Voir la fiche complète du film : Panic Button (Chris Crow - 2011)

Panic Button

Un concept intéressant qui ne tient malheureusement pas la longueur.
Publié le 6 Novembre 2013 par GeoffreyVoir la fiche de Panic Button
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Internet

On ne le répètera jamais assez : étaler sa vie sur les réseaux sociaux peut s'avérer néfaste. C'est partant de ce postulat de plus en plus évident au regard de l'actualité que les producteurs John Shackleton et David Shillitoe ont eu l'idée de développer un film qui centrerait son intrigue autour de Facebook et de ses dérives potentielles. Bien sûr, on n'est pas dans The Social Network et le géant social n'est jamais nommé (bye bye Facebook, bienvenue à all2gethr.com), mais clairement, c'est lui qui est visé.
C'est le réalisateur gallois Chris Crow qui, pour son second film après le survival Devil's Bridge, fut alors choisi pour donner corps au scénario.

"Vous ne pouvez pas avoir 500 millions d'amis, sans vous faire quelques ennemis" clamait l'affiche de The Social Network. Panic Button démontre qu'il n'est pas nécessaire d'en avoir autant pour, quand même, se créer un ennemi mortel.


Je crois qu'on nous observe...

Quatre jeunes gens ont gagné un voyage grâce à leur réseau social préféré. À bord de l'avion privé qui les emmène à New York, ils sont invités à participer à une animation en vol : une nouvelle expérience de jeu en ligne.
Mais ce n'est pas un jeu ordinaire. Piégés à 30.000 pieds, ils vont devoir jouer pour sauver leur vie et celle de leurs proches et découvrir à leurs dépens qu'étaler sa vie en ligne peut avoir de terribles conséquences...


C'est ça, riez...

Les huis-clos dans un avion, beaucoup ont essayé (et non des moindres), mais peu ont réussi. Il faut dire que si le genre est potentiellement alléchant, il est aussi très difficile d'y maintenir un suspense constant du fait des possibilités réduites de rebondissements dans cet environnement isolé de tout.
Comme de fait, le film de Chris Crow ne parvient pas totalement à éviter l'écueil de la redite et son intérêt finit par avoir tendance à faire de la chute libre.

Panic Button commence pourtant bien, avec un concept légèrement pompé sur Saw (l'automutilation en moins) et Cube, mais on sent d'emblée que cette pellicule au budget modeste (300.000 livres sterling) va tenter de se démarquer de ses modèles pour se focaliser davantage sur l'atmosphère paranoïaque plutôt que sur des détails anatomiques sanguinolents. Les scénaristes vont ainsi s'ingénier à multiplier les idées plus ou moins ingénieuses pour que l'intrigue demeure intéressante.
Malheureusement, ils n'y parviendront qu'en partie et au fur et à mesure que le film recycle sans cesse les mêmes mécaniques, la sauce finit par ne plus prendre. Il vous faudra donc être dans de bonnes dispositions pour apprécier ce métrage bavard où l'on suit quatre personnages franchement peu sympathiques, ce qui n'aide pas vraiment.


Faut pas faire chier la p'tite dame...

C'est d'autant plus dommage que le message du film est glaçant et pertinent.
Dans notre société hyperconnectée, les mordus des réseaux sociaux ne mesurent souvent pas les conséquences de leurs actes et le poids des renseignements, souvent intimes, qu'ils exhibent aux yeux de tous. En quelques clics, un individu peut être catalogué et ses goûts fichés. C'est d'ailleurs de cette façon dont opère le psychopathe de Panic Button et c'est une réalité pas si lointaine que nous montre le film, qui n'oublie d'ailleurs pas d'égratigner, au passage, la télé-réalité. Les toilettes sont ainsi transformées en "confessional" et on reconnaitra aussi le concept de "La voix" qui donne les ordres. De ce point de vue, Panic Button est une réussite totale. On en ressort en se posant des questions sur notre attitude par rapport à tout cela.


Ici la Voix...

Techniquement, le film est très correct compte tenu de son budget, mais il atteint ses limites à plusieurs reprises, surtout lors des scènes "d'action" à l'intérieur du jet. Le résultat s'avère parfois peu probant à l'écran.
Par contre, les meurtres tournés "à l'épaule" en vue subjective sont plutôt sympathiques.

A boire et à manger donc dans ce petit métrage indépendant. Si vous êtes friand de Facebook et de télé-réalité, vous pouvez toujours y jeter un oeil, mais les amateurs de gore ou de thrillers à suspense risquent fort de trouver Panic Button un peu fade et rébarbatif.

A propos de l'auteur : Geoffrey
Portrait de Geoffrey

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