Voir la fiche complète du film : Epic : La bataille du royaume secret (Chris Wedge - 2013)

Epic : La bataille du royaume secret – Critique

Epic : La bataille du royaume secret

Un film d'animation abouti sur la forme avec un cadre enchanteur, mais une histoire attendue, peut-être trop académique. Il ressort néanmoins un moment plaisant et trépidant à la portée de tous. Pourquoi bouder son plaisir ?

Publié le 2 Octobre 2013 par Dante_1984 · Voir la fiche de Epic : La bataille du royaume secret

Initiateur de la lucrative franchise L'âge de glace, Chris Wedge s'était fait plutôt rare dans le domaine de la réalisation depuis le moins bon Robots (qui date de 2005). Quelques doublages et productions plus tard, le cinéaste revient derrière la caméra avec Epic, sorte de croisement entre Arrietty et 1001 pattes. On le sait, il est très dur pour des studios de se faire une place dans le milieu de l'animation quand des mastodontes tels que Pixar ou Dreamworks occupent le haut du panier, même si cela n'est pas toujours justifié. Toutefois, les studios Blue sky sont parvenus à se faire un nom, non pas en multipliant les blockbusters à un rythme effréné, mais en offrant des métrages soignés pour un public familial.


Air Colibri, bonsoir !

Epic nous transporte dans un univers à la fois connu et mystérieux : la forêt. Pourtant, ce n'est pas forcément l'endroit paisible auquel l'on s'y attend. En effet, des êtres miniatures se vouent une bataille sans fin pour préserver la vie ou la pourriture qui jonche ses recoins sombres. L'on a droit à une mise en place assez trépidante, bien que déjà vu ailleurs avec des envolées virevoltantes entre les arbres et les branches que ne renierait pas un certain Tarzan. Toujours est-il que ce monde est invisible aux yeux des humains. Enfin, jusqu'à ce qu'un scientifique soit persuadé de leur existence...

Comme tout bon dessin animé qui se respecte, la première approche visuelle se révèle primordiale pour capter l'attention du spectateur. Ici, la beauté du cadre est frappante. La forêt dans son ensemble est presque photo-réaliste. Qu'il s'agisse des feuillages, des ruisseaux (les effets de l'eau sont splendides), des souterrains, tout est somptueux. L'environnement est un personnage à part entière où notre bande de héros se meut avec fluidité et naturel. Pour parfaire l'immersion, l'ambiance sonore peaufine l'excellence technique avec les bruissements, le vent, les pas crépitant sur un sol terreux ou de feuilles.


Veux faire partie des hommes-feuilles ! Moi, je préfère mon corps d'athlète !

Le soin apporté à l'enrobage dépeint un talent évident et une volonté toute particulière à offrir un film respectueux de son public. Si l'on poursuit sur l'aspect artistique, le design des protagonistes est plus cartoonesques avec des traits un peu plus grossiers. Ils disposent d'une véritable touche esthétique et ne jurent pas avec le travail fourni en amont sur le cadre. Quant à Chris Wedge, il connaît son métier et exploite pleinement le terrain de jeu disponible. Une mise en scène propre, dynamique et sans l'ombre d'une tâche.

Toutefois (et c'est là qu'Epic pèche principalement), l'agencement de l'histoire demeure très convenu. Malgré le fait d'implanter une humaine dans cet univers coloré, ignoré à certains égards, malgré la situation désespérée initiée au départ, l'on devine trop facilement les mésaventures qui attendent les protagonistes. Certes, les péripéties permettent une progression sans temps mort, trépidante même, mais le dénouement reste trop prévisible dès les premiers instants. Cela demeure plaisant, intéressant pour les mirettes, mais nullement surprenant.


Un héritage qui bourgeonne.

