Voir la fiche complète du film : Altitude (Kaare Andrews - 2010)

Altitude

Un postulat alléchant pour un film globalement décevant...
Publié le 19 Décembre 2010 par GeoffreyVoir la fiche de Altitude
6

"Toute ma vie, j'ai rêvé d'être une hôtesse de l'air. Toute ma vie, j'ai rêvé de voir le bas d'en haut" chantait Dutronc. Pas sûr qu'après avoir vu Altitude, il ait envie d'en rêver à nouveau.


I'm a poor lonesome plane...

Une jeune pilote et quatre de ses amis décident de partir en week-end à bord d’un petit avion. Un voyage qui brusquement se transforme en une expédition mortelle. Peu après le décollage, une défaillance inexpliquée rend l’appareil hors de contrôle, et celui-ci ne cesse de prendre de l’altitude, plongeant ainsi au coeur d’une mystérieuse tempête...


Screamin' in the Wind...

Altitude, c'est l'histoire du gars qui a une excellente idée pour commencer son scénario, mais qui peine ensuite à la développer afin de rendre son film intéressant. Le début est accrocheur et annonce un spectacle intéressant, tandis que le dernier quart d'heure est palpitant. Le problème, c'est ce qu'il y a entre les deux: c'est-à-dire des dialogues inintéressants, des personnages creux et antipathiques, ainsi que des situations abracadabrantesques. Heureusement que la mise en scène sauve les meubles.
Mais voyons tout ceci en détails.

Le film s'ouvre sur une séquence aérienne de bonne tenue et bien shootée, laquelle met l'eau à la bouche. La collision soudaine entre deux avions, suivie de la chute de ses passagers, constitue une mise en appétit des plus réussies.
Malheureusement, cette belle promesse va s'étioler et déboucher sur de nombreuses longueurs. La faute en revient à un scénario boiteux et bien trop étiré pour tenir la longueur. L'histoire d'Altitude aurait mieux convenu à un épisode de série télévisée de quarante minutes, voire à un segment de film à sketches, car il est évident qu'il ne contenait pas assez de matière pour s'étaler sur 1h30.
A ce propos, Altitude ne manquera pas de rappeler aux plus anciens le célèbre épisode Cauchemar à 20 000 pieds de la série La Quatrième dimension, dans lequel William Shatner était confronté à une créature détruisant les moteurs de son avion. Et c'est bien ce qu'est Altitude: un épisode de série fantastique au pitch accrocheur, mais trop faible pour supporter le poids d'un long métrage.


Le monstre a de la gueule (et des tentacules!).

Outre une histoire un peu vide, les personnages sont très énervants et souvent peu crédibles. Ils passent leur temps à se bouffer le nez et font penser à tout, sauf à une bande de potes. En fait, ce n'est pas tellement que les personnages ne soient pas crédibles (il existe certainement des gens ressemblant à ça), c'est juste qu'on n'arrive pas à croire qu'ils soient amis et encore moins que certains forment un couple. Ils n'ont aucun point commun et s'engueulent à la moindre occasion. Pour couronner le tout, ils sont tous plus antipathiques les uns que les autres.
Bref, on attend qu'une chose: qu'ils meurent et s'arrêtent de jacasser!
Du coup, leurs moments de bravoure, leurs interrogations et leurs relations passent au second plan, tant ils mettent les nerfs du spectateur à rude épreuve.

Concernant ces moments de bravoure, il convient de préciser qu'ils sont assez rares, et que le plus épique d'entre eux s'avère en même temps le moins crédible. Jugez plutôt: les ailerons de la queue de l'avion sont coincés. Un des jeunes décide donc de sortir de l'appareil et d'aller les décoincer. Le tout, évidemment, à très haute altitude.
Je dois dire que cette séquence constitue un spectacle étonnant. Le ton sérieux avec lequel elle est traitée tranche avec la situation en elle-même, laquelle est très peu crédible. On ne compte pas les incohérences (quid de l'oxygène, de la température, de la pression, etc...), mais malgré tout, la scène fonctionne grâce à une réalisation au poil.
C'est d'ailleurs le leitmotiv du film: ce qui l'empêche de sombrer complètement, c'est la réalisation de Kaare Andrews.
Pour son premier long, le bonhomme s'en sort assez et laisse entrevoir de belles choses, malgré les efforts de certains effets spéciaux douteux pour lui mettre des bâtons dans les roues. Gageons que l'on devrait le revoir très vite aux commandes d'un film un peu plus ambitieux en terme de budget.


Regardez bien ces gens: ils mettront vos nerfs à rude épreuve!

Au final, Altitude constitue donc une déception, et ce n'est pas son excellent dernier quart d'heure qui parvient à le hisser au rang de bon film. Trop de longueurs, trop d'incohérences, et des personnages antipathiques.
Altitude est à voir une fois tout de même, ne fut-ce que pour son monstre lovecraftien et sa fin sympa.
 

A propos de l'auteur : Geoffrey
Portrait de Geoffrey

Comme d'autres (notamment Max et Dante_1984), je venais régulièrement sur Horreur.net en tant que lecteur, et après avoir envoyé quelques critiques à Laurent, le webmaster, j'ai pu intégrer le staff début 2006. Depuis, mes fonctions ont peu à peu pris de l'ampleur.

Autres critiques

Lacérés
**Attention, cette critique contient quelques spoilers.** Une famille recomposée compte bien profiter d'un week-end en camping pour se donner une nouvelle chance. Pendant ce temps, un couple se fait attaquer dans des bois environnants par une femme atrocement défigurée. Si Leatherface avait eu une fille, aurait il osé profité de sa célébrité pour permettre à celle-ci d'obtenir un premier rôle...
House of the Devil, The
Les années 80, c'était l'âge d'or des films d'horreur. C'était l'époque où les salles obscures pouvaient accueillir des films d'épouvante des quatre coins du monde et où le spectateur était respectueux du matériel et des gens. Enfin, c'était la belle époque. C'était aussi une époque où l'imagination était foisonnante et où les scénaristes et réalisateurs se démenaient pour trouver de bonnes idées...
Alcatraz
Alcatraz a déjà été la figure de proue du monde cinématographique. On songe notamment à Rock, Meurtre à Alcatraz ou L'évadé d'Alcatraz pour ne citer que les plus connus. Hormis des séries telles que Prison break ou Oz, l'univers carcéral est assez peu usité à la télévision. Aussi, le mariage de la célèbre prison sur un support qui permet une certaine largesse (surtout sur la longueur...
Fanatique
**Attention, cette critique contient de nombreux spoilers.** Sept étudiants séjournent un week-end sur une petite île afin d'y étudier la faune locale. Ils sont accueillis sur place par leurs hôtes, un couple de cinéphiles sympathique mais quelque peu insolite. Le slasher, sous-genre horrifique rendu célèbre dès la fin des années 70, avec le succès des franchises Halloween et Vendredi 13 ,...
TV Show
Attention, cette critique contient des spoilers. Pour les besoins d'une expérience scientifique très bien rémunérée, dix personnes de divers horizons acceptent d'être enfermés durant une semaine dans un bunker, filmés 24 heures sur 24. Très vite, ils se rendent compte qu'ils doivent respecter certaines règles, sous peine d'être "éliminés" ! Avec le succès fulgurant de Ring et autres Dark Water ,...