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Mississippi River Sharks – Critique

Mississippi River Sharks
Mississippi River Sharks est un nouveau film de requins d’eau douce qui se solde par une succession de situations ubuesques dont l’humour se révèle lourd en lieu et place d’un propos décomplexé. La paresse du scénario et les effets spéciaux désuets n’aident en rien à rendre cette vaine initiative sympathique.
Publié le 8 Septembre 2019 par Dante_1984 · Voir la fiche de Mississippi River Sharks

Quand on aborde le domaine de la sharkploitation, des noms récurrents reviennent avec plus ou moins de régularité, comme Mark Atkins, Anthony C. Ferrante ou encore Christopher Ray. Des patronymes qui ont de quoi faire frémir, car s’ils démontrent une constance, c’est bien dans la qualité nullissime de leurs réalisations respectives. Depuis peu, une autre «trublionne» s’invite dans la débâcle du genre, n’en déplaise à son statut de «cinéphile» avertie: Misty Talley. Responsable de Zombie Shark et Summer Shark Attack, elle récidive avec Mississippi River Sharks, où les requins aiment à taquiner les quidams sur les berges du fleuve.

Sécurité maritime : Attention un aileron peut en cacher un autre

Exception faite des habituelles tergiversations sur des attaques de squales frappant une paisible bourgade, le scénario «emprunte» des éléments familiers à des productions similaires. En effet, les requins d’eau douce ont déjà eu le privilège d’un massacre en règle dans Killer Shark, puis dans Summer Shark Attack. Vraisemblablement en manque d’inspiration, Misty Talley s’autoplagie en pillant le concept de son précédent métrage. En de telles circonstances, force est de constater que l’économie de moyens est confondue avec une économie de travail, renvoyant ainsi à une absence totale de renouvellement, même dans la médiocrité.

On serait donc tenté de dire que l’on reprend les mêmes clichés et caricatures pour recommencer un peu plus loin sur les rives du Mississippi. Dans un sens, c’est bien le cas puisque l’on réitère des bévues et des gags poussifs semblables. Que l’on s’attarde sur les lignes de dialogue, les situations ou les irruptions inopportunes des squales, on nous inflige une certaine légèreté où chaque séquence se veut rocambolesque, voire saugrenue. L’ambiance générale hésite constamment entre un premier degré risible et un humour complètement en dehors des clous. L’aspect pathétique tient autant à la mise en scène fauchée qu’à l’indigence des échanges.

Sécurité alimentaire (et sanitaire) : ne mangez pas trop pimenté pour éviter ce type d'ulcère

Pour preuve, l’intégration d’un «héros», acteur de sa propre franchise de requins, Shark Bite, qui se révèle intéressé, maladroit, obsédé et d’une couardise sans nom. On songe également à des attaques où un squale se transforme en ulcère dans l’estomac d’un pêcheur. Et que dire de cet autre individu qui se fait gober d’un seul tenant par un requin et se retrouve à expérimenter une nouvelle forme d’autostop sur la route? Le non-sens côtoie la débilité intrinsèque. À force de rivaliser avec les plus détestables étrons cinématographiques du genre, la réalisatrice ne se rend même pas compte du résultat affligeant qu’elle inflige au spectateur.

Quant aux requins en eux-mêmes, on se situe dans une médiocrité moyenne. S’il y a nettement pire en la matière, on ne peut néanmoins pas cautionner le comportement absurde des squales; encore moins leur propension à sauter à tout-va ou à goûter du redneck en laissant des morceaux de plastique dans leur sillage. Les assauts sont vite expédiés. Quant au terme «immonde», il relève de l’euphémisme pour les images de synthèse et les animations, tandis que les gerbes et les flaques de sang sont aussi discrètes que ratées. À défaut d’une production potable, on ne peut même pas apprécier un bon défouloir.

Sécurité routière : ne prenez pas d'autostoppeur accompagné d'un requin

Au final, Mississippi River Sharks n’invente strictement rien dans le domaine de la sharksploitation. Cela tient autant à ses qualités scénaristiques nulles qu’à ses effets spéciaux catastrophiques ou encore cette absurde propension à l’humour bas de gamme dans n’importe quelle situation. L’ensemble s’avère embarrassant à plus d’un titre, notamment ce qui a trait aux attaques de requins et aux dialogues, tous plus improbables (et soporifiques) les uns que les autres. Une énième itération sans fonds quand il s’agit de dénigrer le survival animalier. Lorsque la stupidité rivalise de surenchère avec le ridicule...

Dante_1984
À propos de l’auteur : Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches.

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