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Reeker 2: no Man's Land

Une bonne suite/remake qui gomme en grande partie les défauts de son prédécesseur...
Publié le 29 Mars 2010 par GeoffreyVoir la fiche de Reeker 2: no Man's Land
8
Désert
Le premier Reeker était un bon petit film, agréable à regarder et rempli de bonnes idées, mais contenant quand même quelques défauts relativement gênants. Les principaux étaient un humour parfois lourd et un léger manque de maitrise dans la gestion du mystère entourant son meurtrier. Le twist final expliquait en partie de ce qu'était réellement le tueur (le fameux Reeker du titre) mais une foule de questions restaient sans réponse. Ce n'était pas forcément une mauvaise chose, mais cela ouvrait la voie à une suite.

Trois ans plus tard, ce fut chose faite et No Man's Land: The Rise of Reeker pointait le bout de son nez. Avec une séquelle affublée d'un nom pareil, nul doute que l'on allait en apprendre plus sur les origines du monstre gazeux...


Une introduction douloureuse...

Poursuivie par un shérif et son fils, une bande de malfrats est prise au piège dans une station-service. Complètement isolé du reste du monde, le petit groupe doit faire face aux attaques du « Reeker », un mystérieux tueur aux pouvoirs surnaturels...


Le Reeker avant...

Il faut bien l'avouer, la réussite du premier opus résidait largement dans la générosité dont faisait preuve Dave Payne à l'égard de son public. En effet, il jouait humblement avec les codes du slasher en prenant un malin plaisir à les détourner quand l'occasion se présentait (le tueur qui entre dans des lieux clôts) et nous gratifiait de quelques scènes gores plutôt réjouissantes. Pas facile donc de rééditer l’exploit sans tomber dans la redite ou la surenchère, surtout que pour cette séquelle Dave Payne (réalisateur, scénariste, producteur et compositeur du film) fait le pari de l’autocitation en conservant éhontément une trame similaire à celle de Reeker. A priori périlleux, ce choix s'avérera le bon puisqu'au final le film est très réussi même s'il ne prend pas beaucoup de risques.


Le Reeker après...

Pour cette suite, on reprend donc un canevas de base relativement identique au premier opus et on recommence. Que cette fois ce soit des malfrats en cavale et leurs otages qui se retrouvent coincés dans la dimension du Reeker à la place d'une bande de jeunes couillons ne change rien à l'affaire: ils essayent juste de survivre aux assauts de la créature. Reeker 2: No Man's Land se présente donc plutôt comme une suite/remake explicative que comme une véritable séquelle, ce qui fait que l'on perd malheureusement beaucoup de l'effet de surprise et de la fraîcheur dont bénéficiaient le premier épisode. Du coup, le "twist" final ne fera tomber personne de sa chaise (en tout cas pas ceux qui ont vu Reeker). C'est un peu dommage que Dave Payne n'ait pas joué avec le fait que le public s'attendait à cet épilogue et qu'il n'ait pas cherché à le surprendre plus... Exit donc le suspense, mais à coté de ça, le réalisateur a préféré étoffer l'univers du Reeker et répondre aux questions qui subsistaient.

De fait, nous apprendrons via une introduction particulèrement efficace ce qu'est réellement le Reeker et quelles sont ses "motivations". Ceux qui croyaient que le tueur gazeux était tout bêtement "La Mort" en seront pour leurs frais puisque l'intro nous le présente comme un "simple" serial-killer particulièrement barbare. Mais les trouvailles de Dave Payne ne s'arrêtent pas là. Le réalisateur s'amuse à aller toujours plus loin dans le mauvais goût assumé et n'hésite pas à jouer la carte de l'humour de bas étage (cloche invisible qui empêche les protagonistes de s’enfuir, personnages continuant de vivre malgré des parties du corps en moins, petite baignade dans une fosse septique, etc...). Heureusement, au contraire du premier opus, l'humour débile de cette séquelle est moins prononcé et s'intègre mieux à l'ensemble.


Un protagoniste en piteux état...

Finalement, le principal "reproche" que l'on peut faire à cette suite, c'est de légèrement manquer de moyens. De fait, toute l'action ou presque se passe dans un décor unique (comme dans le premier), perdu en plein désert (comme dans le premier aussi). Pour la variété on repassera mais ça donne aussi un petit cachet au film. Un peu plus de gore aurait également été le bienvenu.

Bref, dans l'ensemble, cette suite de Reeker se présente comme une version améliorée de son prédecesseur et en gomme en partie les défauts pour offrir aux amateurs un film divertissant et sans prétentions. Pas vraiment un Reeker 2, plutôt un Reeker 1.5.
Geoffrey Claustriaux

A propos de l'auteur : Geoffrey
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