On dénotera une petite touche écolo qui ne pollue pas l'histoire. En effet, l'on apprend que tout être vivant, en dépit de sa nature unique, est relié aux autres, un peu comme les feuilles d'un arbre. L'allégorie est bien sentie, subtile et n'accapare (ou ne culpabilise) pas le spectateur comme l'avait pu faire Le lorax. On se penche davantage sur la confrontation entre vie et mort plutôt que sur un message puéril, naïf et sans fond. Un écueil qui aurait été très facile d'implanter dans le récit, mais est heureusement absent.

Au niveau des protagonistes, on reste dans un domaine très manichéen, très lisse également. Les héros sont classiques avec leur volonté d'indépendance, d'affranchissement des codes en vigueur. L'on retrouve le mentor pour les guider et leur montrer le droit chemin, les comparses comiques de circonstances, sans oublier un méchant très « méchant », un brin maladroit et attendrissant dans un rôle caricatural. L'humour est bel et bien présent, mais ne fait pas toujours mouche. On retiendra surtout le sympathique chien à trois pattes qui tourne et tourne en bavant sur ce tout ce qui bouge.


Prêt pour une bataille épique ?

Bref, Epic est un dessin animé techniquement abouti où l'animation est au service d'une réalisation sans faille. Devant ce savoir-faire évident pour nous offrir des divertissements de premier ordre, on regrettera tout de même l'apparente simplicité du scénario qui ne recèlera aucune surprise de taille. L'on songe à des films tels que Arthur et les minimoys, Le petit monde des Burrowers, Arrietty ou, dans une moindre mesure, 1 001 pattes ou Fourmiz. Toujours est-il que Blue sky nous propose « un petit bijou d'animation dans un écrin de verdure ». Distrayant, mais prévisible.

Cette critique a été écrite avec la contribution de Christelle, Éléonore, Solène et Annie.

Dante_1984
À propos de l’auteur : Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches.

Autres critiques

Waterworld

Waterworld

Dans un futur lointain, la Terre est recouverte d'eau de part et d'autre du globe. Chacun tente de survivre à sa manière tandis qu'un groupe de rebelles poursuit une jeune fille dont le tatouage indiquerait une île, véritable Eldorado. En 1995, doté d'un budget monumental, Waterworld se présente comme le Blockbuster de la décennie. Figure du moment à Hollywood, Kevin Costner était...
Balada triste

Balada triste

Dès son plus jeune âge, Javier s'est vu confronté à la guerre civile qui a ravagé son pays et sa famille. Il en garde un souvenir amer et ne semble pas trouver le bonheur. Trente-cinq ans plus tard, il est embauché dans un cirque itinérant en tant que clown triste. Néanmoins, Sergio, le clown marrant, est un homme violent et impulsif qui tient sous son joug la troupe. C'était sans compter...
Ghost Game

Ghost Game

Tiens, un film asiatique avec des fantômes. Un de plus... C'est que depuis le succès de Ring 1er du nom, on en bouffe jusqu'à plus soif ( The Grudge, Réincarnations, Dark Water , et j'en passe) et si les qualités sont souvent présentes, il devient franchement dur de s'exciter sur ces productions qui s'empilent à n'en plus finir. Toutefois le pitch de Ghost Game pouvait s'avérer excitant avec sa...
Cowboys & Envahisseurs

Cowboys & Envahisseurs

Après avoir initié la franchise Iron man au cinéma, Jon Favreau s'en retourne vers une autre adaptation de comics au pitch assez improbable. XIXe siècle, Arizona. Un amnésique se réveille aux abords d'une petite bourgade du far-west. L'accueil n'est pas des plus chaleureux, mais les divergences de points de vue sont rapidement oubliées lorsque des vaisseaux spatiaux surgissent et enlèvent des...
Shark 3D

Shark 3D

Un groupe d'étudiants décide de se rendre chez l'une d'entre eux, en Louisiane, pour passer de bonnes petites vacances. Malheureusement pour eux, sur place des squales affamés ont investi le lac, mais ils ne semblent pas être le pire des dangers. Les films de requins sont légion dans le paysage cinématographique. Inutile de citer les références du genre qui ont engendré moult navets,...