Voir la fiche complète du film : Reeker 2: no Man's Land (Dave Payne - 2008)

Reeker 2: no Man's Land

Une bonne suite/remake qui gomme en grande partie les défauts de son prédécesseur...
Publié le 29 Mars 2010 par GeoffreyVoir la fiche de Reeker 2: no Man's Land
8
Désert
Le premier Reeker était un bon petit film, agréable à regarder et rempli de bonnes idées, mais contenant quand même quelques défauts relativement gênants. Les principaux étaient un humour parfois lourd et un léger manque de maitrise dans la gestion du mystère entourant son meurtrier. Le twist final expliquait en partie de ce qu'était réellement le tueur (le fameux Reeker du titre) mais une foule de questions restaient sans réponse. Ce n'était pas forcément une mauvaise chose, mais cela ouvrait la voie à une suite.

Trois ans plus tard, ce fut chose faite et No Man's Land: The Rise of Reeker pointait le bout de son nez. Avec une séquelle affublée d'un nom pareil, nul doute que l'on allait en apprendre plus sur les origines du monstre gazeux...


Une introduction douloureuse...

Poursuivie par un shérif et son fils, une bande de malfrats est prise au piège dans une station-service. Complètement isolé du reste du monde, le petit groupe doit faire face aux attaques du « Reeker », un mystérieux tueur aux pouvoirs surnaturels...


Le Reeker avant...

Il faut bien l'avouer, la réussite du premier opus résidait largement dans la générosité dont faisait preuve Dave Payne à l'égard de son public. En effet, il jouait humblement avec les codes du slasher en prenant un malin plaisir à les détourner quand l'occasion se présentait (le tueur qui entre dans des lieux clôts) et nous gratifiait de quelques scènes gores plutôt réjouissantes. Pas facile donc de rééditer l’exploit sans tomber dans la redite ou la surenchère, surtout que pour cette séquelle Dave Payne (réalisateur, scénariste, producteur et compositeur du film) fait le pari de l’autocitation en conservant éhontément une trame similaire à celle de Reeker. A priori périlleux, ce choix s'avérera le bon puisqu'au final le film est très réussi même s'il ne prend pas beaucoup de risques.


Le Reeker après...

Pour cette suite, on reprend donc un canevas de base relativement identique au premier opus et on recommence. Que cette fois ce soit des malfrats en cavale et leurs otages qui se retrouvent coincés dans la dimension du Reeker à la place d'une bande de jeunes couillons ne change rien à l'affaire: ils essayent juste de survivre aux assauts de la créature. Reeker 2: No Man's Land se présente donc plutôt comme une suite/remake explicative que comme une véritable séquelle, ce qui fait que l'on perd malheureusement beaucoup de l'effet de surprise et de la fraîcheur dont bénéficiaient le premier épisode. Du coup, le "twist" final ne fera tomber personne de sa chaise (en tout cas pas ceux qui ont vu Reeker). C'est un peu dommage que Dave Payne n'ait pas joué avec le fait que le public s'attendait à cet épilogue et qu'il n'ait pas cherché à le surprendre plus... Exit donc le suspense, mais à coté de ça, le réalisateur a préféré étoffer l'univers du Reeker et répondre aux questions qui subsistaient.

De fait, nous apprendrons via une introduction particulèrement efficace ce qu'est réellement le Reeker et quelles sont ses "motivations". Ceux qui croyaient que le tueur gazeux était tout bêtement "La Mort" en seront pour leurs frais puisque l'intro nous le présente comme un "simple" serial-killer particulièrement barbare. Mais les trouvailles de Dave Payne ne s'arrêtent pas là. Le réalisateur s'amuse à aller toujours plus loin dans le mauvais goût assumé et n'hésite pas à jouer la carte de l'humour de bas étage (cloche invisible qui empêche les protagonistes de s’enfuir, personnages continuant de vivre malgré des parties du corps en moins, petite baignade dans une fosse septique, etc...). Heureusement, au contraire du premier opus, l'humour débile de cette séquelle est moins prononcé et s'intègre mieux à l'ensemble.


Un protagoniste en piteux état...

Finalement, le principal "reproche" que l'on peut faire à cette suite, c'est de légèrement manquer de moyens. De fait, toute l'action ou presque se passe dans un décor unique (comme dans le premier), perdu en plein désert (comme dans le premier aussi). Pour la variété on repassera mais ça donne aussi un petit cachet au film. Un peu plus de gore aurait également été le bienvenu.

Bref, dans l'ensemble, cette suite de Reeker se présente comme une version améliorée de son prédecesseur et en gomme en partie les défauts pour offrir aux amateurs un film divertissant et sans prétentions. Pas vraiment un Reeker 2, plutôt un Reeker 1.5.
Geoffrey Claustriaux

A propos de l'auteur : Geoffrey
Portrait de Geoffrey

Comme d'autres (notamment Max et Dante_1984), je venais régulièrement sur Horreur.net en tant que lecteur, et après avoir envoyé quelques critiques à Laurent, le webmaster, j'ai pu intégrer le staff début 2006. Depuis, mes fonctions ont peu à peu pris de l'ampleur.

Autres critiques

Stake Land
A l'époque de ma critique de Mulberry Street , j'avais déjà loué la capacité du réalisateur Jim Mickle à tirer le maximum des maigres moyens mis à sa disposition et force est de constater qu'avec Stake Land , il a encore augmenté son niveau d'un cran, en gommant les imperfections de son précédent essai. Ce faisant, il réalise le sans-faute, propulsant son road-movie vampirique au rang de film à...
Détour Mortel 2
Depuis toujours, les monstres ont fasciné l'imaginaire collectif et les monstres de foire ont longtemps agrémenté les fêtes foraines, attirant la curiosité malsaine de l'être humain, qui recouvrait dans ces moments là ses instincts voyeuristes les plus primitifs. Dès les années 30, le cinéma s'empara de cette thématique, le plus souvent dans le but de dénoncer la méchanceté et la...
Tucker & Dale fightent le mal
Depuis plusieurs mois déjà, Tucker & Dale Fightent le Mal , réalisé par Eli Craig et écrit en collaboration avec Morgan Jurgenson , fait le buzz sur la Toile. Il faut dire qu'avec un titre pareil et une affiche bien dans le ton, il est impossible de ne pas se sentir intrigué par ce film qui fleure bon la déconne, la tripaille et la parodie de genre. Un exercice ambitieux, bien souvent...
Tous les garçons aiment Mandy Lane
On peut dire qu'elle s'est faite attendre cette Mandy Lane! En effet, le film, qui date de 2006, a mis presque quatre ans pour arriver en France, si l'on excepte l'un ou l'autre passage dans des festivals. Généralement, cet état de fait découle d'une qualité très moyenne, mais dans le cas de All the Boys Love Mandy Lane , les critiques étaient plutôt flatteuses. Il avait...
The Dead
Alors que son avion se crashe en pleine mer, Brian Murphy, un soldat américain, est contraint de parcourir le sol africain infesté de morts-vivants. Nombreux sont les cinéastes à avoir tenté l'aventure du film de zombies après avoir vu les maîtres du genre à l’½uvre (qui a dit Romero ?). Le résultat : des productions souvent bancales, parfois risibles et, de temps à autre,...