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Terrapocalypse – Critique

Terrapocalypse

Un film catastrophe totalement improbable qui s’enlise dans un déroulement chaotique, et ce, malgré une évolution narrative à peine correcte. Perclus d’incohérences et de clichés, Earthtastrophe demeure néanmoins représentatif des déboires du genre : prévisible, pénible et passablement absurde.

Publié le 24 Janvier 2021 par Dante_1984 · Voir la fiche de Terrapocalypse

À l’instar d’autres genres, le film catastrophe est parvenu à un tel stade de décrépitude qu’il est difficile de séparer le bon grain de l’ivraie. Si certaines productions sur grand écran prônent une approche spectaculaire et un patriotisme outrancier, les DTV et autres téléfilms fauchés rivalisent de ridicule par des effets spéciaux ignobles et des concepts farfelus. On songe à l’amalgame improbable avec le survival animalier en la présence de Lavalantula ou la fantasy post-apocalyptique avec Doomsday Device. Au-delà de son jeu de mots lamentable (l’effort a été consenti en version originale et française), Earthtastrophe ou Terrapocalypse se lance dans une apocalypse intersidérale pour le moins déconcertante.

 

Depuis le temps qu'on dit que les trous dans la couche d'ozone, ça craint...

On doit cette énième bévue sans fond à Nick Lyon, déjà responsable de productions éloquentes telles que Stormageddon ou Bermuda Tentacles. Aussi, le présent métrage part du postulat que la Terre se retrouve happée dans une nouvelle dimension à la suite d’une expérience qui tourne mal. Notre planète prend alors place dans un système solaire pourvu de plusieurs étoiles. Il est vrai que l’entrée en matière ne souffre d’aucune longueur en imposant la catastrophe et non ses prémices pour mieux l’éviter. En cela, la progression reste globalement énergique avec une succession de péripéties assez variées à défaut d’être cohérentes ou utiles à l’histoire.

Cette dernière s’avance dans les relents post-apocalyptiques d’un monde désolé. Enfin, il s’agit plutôt d’une ville, elle-même réduite à un quartier ou à un pâté de maisons. L’occupation de bâtiments en ruine, la recherche de ressources et de vivres, la confrontation avec d’autres survivants… Rien ne manque pour créer une dynamique hautement prévisible, proche des clichés de circonstances. L’ensemble n’est pas forcément d’une nullité abyssale. Il est surtout éculé et mal maîtrisé dans son discours pseudo-scientifique. On a beau faire l’impasse sur les fondamentaux de l’évènement perturbateur, il subsiste des approximations douteuses et peu crédibles.

 

Il ne faut pas se plaindre des conséquences !

On songe à la communication interdimensionnelle qui s’affranchit des barrières du temps afin que le protagoniste puisse entrer en contact avec lui-même par le biais d’un lien télépathique ! Si cela n’est pas compréhensible, à l’image, le résultat l’est encore moins. De plus, Earthtastrophe est l’un des rares films où les flashbacks se répètent en boucle sans jamais rien apporter, comme si leur simple présence suffisait à faire du remplissage de bobines. Il faut attendre la cinquième ou sixième itération avant d’entrevoir des souvenirs inédits du passé. Le procédé s’avère pénible et redondant en plus de saccader une progression linéaire déjà bancale.

Quant aux effets spéciaux, nulle surprise à l’horizon avec un rendu cheap dans le meilleur des cas. Des images de synthèse mal animées et des bruitages parfois cocasses sont le lot quotidien de cette production de seconde zone. On a beau apprécier la diversité des menaces, il est difficile d’apporter un quelconque crédit au film tant celui-ci se montre poussif et creux. Les survivants doivent néanmoins se confronter à plusieurs dangers, comme des nuages électriques, des tempêtes solaires, des tornades ou des orages inopinés. Cela sans compter les velléités pécuniaires de certains individus décérébrés et la couardise des autres.

 

Comme se retrouver dans un système solaire binaire

Au final, Earthtastrophe ne surprendra personne par le spectacle pathétique qu’il propose. Au-delà de son concept saugrenu pour justifier son histoire, le film de Nick Lyon demeure prévisible et laborieux. En dépit de rares initiatives louables qui se résument essentiellement au rythme et à la multiplicité des menaces, le scénario présente de trop nombreuses incohérences et approximations. On peut également évoquer une caractérisation surfaite, des acteurs en bout de courses et un enrobage graphique assez laid. Il en ressort un film catastrophe mauvais qui ne retient l’attention que par l’incongruité de son titre et de son idée de base. Pas de quoi ébranler les amateurs de productions SyFy et Asylum…

Dante_1984
À propos de l’auteur : Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches.

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