Voir la fiche complète du film : L'Île du Docteur Moreau (John Frankenheimer - 1996)

Ile du Docteur Moreau, L' – Critique

L'Île du Docteur Moreau
Pas un grand film, certes, mais un divertissement agréable qui vaut surtout pour la galerie de créatures confectionnées par le grand Stan Winston...
Publié le 1 Janvier 2008 par Julien · Voir la fiche de L'Île du Docteur Moreau

Après le crash de son avion, Edouard Douglas (David Thewlis) se retrouve seul, perdu au beau milieu de la mer de Java avec deux autres survivants qui ne tardent pas à s'entretuer et à finir dans l'estomac du requin le plus proche. Douglas est recueilli par un bateau à bord duquel se trouve un certain Montgomery (Val Kilmer). Ce dernier se rend sur l'île du docteur Moreau (Marlon Brando). Douglas débarque sur l'île en compagnie de Montgomery dans l'espoir de pouvoir utiliser un poste radio et demander des secours. A son arrivée, il fait la connaissance d'Aïssa (Fairuza Balk), la fille du docteur Moreau. Mais bientôt, Douglas découvre les expériences scientifiques contre-nature auxquelles se livre le docteur et tente de s'échapper de l'île...

J'ai eu l'occasion de lire de nombreuses critiques du film avant de finalement le découvrir il y a de cela quelques temps. La plupart de ces critiques étaient négatives et les termes aujourd'hui galvaudés de "navet" et de "nanar" étaient un peu trop récurrents à mon goût. D'ailleurs ces critiques m'ont permis de voir le film sous un autre angle. En effet, je m'attendais donc à voir un "navet", un film tout juste bon à se payer une bonne partie de rigolade tant le scénario serait absurde, les effets spéciaux miteux et la mise en scène inexistante. Je suis peut-être trop indulgent ou je n'ai peut-être pas encore le recul nécessaire mais force est de constater que le film de Frankenheimer ne mérite pas sa triste réputation.

John Frankenheimer (qui nous a quitté le 6 juillet 2002) était un réalisateur chevronné à la carrière déjà bien remplie à l'époque du film. Mais, il faut le reconnaître, Frankenheimer n'a jamais été un spécialiste du fantastique. Malgré son incursion dans le fantastique en 1979 avec le film Prophecy, il n'a jamais eu l'occasion de faire des étincelles dans le genre. Et ce n'est pas ce remake du film de Don Taylor, L'Île du Dr Moreau (1972) qu'il inversa la donne...

La mise en scène, sans être particulièrement originale, est agréable même si aucun plan ne sort vraiment du lot. Ce n'est donc pas de ce côté qu'il y a matière à redire. Ce n'est pas non plus au niveau des effets spéciaux qu'on se plaindra : les maquillages des créatures du Dr Moreau sont bien faits et assez convaincants (merci Stan Winston). Et pour l'info, sachez que Ron Hellboy Perlman et Mark Dacascoss se cachent sous les traits de deux créatures, saurez-vous deviner lesquelles ? Blague à part, les créatures sont assez présentes à l'écran même si le rôle prépondérant de certains dans le développement de l'intrigue est plutôt mal exploité (on reste dubitatif devant le soulèvement des créatures face à leur "père", le spectateur se sent un peu trop en retrait et a du mal à se sentir "concerné" par les évènements. Un comble en sachant que le film est sensé être une parabole sur les dangers des expérimentations scientifiques de l'homme, toujours désireux de créer l'être suprême).

En réalité, c'est surtout le casting du film qui a sans doute valu au film de Frankenheimer son statut de "nanar". David Thewlis (le professeur R.J. Lupin de Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban) essaye tant bien que mal de convaincre le spectateur qu'il a une dent contre le Dr Moreau mais le fait est qu'il apparaît plus comme un simple touriste paumé sur une île déserte qu'autre chose. Il ne prend part à l'action que très rarement (et encore, il ne fait que détaler comme un lapin la plupart du temps). A ses côtés, Val Kilmer (Batman Forever) est complètement à côté de ses pompes (il faut le voir à la fin du film, défoncé comme un âne et affublé des frusques hideuses du Dr Moreau). Quant au fameux Dr Moreau, on reste encore sur le choc face à un Marlon Brando, déguisé comme au carnaval, avec de la crème blanche sur la tronche, un chapeau laid comme tout et des grosses Ray-ban sur le nez en train de calmer ses "enfants". Affligeant. Enfin, heureusement que Fairuza Balk (Dangereuse Alliance) promène son charmant minois dans le film parce que sinon on décrocherait lors des scènes de dialogues...

La seule attraction du film reste donc les créatures de Stan Winston. Le scénario n'est pas spécialement captivant même si au début les nombreuses questions sans réponses allèchent le spectateur avide de révélations finales renversantes (c'est râpé pour ce coup-ci). Même si L'Île du Dr Moreau n'est pas un chef d'oeuvre, il reste un film rythmé, pas trop mal fichu et qui, malgré son casting raté et une intrigue sous-exploitée, constitue un divertissement honnête.

Julien
À propos de l’auteur : Julien

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