Ghost of Mae Nak

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Portrait de Dante_1984
Publié par Dante_1984 le
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Cet étrange mélange entre Destination finale et The Grudge se solde par une intrigue brouillonne et peu convaincante. Le folklore thaïlandais et la légende de Mae Nak sont ici représentés avec la plus grande maladresse pour réellement s’imposer.

Dans le folklore thaïlandais, la légende de Mae Nak est sans doute l’une des plus populaires et adaptées pour le petit et le grand écran. À travers une trentaine de longs-métrages et une centaine de versions télévisuelle, le fantôme de Mae Nak perdure dans son pays natal. Au sortir de ses frontières malheureusement, le constat est tout autre. La faute à une mauvaise distribution ou le peu de potentiel commercial pour l’étranger. Si le cinéma thaïlandais n’est guère avare en productions horrifiques et fantastiques, la plupart d’entre elles demeurent inédites dans l’hexagone. Un constat d’autant plus déplorable lorsque l’on voit l’excellent travail effectué sur Shutter, P ou Meat Grinder...

En bonne compagnie !

Malgré une entame assez curieuse et oppressante, l’intrigue sombre très vite dans la surexposition de ses personnages. À travers des portraits complaisants, presque naïfs, on découvre leur quotidien insouciant et terriblement banal. Au vu des tenants qui fleurent bon les clichés de circonstances, on a l’impression d’assister à une version thaïe de The Grudge. L’achat d’une vieille maison au sein d’un quartier chic de Bangkok, les ruelles étroites pour y accéder et surtout l’architecture de la bâtisse, vont en ce sens. Pourtant, la majorité du film se déroule en dehors de ces murs. La raison? L’esprit n’est pas attaché à la propriété. Dans ce cas, pourquoi en faire le catalyseur des phénomènes paranormaux?

Et c’est sur ce point que Ghost of Mae Nak pèche. Sa propension à vouloir décliner la légende sous toutes les variations possibles et imaginables. En soi, le mélange des genres n’est pas un mal, mais ici, ce sont divers éléments de l’intrigue qui se contredisent et rendent ainsi l’ensemble peu crédible, voire ridicule à certains égards. La ghost story initiale sombre dans des méandres évasifs où possession, mobile du fantôme et vengeance sournoise sans réel fondement se succèdent. Malgré l’aspect obscur et volontairement pessimiste de la bobine, il est difficile d’éprouver quelques sentiments d’angoisse ou d’appréhension.

Une petite maison trop tranquille...

La faute à des trucages datés où les apparitions spectrales se montrent trop explicites et pas assez percutantes. Enfin, au sens figuré. Pour le sens littéral, la partie liée à la «vengeance» joue sur les plates-bandes de la saga Destination finale. Toutefois, là où celle-ci faisait preuve d’inventivité en exploitant tous les éléments de l’environnement, le présent film se contente de platitudes faciles et peu convaincantes. L’indépendance de chacune des causes mises en œuvre semble se rapiécer au dernier moment pour tenter de coller à une approche bancale. Certes, il y a bien quelques séquences gores, faute d’arguments tranchants (quoique...). Néanmoins, on est bien loin du niveau de son modèle.

Autre aspect négatif, le peu d’importance accordé à Bangkok. Les lieux se succèdent et se ressemblent. La réalisation s’avère minimaliste et l’ambiance instaurée ne parvient jamais à faire son effet. On ne peut nier des moyens restreints au regard des productions occidentales. Toutefois, on peut en revanche mettre en avant le faible nombre d’idées pour tirer parti d’un endroit cosmopolite où la manifestation d’un mythe local prend ici tout son sens. De plus, le casting est rarement dans le ton avec leur mimique figée lors des séquences dramatiques et leurs grimaces (dé)mesurées au moindre courant d’air. On oscille constamment entre les élans timorés des acteurs et un surjeu qui ne communique rien, si ce n’est du pathétique et de l’exaspération.

Une scène coupée au montage ?

Au final, Ghost of Mae Nak peine à convaincre. Malgré une légende au fort potentiel et à l’intérêt évident, le film de Mark Duffield ne trouve jamais le juste équilibre pour susciter l’effroi ou l’angoisse au vu des événements. Cette succession de séquences alambiquées, parfois contradictoires, tente vainement de s’appuyer sur l’horreur pure en y ajoutant une touche psychologique. Même sur ce point, l’intrigue ne fait pas mouche. La faute à des apparitions trop démonstratives et peu propices à faire sursauter ou générer un semblant d’atmosphère. En dépit de quelques atouts mal exploités (notamment, le cadre), du contexte et de la rareté de pareilles productions en France, Ghost of Mae Nak s’avance comme le parent pauvre du cinéma d’horreur asiatique.

A propos de l'auteur : Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches. Puis, j'ai souhaité faire partager mes dernières découvertes en laissant des avis sur les films que je voyais.