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Il Gatto Dal Viso d'Uomo – Critique

Il Gatto Dal Viso d'Uomo
La ville est la proie de meurtres sanglants commis par un mystérieux tueur masqué surnommé "Il Gatto". Cette oeuvre significative mérite notre attention, et l'on attendra avec impatience le premier long-métrage de Marc Dray.
Publié le 19 Février 2011 par GORE MANIAC · Voir la fiche de Il Gatto Dal Viso d'Uomo
Tandis que la ville est la proie de meurtres sanglants commis par un mystérieux tueur masqué surnommé "Il Gatto" (le chat), un homme solitaire et désabusé rencontre une auto-stoppeuse avec qui il passe la nuit.

Depuis quelques années, le giallo renaît de ses cendres. De manière paradoxale, ce retour en force de ce sous-genre cinématographique bien particulier a lieu en dehors de l'Italie.
En effet, d'Amer à Blackaria, en passant par Il Gatto dal Viso d'Uomo, c'est en France et sous la bannière du métrage à petit budget que le giallo revient sur le devant de la scène.

Il Gatto dal Viso d'Uomo diffère cependant des autres projets pour diverses raisons.
Tout d'abord, il s'agit d'un moyen-métrage d'environ 45 minutes, exercice de style souvent difficile de par sa durée limitée et l'obligation de concision qui en découle. Ensuite, ce métrage préfère éviter la surenchère érotique pour se concentrer sur les autres aspects du genre, contrairement aux deux autres films précités.

Il Gatto dal Viso d'Uomo suit le parcours meurtrier d'un tueur masqué respectant à merveille le schéma conceptuel du giallo : armes blanches, victimes de sexe féminin, meurtrier ganté et masqué, caméra volontiers voyeuriste faisant office de témoin passif, jeu de lumières.
Au fur et à mesure, "Il Gatto" prendra de plus en plus de risques, augmentant les chances d'être pris en chasse, pour au final proposer un jeu du chat et de la souris collant parfaitement au titre italien du moyen-métrage.

L'intérêt du scénario est qu'il s'ouvre ensuite sur un dédale obscur que ne renierait pas un certain David Lynch.
Le réalisateur Marc Dray trouve en Christophe Lafargue un remarquable interprète de l'ambiguïté de l'Homme, à la fois inquiétant, complexe et terriblement humain dans ses doutes et ses réactions.
Tourné le plus souvent de nuit, ce métrage instaure d'emblée une ambiance crépusculaire savoureuse, accentuée par une photographie savamment travaillée, rendant un bel hommage aux oeuvres de Dario Argento. Le premier meurtre, dans la maison de campagne, est une scène rendue fluide en partie grâce au jeu de lumières, bien maîtrisé par une réalisation aussi solide que soignée.

Cette ambiance est rehaussée par une composition musicale excellente réalisée par le groupe Abberline.
A l'instar de Double Dragon, pour le film Blackaria (une bande originale d'anthologie), Abberline retranscrit avec bonheur l'univers des Goblin, en y ajoutant une touche techno plutôt efficace, offrant une véritable identité au métrage, à l'heure où les films se contentent désormais trop souvent de compiler divers titres déjà existants.

L'autre originalité du métrage est qu'il tente, tout en respectant les codes du genre, d'y apporter une aura supplémentaire par le biais d'un scénario analysant les troubles de ses personnages, tous reliés par une troublante sensation de solitude, qui ne fera que s'intensifier au fil de l'intrigue.
Toutefois, cette tentative comporte des risques dans un métrage aussi réduit dans la durée. En effet, les multiples situations dans lesquelles se retrouve le héros, entre rêves, cauchemars, fantasmes et réalité, finissent par laisser un goût d'inachevé dans nos esprits. La compression de tous ces rebondissements, réels ou non, en 45 minutes est en fait un peu lourd.
Là où un Lynch nous promène pendant plus de deux heures dans les méandres de son esprit insondable, Dray semble vouloir nous abandonner en plein milieu du chemin, ne parvenant pas à tout exprimer en un temps si restreint.

Dès lors, Il Gatto dal Viso d'Uomo ne tient pas toutes ses promesses, et aurait franchement mérité d'être rallongé.
Néanmoins, cette oeuvre significative mérite notre attention (surtout que son édition DVD est riche en bonus), et l'on attendra avec impatience le premier long-métrage de Marc Dray, cinéaste prometteur à suivre de très près.

GORE MANIAC
À propos de l’auteur : GORE MANIAC

J'essaie de partager ma passion pour un cinéma méconnu, mais qui mérite incontestablement qu'on s'y arrête !

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