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Gyo: Tokyo Fish Attack – Critique

Gyo: Tokyo Fish Attack
Un anime décalé qui ne manque pas d'aplomb lorsqu'il s'agit de mélanger l'absurde à l'horreur. Une apocalypse rocambolesque qui aurait gagné en épaisseur en soignant le développement des personnages et en oubliant ces images de synthèse affreuses.
Publié le 26 Octobre 2012 par Dante_1984 · Voir la fiche de Gyo: Tokyo Fish Attack
Alors que Kaori prépare un week-end entre copines, une bande de poissons sur pattes envahit l'archipel japonais. Kaori veut à tout prix rejoindre son petit ami à Tokyo, mais elle devra avant tout survivre à ses créatures affamées.

Le présent anime n'est autre que l'adaptation du manga éponyme de Junji Ito. L'auteur derrière Tomie, La maison de poupées ou La femme limace. Un univers horrifique appuyé par un graphisme alambiqué à la limite du grotesque dans certaines situations. En somme, des histoires originales, un brin extravagantes, qui donne un bon aperçu de ce que recèle Gyo : Tokyo fish attack.


C'est pas l'homme qui prend la mer...

La première partie s'apparente à un survival animalier assez classique. Une bande de copines, un lieu isolé et des créatures à l'affût. Rien de bien avenant sauf que lesdites bestioles s'avèrent des poissons dotés de pattes et sont capables de respirer à l'air libre. En voilà une idée pour le moins saugrenue, complètement folle et décalée qui sera les prémices d'une apocalypse peu enviable (elles le sont toutes, mais celle-ci plus que les autres). Ce qui commençait comme un huis clos se poursuit sur l'ensemble du territoire nippon. Dès lors, la tension monte crescendo.

Les a priori de départ s'envolent très vite. La place allouée au survivalisme est surtout perceptible dans l'émergence de cette invasion inattendue. Le métro, les rues bondées ou la maison isolée sont un terrain de jeu qui permet de donner une certaine fluidité à l'intrigue. La progression se fait sans temps mort et le réalisateur ne cède pas à la complaisance ou à la contemplation. L'action est prise sur le vif. La panique, l'incompréhension et l'incrédulité se mêlent afin d'apporter un climat sombre et désespéré. Pourtant, Gyo ne se limite pas à un traitement lourd et sérieux de son sujet.


Le vilain trouble-fête qui interrompt un plan à trois.

En effet, l'on remarque çà et là plusieurs passages aux tons comiques. En tête de série, la transformation d'Ekira et, par extension, le destin des personnes infectées par les poissons. Difficile d'être plus précis sur ce point sans dévoiler un tournant dans le scénario. La démarche brinquebalante des poissons peut aussi prêter à sourire. Toujours est-il que cet aspect dédramatise le contexte et l'urgence de la situation. Peu de récits savent jouer sur cette contradiction sans sombrer dans la parodie ou la comédie potache. Gyo n'est pas de ceux-là, ni même une comédie horrifique. Fidèle à l'univers de Junji Ito, il jongle entre l'absurde et l'horreur avec une certaine maîtrise.

En ce qui concerne les poissons, il n'y a pas une espèce spécifique, mais l'ensemble de la chaîne alimentaire marine qui envahit les rues de Tokyo. Ainsi, l'on voit des harengs côtoyer des requins, des pieuvres, des thons et que sais-je encore. Leur nombre se veut la plus grande menace puisqu'ils paralysent les artères de la mégalopole et, de temps à autre, essayent de croquer les passants. À ce titre, les attaques individuelles sont plutôt rares et demeurent assez sommaires. Hormis la scène de la pieuvre vite expédiée ou le requin qui rentre dans la maison isolée, on ne retient rien de mémorable.


En fait, non. Il veut aussi s'amuser.

Les qualités graphiques se révèlent des plus inégales. L'animation 2D est correcte, même si certains passages laissent la curieuse impression de superposer les personnages sur le décor. Le véritable problème résident dans cette fâcheuse manie à employer des images de synthèse à tout vent. Non seulement elles sont moches (en 2012, constater ce genre de trucages dignes d'une PlayStation première du nom fait vraiment tâche), mais ne se justifient absolument pas. Là où l'on aurait pu espérer une cohérence au sein de cet univers barré, le graphisme casse l'atmosphère et rend la technique obsolète de visu. Mis à part l'effet de masses des poissons en vue aérienne, il aurait été préférable de conserver un style traditionnel. Gyo aurait pu gagner en identité sur ce point.

Tout comme les personnages aux réactions très calibrées et très stupides. Le petit ami de Kaori lui dit de ne pas venir à Tokyo, elle s'empresse de faire le contraire. La population regarde les images d'un air interloqué, mais n'est pas plus impliquée que cela. En gros, on assiste à l'histoire de la grenouille dans la marmite qui chauffe petit à petit. L'association entre Kaori et le caméraman opportuniste semble également cousue de fil blanc grâce à une incroyable coïncidence. Une caractérisation basique qui évolue cahin-caha dans la débâcle.


Inutile de me regarder avec ces yeux de merlan frit.

Bref, Gyo : Tokyo fish attack défile sur un rythme effréné. Compte tenu de sa faible durée (à peine 70 minutes), on ne s'ennuie pas. Néanmoins, on fustigera une animation des plus approximatives (hormis l'aspect évanescent du gaz) sur le plan de la 3D, des réponses tordues et peu convaincantes sur la raison de l'invasion ou même les protagonistes qui se contentent du minimum. Des maladresses déplorables étant donné que l'atmosphère saugrenue et glauque est au rendez-vous. Une idée de base séduisante qui donne un anime correct à défaut d'être génial.
Dante_1984
À propos de l’auteur : Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches.

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