Voir la fiche complète du film : La Revanche de la créature (Jack Arnold - 1955)

La Revanche de la créature – Critique

La Revanche de la créature
Une suite inférieure à l'original, au scénario et aux situations peu intéressantes.
Publié le 1 Janvier 2008 par Julien · Voir la fiche de La Revanche de la créature

Au cours d'une expédition en Amazonie, plusieurs scientifiques découvrent l'existence d'une étrange créature qui vit dans les eaux du "Lagon Noir". Après avoir tenté de le capturer en vain et la mort de cinq personnes, les survivants repartent en laissant la créature rejoindre les eaux sombres de son lagon. Un an plus tard, deux scientifiques se rendent à nouveau au lagon avec la ferme intention de capturer vivant le monstre. Ils y parviennent et ramène la créature à Ocean Harbor, un parc d'attractions aquatiques. Lorsqu'il apprend que la créature a été capturé, le professeur Clete Ferguson arrive sur place pour l'étudier, avec l'aide d'une jeune étudiante, Helen Dobson. Mais la créature n'a pas l'intention de servir très longtemps de cobaye aux scientifiques et parvient à s'échapper...

L'Etrange Créature du Lac Noir fut un succès populaire qui, selon le studio Universal, méritait une suite digne de ce nom. Jack Arnold, après avoir tourné le western The Man From Bitter Ridge, repasse donc derrière la caméra pour la suite des aventures de la créature du lagon noir. Un nouveau scénariste, Martin Berkeley, est embauché pour rédiger un scénario qui donnerait l'occasion à la créature de faire de nouveau surface. Berkeley travaille alors à partir de l'histoire de William Alland (producteur sur le premier film) en essayant de ne pas faire l'erreur du "copier/coller" de certaines suites d'autres films. On passe donc de l'exotisme de la jungle amazonienne à un parc d'attractions flambant neuf et ses bassins. Même si l'histoire est assez différente de celle du premier film, beaucoup d'éléments font référence à ce dernier : la présence d'un héros de service (Clete) convoitant une jeune et charmante demoiselle (Helen), qui ne laissera pas indifférente non plus la créature qui ne manquera pas de l'enlever dans la dernière partie du film...

Malheureusement, cette suite est loin d'égaler l'original. La mise en scène de Jack Arnold est moins innovante et les séquences sous-marines moins convaincantes. Le costume de la créature a subit un petit lifting qui n'était pas nécessaire (les yeux de la créature sont beaucoup plus gros et, dans l'ensemble, le costume fait vraiment caoutchouteux). L'intrigue ne s'avère pas particulièrement captivante (après la capture du monstre, le spectateur n'attends qu'une seule chose : qu'elle s'échappe et qu'elle fasse des dégâts, ce qui n'arrive que tardivement dans le film). Les personnages sont beaucoup moins intéressant par rapport à ceux du premier film (le scientifique playboy, l'étudiante qui tombe amoureuse en quelques secondes, le courageux plongeur qui est noyé par la créature...). Enfin, le film a parfois du mal à centrer son propos : à la base, il s'agissait de montrer comment l'homme trouve toujours le moyen de déranger une pauvre créature pour l'exhiber (pour la seule gloire de l'homme bien sûr) et en faire un monstre de foire source de revenue (voir les nombreux spots TV qui évoquent la capture puis l'évasion de la créature). Mais, à vouloir "mixer" romantisme, suspense, action, le film se perd un peu et le public avec.

Quant à notre pauvre "Gill Man" (l'homme aux ouies, que l'affiche française réduit à un simple "monstre"), il fait peine à voir. Sous l'eau, son comportement est sensiblement le même que dans le premier film (même si ses manières "humaines" font plutôt sourire et qu'Arnold le filme souvent en train de littéralement faire "coucou" au spectateur! c'est en tout cas l'impression que j'ai eue). Une fois sur la terre ferme, la créature déambule et frise le ridicule lorsqu'elle débarque au cours d'un concert de jazz lors d'une soirée (il enlève Helen et personne ne lève le petit doigt pour l'empêcher). Victime de la soif de découverte et l'appât du gain de l'homme, la créature va de nouveau se retrouver criblée de balles et couler au fonds d'eaux troubles. Une fin peu originale et décevante.

Pour les plus observateurs : l'une des figures les plus célèbres du cinéma américain joue un petit rôle au cours de la scène du laboratoire. Il porte un nom qui impose et force aujourd'hui le respect : Clint Eastwood...

Julien
À propos de l’auteur : Julien

Autres critiques

The Thing

The Thing

Quand l'annonce d'un remake/prequel du mythique chef d'oeuvre de Big John Carpenter a été proclamée, beaucoup ont crié au scandale. Je ne fais pas partie des gens qui s'amusent à défoncer un métrage avant de l'avoir vu et de me faire une propre opinion, mais pour le coup, je me suis dit que cela allait être très difficile de passer derrière le film de 1982, tant il reste...
Memorial Valley Massacre

Memorial Valley Massacre

L'intrigue de ce Memorial Valley Massacre tient sur un timbre-poste, comme bon nombre des films d'un genre qui a connu son heure de gloire dans les années 80 et qui a retrouvé quelques lettres de noblesse avec le Scream de Wes Craven avant de les reperdre assez vite hélas. De temps en temps, un bon slasher émerge du lot de direct-to-video mais ils ne sont pas légions. On retrouve donc un...
Amityville 3D : Le démon

Amityville 3D : Le démon

Alors que les années 1980 sont particulièrement plébiscitées pour mettre des figures emblématiques du slasher sur le devant de la scène, la saga Amityville se poursuit d’une manière plus ou moins régulière. Cela vaut autant pour la sortie des films respectifs que pour leur constance qualitative. Bien qu’il soit toujours possible d’émettre des réserves sur la véracité des faits,...
Amityville : La malédiction

Amityville : La malédiction

À l’aube des années 1990, la saga Amityville semble essoufflée. Malgré quelques modestes bonnes idées pour relancer la franchise, le mystère du 112 Ocean Avenue est en perte de vitesse. La banalisation de l’affaire et la qualité incertaine des dernières suites se liguent contre la série de films. Il en résulte des productions assez opportunistes qui s’essayent à différents...
L'attaque du requin à 6 têtes

L'attaque du requin à 6 têtes

Qui aurait pu croire que la saga Headed Shark Attack aurait continué jusqu’à fournir quatre métrages ? Quatre films plus ineptes les uns que les autres où la surenchère est de circonstances pour exploiter malencontreusement un concept d’une rare bêtise. Non, les têtes d’un requin ne repoussent pas comme ses dents. C’est une évidence qu’il serait néanmoins bon de...