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Saw 3D : Chapitre Final

Un "Chapitre Final" décevant malgré des pièges sympas et pensés pour la 3D...
Publié le 21 Novembre 2010 par GeoffreyVoir la fiche de Saw 3D : Chapitre Final
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Nous y voilà enfin! Après sept années et autant d'épisodes marqués par la torture, voici le dernier (?) opus de la saga Saw, initiée en 2004 par le film de James Wan. Sept ans de pièges machiavéliques et d'intrigues tordues de plus en plus nébuleuses qui ont engendrés les moqueries et les quolibets. Il était donc largement temps de mettre un point final à tout cela et les producteurs, déçus par les résultats en demi-teinte de Saw 6, l'ont bien compris.

Ce septieme volet se proposait donc d'être le point d'orgue de la série, son apothéose, tout en répondant aux multiples questions laissées en suspens.

Force est de constater que le résultat n'est pas à la hauteur des espérances...


Encore une victime de la route...


Alors que Jill et Hoffmann se livrent à un combat sans merci, certains survivants de Jigsaw se regroupent autour de Bobby Dagen, un autre survivant devenu célèbre. Seulement, ce dernier n'est pas celui qu'il prétend être et ce secret déclenche une nouvelle vague de terreur...


Au bout du chemin, il y a la mort...

L'habituelle scène-choc d'ouverture donne le ton et met en garde contre la suite: Saw 3D sera fun mais toute vraisemblance sera laissée de coté, autant vous faire à cette idée. La saga n'est certes pas réputée pour son respect du réel, mais malgré tout, ce septième volet explose sans complexe toutes les limites de crédibilité dans le but de faire plaisir au spectateur. Et à ce niveau au moins, le film livre la marchandise.
La scène d'ouverture donc, nous présente un énorme piège en plein air, sur une place publique. Déjà, il vaut mieux éviter de se demander comment Jigsaw a pu mettre en place une telle machinerie au vu et au su de tous, et se laisser embarquer par le fun décomplexé de cette introduction, assez sympathique au demeurant.

Les cinq premières minutes illustrent bien l'orientation choisie par les auteurs, bien conscient des moqueries suscitées par l'énormité des volets précédents: ce septième film se présente comme une sorte d'auto-parodie assumée, avec pour seul but d'amuser le spectateur. Or, si cette intention est louable, elle constitue un véritable problème car place le film à part dans la saga. Je m'explique.

Si comme moi vous aimiez les pièges et l'intrigue premier degré tels qu'ils étaient jusqu'à Saw 6, vous ne pourrez qu'être décontenancés devant cette ambiance assez décontractée du slip.
Par exemple, les pièges, si douloureux jusque là, ne font plus grincer des dents et apparaissent comme des attractions gentiment gores au lieu des tortures qu'elles devraient être. J'en veux pour preuve la séquence du garage, dans laquelle l'enchainement de morts grand-guignolesques n'est pas sans rappeler certains passages des Destination Finale. Ceci risque fort de déstabiliser les habitués.
A contrario, les détracteurs de la saga ne pourront rien dire puisque tous les reproches qu'ils pouvaient adresser aux différents Saw (pièges improbables, intrigue tellement alambiquée que sa crédibilité frisait le néant, etc...) ont été sciemment exagérés et sont cette fois assumés, voire revendiqués.
Ceci place le film en porte-à-faux par rapport à ses prédécesseurs et chamboule les habitudes des fans ainsi que des détracteurs. Ce Saw 3D, on l'aime ou on ne l'aime pas, mais pas pour les mêmes raisons que les autres films de la série.


Increvable ce Costas...

