Voir la fiche complète du film : My Amityville Horror (Eric Walter - 2012)

My Amityville Horror – Critique

My Amityville Horror
Un documentaire qui a le mérite d’éviter la carte du sensationnalisme pour recueillir un témoignage de première main. Malgré l’évocation d’éléments inédits et de nouvelles théories qui se profilent, le véritable écueil tient au comportement et à la personnalité de Daniel Lutz. Ce dernier mine le projet par son intolérance et son auto-apitoiement. Un film cathartique pour son protagoniste, mais trop subjectif pour être pleinement convaincant.
Publié le 30 Mai 2019 par Dante_1984 · Voir la fiche de My Amityville Horror

Tout semble avoir été dit sur le 112 Ocean Avenue. Du massacre des DeFeo à la fuite soudaine de la famille Lutz, Hollywood a surexploité le sujet jusqu’à en dénaturer les faits réels. Entre les objets possédés et autres manifestations paranormales, on nous a servi un peu tout et n’importe quoi. Bien que non dénué de reproches, le remake avait au moins le mérite de revenir aux origines de ce fait divers. Depuis, les années 2010 ont lancé une campagne de métrages bas de gamme qui, pour la plupart d’entre eux, restent inédits en France. Au vu des retours outre-Atlantique, ce n’est pas forcément un mal. Avec My Amityville Horror, on a droit à un nouveau documentaire.

Souvenirs de famille

Contrairement à la rétrospective Amityville: L’histoire vraie, la présente production implique l’un des principaux intéressés: Daniel Lutz. Bien qu’ils aient pâti des répercussions, les enfants ont toujours été tenus à l’écart des caméras et des médias. Si ses frère et sœur ont décidé de ne pas prendre part à ce projet, Daniel souhaite raconter sa version des faits. Il n’est pas ici question de faire dans le sensationnalisme avec une enquête nocturne sur la propriété du 112 Ocean Avenue, comme le ferait une équipe de chasseurs de fantômes ou des parapsychologues. La trame se révèle un témoignage qui relève davantage de la psychanalyse.

On tient même un entretien avec une psychologue en guise d’intermèdes, mais ces derniers demeurent assez stériles aussi bien pour le spectateur que pour Daniel Lutz. Par ailleurs, l’ensemble du documentaire est entièrement centré sur sa personne, quitte parfois à oblitérer la rigueur journalistique pour évoquer l’affaire. Dans un sens, cela peut paraître logique. Il n’empêche que le traitement manque du recul nécessaire pour faire preuve d’objectivités en pareilles circonstances. D’anciennes connaissances permettent de dynamiser les interviews et donner le change. On songe notamment à la présence de Lorraine Warren ou celle de Laura DiDio.

Une nouvelle visite chez les Warren

Le documentaire a le mérite d’évoquer des éléments «inédits». Ceux-ci ont été trop vite passés sous silence ou n’ont pas été suffisamment approfondis par les enquêteurs ou journalistes d’investigation. On pense surtout à l’inclination de George Lutz pour l’occultisme. Certains aspects restent assez troublants et cela ne tient pas qu’à sa figure autoritaire ou sa personnalité beaucoup plus ambivalente que l’image renvoyée par les médias. De même, les manifestations se produisent dans un contexte différent des faits relatés par le cinéma ou même le livre de Jay Anson. Par exemple, le fameux «cochondémoniaque », la porte de garage récalcitrante ou les supposés pouvoirs télékinétiques de George Lutz.

Quelques «experts» interviennent et semblent remettre en cause la thèse du paranormal avant d’y adhérer en évoquant des arguments discordants. À croire qu’il ne fallait pas déroger à la ligne directrice adoptée par le réalisateur ou plutôt du point de vue de Daniel Lutz. Derrière ses atours d’inadapté social, l’homme ne supporte pas qu’on le contredise. Colérique et impulsif, il se montre intransigeant et passablement obtus avec les personnes qui tentent de comprendre. Il suffit d’une simple question déplaisante ou d’une mise en défaut pour qu’il s’emporte. Sur la longueur, son comportement est agaçant, car l’écoute se fait seulement à sens unique. Il n’admet même pas l’agnosticisme du caméraman!

Vous n'aimez pas ce qu'il raconte ? Il va vous botter les fesses après vous avoir insulté...

Au final, My Amityville Horror brasse de bonnes idées pour essayer d’éclaircir un fait divers déformé par la fiction et la culture populaire. Certaines révélations sont assez étonnantes et ouvrent la piste à de nouvelles théories. Néanmoins, l’approche subjective se restreint à la seule vision de Daniel Lutz, personnage antipathique et inconstant. Entre sa possession présumée et son hypothétique tentative de meurtre sur son beau-père (une évocation qui n’a fait l’objet d’aucun approfondissement), l’homme ne supporte pas la contradiction. Pour autant, il en fait preuve. Il participe au documentaire pour témoigner avec un dogmatisme évident. Pourtant et selon ses propres dires, il n’essaye plus de convaincre ses interlocuteurs depuis longtemps. Bref, on parle de tout et son contraire, sans vraiment faire la lumière sur le 112 Ocean Avenue.

Dante_1984
À propos de l’auteur : Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches.

Autres critiques

Piranha 3D

Piranha 3D

Attention : Cette critique contient de légers spoilers. La ville de Lake Victoria s'apprête à recevoir des milliers d'étudiants pour le fameux "Spring Break" et les autorités, menées par la shérif Julie (interpretée par Elisabeth Shue), ne s'attendent qu'à surveiller les débordements arrosés de cette soudaine population juvénile. Mais lorsque les shérifs découvrent un...
The InBetween

The InBetween

Certains concepts sont particulièrement habiles pour entremêler les genres. Dans le domaine des séries télévisées, cela se vérifie régulièrement en mélangeant le policier et le fantastique. L’idée ne date pas d’hier avec des œuvres frappantes telles que Fringe ou X-Files . Mais le pitch de The InBetween fait surtout écho à Medium et ses sept saisons où Allison DuBois aidait à résoudre...
Le Fantôme de l'Opéra

Le Fantôme de l'Opéra

**Attention, cette chronique contient des spoilers.** En 1877, à l'Opéra Garnier de Paris, Christine, jeune cantatrice, doublure de la célèbre Carlotta, attire l'attention d'un mystérieux personnage, tandis que d'étranges disparitions ont lieu dans l'établissement. Près de dix ans après Opera , Dario Argento renoue avec un univers musical et scénique cher aux italiens, en...
Final Exam

Final Exam

*Attention cette critique contient des spoilers* Le Slasher , mine de rien, est un genre cinématographique délicat. Bien fait, ça nous donne des classiques comme Black Christmas , Halloween ou Scream , mais dès qu'un grain sable vient enrayer la machine, il devient difficile d'éviter la catastrophe. Attention chérie, ça va couper... Sur un campus, un tueur mystérieux décime un par un les membres...
My Soul to Take

My Soul to Take

Est-il besoin de vous faire l'injure d'encore vous présenter Wes Craven , le papa de Freddy Krueger, réalisateur des cultes Scream , La Colline a des Yeux et autre Dernière maison sur la Gauche , mais aussi responsable des tristement célèbres L'été de la peur , La Colline a des Yeux 2 et Cursed ? On le sait, l'ami Wes est capable du pire comme du meilleur, même si ses derniers...