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Hellraiser : Le Pacte – Critique

Hellraiser : Le Pacte
Une incursion dans l'univers torturé et gore de l'écrivain Clive Barker. Un classique.
Publié le 1 Janvier 2008 par Julien · Voir la fiche de Hellraiser : Le Pacte

Après avoir acquis une mystérieuse boîte, un homme, Frank, disparaît dans des circonstances étranges dans la maison familiale. Quelques temps plus tard, son frère aîné, Larry, et sa femme Julia, s’installent dans la maison. La fille de Larry, dont la mère est décédée, a emménagé dans un studio du centre ville. Julia découvre bientôt que Frank se trouve dans la maison mais qu’il est dans un état effroyable. La peau sur les os, Frank prétend avoir besoin de sang pour régénérer ses tissus humains et qu’il doit faire vite avant que les Cénobites, les créatures de la boîte, ne s’aperçoivent qu’il s’est échappé de leur antre. Julia, qui a été son amante, accepte alors de l’aider à retrouver son apparence humaine…

Clive Barker, né à Liverpool en 1952, est un écrivain reconnu dans la littérature fantastique. Auteur de nombreux romans et recueils de nouvelles (Le jeu de la damnation, Le royaume des devins, Livres de sang...), il est passé derrière la caméra à l’occasion de Salome en 1973 (un court-métrage de 18 minutes inspiré d’une pièce d’Oscar Wilde), puis de The Forbidden en 1978 (un autre court-métrage de 36 minutes revisitant le mythe de Faust). En 1987, il réalise donc le fameux Hellraiser et trois années plus tard, Cabal (avec David Cronenberg qui passe devant la caméra). Enfin, en 1995, il livre le sous-estimé Le Maître des Illusions (avec Scott Bakula, échappé de la série Code Quantum). Il a également produit les deux premiers Candyman (1992, 1995), ainsi que le très bon Gods and Monsters (1998) de Bill Condon (avec Ian Mc Kellen et Brendan Fraser, le film raconte les derniers jours du réalisateur James Whale).

Hellraiser est sans conteste son meilleur film. Tiré de l’une de ses nouvelles, «The Hellbound Heart», le film développe une intrigue parfois un peu confuse (surtout en ce qui concerne les origines du cube et des mystérieux Cénobites mais aussi l'étrange sans-abri qui harcèle Kirsty) mais qui reste "simple" et agréable à suivre. Le nombre réduit de personnages principaux (Larry, Frank, Julia et Kirsty) facilite le développement de l’histoire mais curieusement, Barker ne s’attarde pas vraiment sur les aspects psychologiques ou comportementaux de ses personnages. En revanche, Barker développe quelques parallèles intéressants: lorsque Julia revient dans la maison, le souvenir de ses ébats avec Frank, le frère de son mari, hante son esprit. Julia revit (psychiquement et émotionnellement) ces ébats et au même moment, son mari, Larry, se blesse gravement à la main (au moment où, dans son esprit, elle est sur le point d’atteindre l’orgasme). Le parallèle établit par Barker définit toute la symbolique de l’univers des Cénobites: un monde de jouissance infinie où la douleur la plus atroce se mêle au plaisir le plus intense. Et, lorsque le fameux Pinhead (littéralement "tête d'épingle") apparaît devant Kirsty, c'est pour lui promettre un monde de la sorte.

Si Barker préfère mettre un peu de côté l’aspect psychologique de ses personnages (même si le profil de Julia est des plus intéressants), il ne lésine pas sur une violence et une horreur très graphique (non gratuite par moment, comme dans bons nombres d'autres films). Les nombreux effets gores qui parsèment le film en sont la preuve évidente. Après seulement 20 minutes de film, il nous gratifie d’une scène époustouflante (la résurrection de Frank) qui donnera le ton au reste du film. Des maquillages qui, encore aujourd’hui, sont tout à fait remarquables et participent beaucoup à l’esthétique «torturée» du film. Ils sont l’oeuvre de Bob Keen, qui s’est déjà illustré dans le genre avec des films comme Waxwork 2 (1992), Candyman (1992), Event Horizon (1997)...

Le film de Barker obtint un certain succès critique et commercial donc, les producteurs décidèrent de mettre en chantier une suite : Hellraiser 2 : Les Ecorchés (1988). Une excellente suite qui se hisse sans difficultés au niveau de ce premier film. A partir de là, les producteurs n'ont plus lâchés le morceau : Hellraiser 3 : Hell On Earth (1992)et Hellraiser : Bloodline (1996) furent deux séquelles de moins bonne qualité. Les volets suivants ne virent le jour que pouralimenter le marché de la vidéo : Hellraiser : Inferno (2000), Hellraiser : Hellseeker (2002), Hellraiser : Deader (2004) et le petit dernier : Hellraiser : Hellworld (2004).

Julien
À propos de l’auteur : Julien

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