Cette ambiance particulière transparait également dans le scénario puisque celui-ci se permet toutes les audaces, aussi improbables soient-elles. J'ai déjà parlé du piège en plein air qui n'a d'autre justification que d'être là pour le fun, mais voilà aussi qu'on nous sort une dizaine de survivants (imaginez le nombre de personnes testées quand on voit le ratio survivants/morts des pièges de Jigsaw).
L'histoire principale n'a rien d'originale puisqu'on nous ressert une fois encore le parcours iniatique d'un homme qui doit expier ses pêchés au travers d'une série d'épreuves douloureuses pour lui-même et ses proches. En gros, c'est la même histoire que dans Saw 3 et Saw 6. De ce fait, la trame ne peut éviter les redites et les seules différences avec les films précités viendront des pièges que le héros devra affronter.
En parallèle, la sous-intrigue se veut plus amusante avec un jeu de chat et de la souris entre l'ex-femme de Jigsaw et l'officier Hoffmann. Cette histoire secondaire n'est pas forcément plus emballante que la première, mais elle réserve tout de même son lot de passages amusants.

Etonnament, le tueur au puzzle est le grand absent de ce film, avec à peine deux ou trois flash-backs à son actif (l'est quand même mort depuis quatre films le bougre...). C'est un peu dommage car sa présence dans le grand final fait cruellement défaut même s'il devenait difficile de le faire revenir une fois de plus.
Quant au fameux twist final, marque de fabrique de la saga, il est si prévisible que l'étonnement vient surtout du fait que ce soit bien celui auquel on s'attendait. Mais bon, quelque part, il est "logique" si l'on part du principe que la plupart des victimes de Jigsaw lui sont reconnaissantes d'avoir changé leur vie.
Notons toutefois que si ce final clôt un cycle, il pourrait tout aussi bien être le point de départ d'une nouvelle série de meurtres en cas de succès au box-office. Un demi-point final donc.


Fait comme un rat...

A la réalisation, on retrouve Kevin Greutert, déjà responsable de l'opus précédent. Il n'y a pas grand chose à reprocher à sa mise en scène. Classique, sobre, avec quelques plans inventifs de bonne tenue, sa réalisation se permet tout de même une utilisation assez efficace de la 3D (en tout cas plus que certains daubes récentes qui n'avaient aucune profondeur de champ). Dans Saw 3D, la caméra joue habilement avec l'aspect relief et il est indéniable que le précédé donne un vrai plus au film. Certains pièges ont d'ailleurs été pensé exclusivement en trois dimensions (les planches au-dessus du vide par exemple) ce qui, inévitablement, devraient amenuiser leur impact lors d'une vision en 2D.

Pour une fois, je ne peux que conseiller une vision en 3D car même si le procédé n'est toujours qu'un gadget de parc d'attraction, il fonctionne relativement bien ici.

Du coté des acteurs non plus il n'y a pas grand chose à reprocher. Sean Patrick Flanery (Dead Zone) assure bien et la charmante Gina Holden constitue une victime de choix.
On appréciera également le retour de Cary Elwes que l'on n'avait plus vu depuis Saw premier du nom et dont le rôle est au final plus étoffé qu'une simple apparition.
Et puisqu'il faut bien en parler, Costas Mandylor... est plutôt bon dans ce film! Dur à avaler, je sais. Il faut croire que l'ambiance auto-parodique de l'ensemble l'a motivé plus qu'à l'accoutumée, à moins que ce ne soit justement ce climat d'amusement généralisé qui fasse ressortir sa prestation.


Le Dr. Gordon est de retour et a chaussé ses gros yeux...

Au final, ce Chapitre Final laisse une impression un peu mitigée. A trop vouloir prendre le spectateur à contre-pied, il finit par rater sa cible, c'est-à-dire les fidèles (de moins en moins nombreux il est vrai) qui aimaient les intrigues tarabiscotées mais assénées avec un sérieux papal. Un peu comme si les auteurs en avaient eu marre d'être la cible des moqueries et qu'ils avaient changé leur fusil d'épaule pour le baroud d'honneur.
On ne sait pas trop à qui s'adresse ce dernier Saw, mais nul doute qu'il devrait plaire à un plus grand nombre que les précédents même si pour les fans, il restera un final décevant.
Geoffrey Claustriaux
A propos de l'auteur : Geoffrey
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