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Programmé pour tuer – Critique

Programmé pour Tuer
Pas très folichon tout ça... A voir si vraiment il n'y a que ça...
Publié le 1 Janvier 2008 par Julien · Voir la fiche de Programmé pour Tuer
Familier des univers virtuels depuis son expérience sur Le Cobaye (1992), Brett Leonard a remis le couvert trois ans plus tard avec Programmé pour tuer. A noter que le titre original est Virtuosity (vous pouvez constater l’imagination fertile des traducteurs français pour passer de Virtuosity à Programmé pour tuer)…

Attachez vos ceintures parce qu’avec un film pareil, il vaut mieux suivre du début jusqu’à la fin et éviter de s’absenter pour aller aux cabinets. Pourquoi ? Ce n’est pas tant qu’il se passe des choses franchement intéressantes toutes les cinq minutes mais le fait est que le film est assez bizarrement foutu. Conscient du peu de clarté dont je viens de faire preuve dans mes propos, je vais tenter de vous expliquer les choses un peu plus clairement (si j’y parviens !) en développant l’intrigue de manière plus approfondie (sans pour autant vous en dévoiler le dénouement – très prévisible de toute façon).

Le lieutenant Parker Barnes (Denzel Washington, aussi plat et inexpressif que Keanu Reeves dans les Matrix) a été condamné à purger une peine de prison à la suite de la mort de sa femme et de sa fille, orchestrée par un terroriste, Matthew Grimes. Barnes perd sa femme, sa fille et son bras (!) dans une explosion mais parvient à tuer Grimes. Pris d’un accès de folie, il tue des journalistes qui se trouvaient sur les lieux. Jusque là, ça va.

Des années plus tard, il se porte volontaire pour tester un programme de réalité virtuelle destiné à l’entraînement des forces de police. Il se retrouve ainsi confronté à Sid 6.7 (Russel Crowe, plus cabotin, tu meurs !), un programme particulièrement coriace qui est sensé mettre à l’épreuve les futurs policiers en jouant le rôle du déséquilibré de service. L’expérience tourne mal et Donovan, l’autre cobaye, décède des suites d’une overdose de neurosensibilité (ne m’en demandez pas plus). Les fonctionnaires de l’état décident de tout arrêter et de détruire le programme et, par conséquent, Sid 6.7.

Mais ce dernier ne l’entend pas de cette oreille et, avec la complicité de son programmateur, va réussir (on ne sait trop comment d’ailleurs) à prendre forme humaine pour devenir un être humanoïde capable de régénérer ses tissus endommagés au contact du verre (pourquoi ? comment ? mystère…). En échange d’une remise de peine, Barnes est chargé de retrouvé Sid 6.7 et va se lancer à sa poursuite avec l’aide d’une criminologue…

Bon, dans l’ensemble, c’est assez intelligible, voire même agréable à suivre. On apprend par la suite que Sid 6.7 a été programmé à partir des personnalités de plus de 180 criminels, serial killers et autres frappadingues. Et bien sûr, parmi eux, se trouvent Matthew Grimes, le responsable de la mort de la famille de Barnes. L’ennui c’est que l'on a l’impression, tout au long du film, que Sid 6.7 n’est en fait possédé que par l’esprit de ce seul et même personnage. Alors où réside l’intérêt de nous dire qu’il est composé d’autant de personnalités s’il ne revêt que celle de Matthew Grimes ? Très certainement pour établir un lien plus étroit entre Barnes et Sid 6.7 (et surtout, fournir un mobile à Barnes pour qu’il le pourchasse et l’élimine).

Bon, ne nous enfonçons pas davantage dans les incohérences d’un scénario qui se révèle finalement sans surprises. Je ne sais pas si le réalisateur Brett Leonard ou le scénariste Eric Bernt ont vu le chef d’œuvre de John Carpenter, New York 1997, mais force est de constater que Programmé pour tuer présente des similitudes avec le film de Carpenter. Afin de s’assurer que Barnes ne profite pas de sa libération pour s’échapper, ses commanditaires lui implantent une petite capsule dans le cerveau. Elle permet de le localiser à tout instant mais permet également de le tuer grâce à une substance neurotoxique présente dans la capsule. Cela ne vous rappelle rien ? Dans New York 1997, Snake Plissken (Kurt Russel) est libéré afin de retrouver le président des Etats-Unis. Pour ne pas qu’il file à l’anglaise, on lui injecte deux petites capsules dans le cou (il n’a alors que 24 heures pour retrouver le président avant que les capsules n’explosent et libèrent un poison mortel). Pour le reste, Programmé pour tuer n’entretient pas plus de liens avec le film de Carpenter…

Bon, mis à part ces détails, est-ce que le film remplit son « contrat » ? Dans l’ensemble, Programmé pour tuer est assez divertissant malgré le peu de scènes d’action. Le rythme est maintenu pendant les trois-quarts du film malgré une baisse de régime en fin de métrage. Les effets spéciaux (le film date de 95) sont plutôt bien faits mais on déplorera l’absence d’un véritable univers dépeint à l’écran (le film se passe dans un futur plus ou moins proche quand même). Côté hémoglobine, ça casse pas des briques mais on a droit à quelques impacts de balles assez sanglants et la main de Sid 6.7 qui explose (je sais, c’est un peu maigre). Autre point sensible : la bande-son. Lors des scènes d’action, une espèce de techno mal fichue agrémentée par quelques riffs de metal nous percute les oreilles. L’ennui c’est que ladite musique ne colle pas vraiment avec ce qui se passe à l’écran…

Un film de science-fiction qui aurait sans doute mérité un meilleur traitement (et surtout un réalisateur et un scénariste plus doués) mais qui demeure agréable à visionner.

Julien
À propos de l’auteur : Julien

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