minimum, espérant attirer les foules avec quelques scènes visuelles sans grand intérêt (je grogne encore contre ce plan vu d’en bas montrant la trajectoire des grenades incendiaires). D'autant plus que je ne comprends pas la volonté de Pete Travis de mettre en avant une drogue qui ralenti le temps, car si cela est joli quelques secondes, ça devient vite lourd à la longue.

L'autre point négatif du film vient de son ambiance futuriste à peine esquissée. Si l'on peut voir des motos avec un pare-chocs en carton ou encore un pistolet qui est à commande vocale pour choisir le genre de ses munitions, le reste est vraiment basique sans aucun véritable enjeu. Le fait que le film se passe dans une tour empêche de développer un univers sympathique et qui aurait surement donné plus de volume au métrage et aux personnages. Ainsi, on est dans une tour délabrée, avec des décors que l'on peut retrouver dans n'importe quel film et cela empêche le développement d'une ambiance digne de ce nom et surtout digne de Judge Dredd. Heureusement pour nous, les acteurs sont assez bons dans l'ensemble.


Quand le Judge va mal, il fait la manche !

Karl Urban, Theoden dans la trilogie Le Seigneur des Anneaux de Peter Jackson ou encore le gentil dans le très mauvais thriller And Soon the Darkness (qu'il a du faire grâce à la présence de deux bombes atomiques, Amber Heard et Odette Yustman) prête ses traits pour faire le juge. Ne voyant que sa bouche, cachant ses yeux avec son casque, représentant la justice aveugle et impartiale, il reste assez convaincant dans ce rôle sans pour autant être inoubliable. Mais cela est surement dû à ses répliques trop peu cinglantes. À ses côtés, on retrouve la sublime Olivia Thirlby (The Darkest Hour, Margaret, Juno) qui joue l'apprentie. Elle s'en sort bien et devient l'atout charme du film et surtout, l'élément qui s'interroge sur la façon de faire des juges, sur cette manière de tuer. La grande méchante est interprétée par Lean Headey, la reine Cersei dans l'excellente série Game of Thrones, et elle est ici complètement sous exploitée. Avec un visage défiguré, elle n'est que l'ombre d'elle-même, ne rayonnant ni de beauté, ni de cruauté. Son personnage manque de charisme et il ne suffit pas d'une cicatrice pour la gueule pour rendre un méchant, très méchant ! Bref, de ce côté-ci, c'est très décevant. D'autant plus que les habitants de la tour ne semblent pas bien agressifs, contrairement à ceux de… The Raid !

Au final, Dredd est une grosse déception. Voulant redorer le blason si poussiéreux de ce héros de comics au charisme si éclatant, Pete Travis se fourvoie dans un scénario qui ne lui rend pas hommage, n'explorant pas un univers au potentiel intéressant et se contentant de faire le strict minimum. Bref, même si le film divertit, il manque vraiment quelque chose pour le rendre attractif et donner toute l'ampleur nécessaire au personnage. En espérant un prochain film plus violent, plus politiquement incorrect !

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