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Midnight Meat Train – Critique

Midnight Meat Train
S’il n’est peut-être pas un chef d’œuvre, The midnight meat train est un film très efficace, direct, maîtrisé. Une série B qui marche parfaitement ; un très bon moment pour tous les fans du cinéma d’horreur.
Publié le 1 Janvier 2008 par Ghislain Benhessa · Voir la fiche de Midnight Meat Train

Le mensuel de cinéma Mad Movies avait mentionné ce film depuis longtemps ; cette année, le festival de Gérardmer permettait enfin de le découvrir. Inspiré d’une nouvelle écrite par Clive Barker, réalisateur de Cabal et déjà à l'origine de l’excellent Candyman réalisé par Bernard Rose en 1992, The midnight meat train est une réussite : Ryuhei Kitamura réalise ici un film d’horreur « à l’ancienne », frontal, direct, sans prétention et sans concession.

Le scénario est typique de l’œuvre de Clive Barker. Un photographe, Leon, cherche à se faire une place dans le monde de l’art contemporain de New-York. Fasciné par l’atmosphère étrange qui se dégage de la mégalopole américaine, Leon, au moyen de son appareil photo, tente de comprendre « sa ville », d’en saisir le cœur, l’essence, l’âme véritable. À la recherche du cliché « parfait », Leon va être témoin d’un crime et va rencontrer un personnage singulier qui passe ses nuits à errer dans le métro : costumé, cravaté, avec à la main une curieuse mallette, cet individu serait en réalité un tueur fou. Leon enquête et parvient à rassembler certains indices qui le mènent tout droit dans un étrange entrepôt de boucherie non loin des rames de métro…

Cela faisait un certain temps déjà que The midnight meat train était annoncé. Il est vrai que revoir Clive Barker aux commandes d’un film était une information à même de mettre en émoi toute la communauté des fans de films d'horreur. Car, bien que celui-ci ait finalement décidé de ne pas réaliser lui-même l’adaptation de son livre – il en a confié la réalisation à Ryuhei Kitamura – le simple fait de revoir Barker dans le monde du cinéma d’horreur a excité la curiosité de nombreux cinéphiles. Cependant, il arrive très fréquemment que la montagne accouche d’une souris. C’est pourquoi, pour apprécier The midnight meat train à sa juste valeur, il ne faut pas le regarder dans l’espoir d’y découvrir un chef-d’œuvre. Car il ne l’est pas. Le film de Kitamura ne révolutionne absolument pas le genre du film d’horreur et s’en tient aux codes et aux références qui ont fait la gloire de ce type de cinéma au cours des années 80.

Cependant, et c’est bien cet aspect qui doit être conservé en mémoire tout au long du premier visionnage de ce film, The midnight meat train est un vrai film d’horreur, sans temps mort, sans ambitions prétendument philosophiques, sans compromis avec notre époque. Kitamura adapte le récit de Barker d’une façon directe, frontale, sans artifice et sans ironie. Sans humour, sans édulcorations, sans arrangement avec les modes dominantes, Kitamura renoue avec le cinéma d’horreur à l’ancienne. Ainsi, s’il s’en tient au cinéma de genre classique et connu, il faut reconnaître que Kitamura fait preuve d’une efficacité et d’un sens du cadre qui servent à merveille le propos. Car, hormis deux ou trois plans un peu trop « visuels » et « formels » - quelques mouvements de caméra et certains effets numériques pas toujours de bon ton – The midnight meat train est une vraie réussite. Le mutisme du « méchant » sied à merveille l'atmosphère du long-métrage ; les couleurs sombres donnent aux images une belle tonalité ; la réalisation délayée et directe de Kitamura permet d’aller à l’essentiel et de saisir au plus près l’essence du récit mis en place par Clive Barker. Bref, si Kitamura s’en tient au cinéma d’horreur classique et sans prétention, The midnight meat train reste une belle réussite. Sans être brillant, le film ne sombre ni dans la violence gratuite, ni dans la surenchère. L’aspect psychologique, intime et social des personnes est également réduit à la portion congrue : l’histoire d’amour entre les deux personnages principaux, Leon et Maya, ne vient jamais contaminer le cœur de l’histoire, centré sur la ville de New-York et son rapport à la criminalité.

Car, finalement, la véritable pièce centrale du long-métrage est bien le métro de New-York lui-même. New-York est une ville qui Kitamura filme comme une sorte d’« organisme », dont les rames de métro constitueraient autant de canaux névralgiques permettant à la ville de fonctionner. Et, de cette façon, le « twist » final, qui donne de la profondeur au récit, est parfaitement justifié par la mise en scène de Kitamura. Bref, on peut dire que l’association entre Clive Barker et le réalisateur japonais Ryuhei Kitamura a parfaitement fonctionné.

Ghislain Benhessa
À propos de l’auteur : Ghislain Benhessa

J'adore le cinéma depuis très longtemps. Ma motivation a toujours été de voir quelles sont les questions que les films me posent, en quoi toute image, de par son utilisation, peut se révéler source d'évocations à destination du spectateur.

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